Mise en œuvre de la conservation des sites de l’Alliance pour l’extinction zéro (AZE) et prévention des extinctions mondiales (Madagascar)

Le projet AZE soutenu par le FEM vise à éviter les extinctions irréversibles en améliorant la gestion, la protection et la durabilité financière de sites critiques pour la biodiversité, tout en renforçant l’intégration de ces sites dans les politiques nationales et sectorielles. Madagascar est l’un des pays prioritaires au niveau mondial pour la conservation de la biodiversité, en raison de son taux d’endémisme exceptionnel et de la forte pression exercée sur ses écosystèmes. Le pays compte 53 sites AZE, abritant des espèces menacées dont l’aire de répartition mondiale est extrêmement restreinte.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

L’objectif principal est de mettre en œuvre la conservation des sites de l’Alliance pour l’extinction zéro (AZE) et de prévenir les extinctions mondiales d’espèces menacées. Le projet vise spécifiquement à améliorer le statut de conservation de 20 sites AZE et de leurs espèces déclencheuses (trigger species).

Le projet Alliance for Zero Extinction (AZE) soutenu par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF) vise à prévenir l’extinction d’espèces menacées dont l’aire de répartition mondiale est extrêmement limitée. À Madagascar, l’un des pays les plus riches au monde en biodiversité endémique, le projet cible des sites critiques abritant des espèces classées en danger critique d’extinction (CR) ou en danger (EN).

Le projet intervient sur cinq sites AZE prioritaires, en renforçant la gestion des aires protégées et autres mesures de conservation efficaces par zone (OECM), en améliorant les plans de conservation, et en intégrant les communautés locales dans des approches de conservation durable. Il s’inscrit pleinement dans les priorités nationales, notamment la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB), et contribue aux engagements internationaux de Madagascar en matière de conservation de la biodiversité.

Composants et activités clés

5 sites AZE ont été provisoirement sélectionnés pour Madagascar :

    • Itremo NPA
    • Manjakatompo – Massif Ankaratra NPA
    • Complexe de zones humides Mahavavy–Kinkony
    • Massif Bemanevika / Tsaratanana
    • Forêt d’Ankafobe
  • Détails par site

    Itremo NPA

    • Aire protégée depuis 2012

    • Superficie : 100 110 ha

    • Écosystèmes : forêts galeries humides, savanes, landes

    • Espèce AZE déclencheuse : Podocarpus capuronii (conifère endémique)

    • Menaces : déforestation, feux, pâturage, prélèvement de bois

  • Manjakatompo – Massif Ankaratra NPA

    • Région volcanique montagneuse

    • Gestion : ONG nationale VIF

    • Espèces AZE :

      • Boophis williamsi

      • Mantidactylus pauliani

      • Lygodactylus mirabilis (non encore confirmé)

    • Menaces : extension agricole, feux annuels, surpâturage, charbonnage illégal

  • Mahavavy–Kinkony Wetlands NPA

    • Superficie : 275 900 ha

    • Écosystèmes : lacs, mangroves, forêts sèches, savanes

    • Gestion : Asity Madagascar

    • Espèces AZE :

      • Lepilemur ahmansonorum

      • Paretroplus dambabe

    • Déjà inclus dans un projet GEF-6 (Boeny)

    • Menaces : agriculture, pêche non durable, dégradation des habitats

  • Bemanevika / Tsaratanana

    • Site RAMSAR (depuis 2017)

    • Écosystèmes : lacs, marais, forêts humides, prairies

    • Espèces AZE :

      • Microcebus margotmarshae

      • Aythya innotata (Fuligule de Madagascar)

    • Menaces : agriculture sur brûlis, feux, dégradation des zones humides

  • Forêt d’Ankafobe

    • Superficie : 132 ha

    • Protection temporaire depuis 2018

    • Espèce AZE principale :

      • Schizolaena tampoketsana (CR)

    • Autres espèces menacées :

      • Microcebus lehilahytsara

      • Prunus africana

    • Menaces : incendies, coupe de bois, perte de disperseurs de graines

Bénéficiaires

Le projet FEM ID 10581 déploie une stratégie ambitieuse pour inverser la courbe de l’extinction des espèces les plus menacées à Madagascar. En ciblant spécifiquement les sites de l’Alliance pour l’extinction zéro (AZE), le projet génère des bénéfices tangibles tant au niveau écologique que social.

Indicateurs environnementaux

Le projet contribue directement aux objectifs mondiaux de biodiversité à travers :

Gestion améliorée des Aires Protégées : Renforcement de l’efficacité de gestion sur 919 639 hectares de zones terrestres protégées.

Préservation des Paysages : Mise sous gestion durable de 978 749 hectares de paysages productifs pour assurer la connectivité écologique.

Restauration des Habitats : Intervention sur environ 843 674 hectares pour la restauration écologique et la sécurisation des zones tampons autour des sites critiques.

Protection Zéro Extinction : Amélioration du statut de conservation des espèces « déclencheuses » (espèces endémiques strictes) dans les sites AZE identifiés.

 

Indicateurs socio-économiques

La conservation ne peut réussir sans l’implication des populations locales. Le projet place les communautés au cœur de son action :

Bénéficiaires directs : 10 000 personnes bénéficient directement des activités du projet.

Égalité des genres : Un engagement strict pour la parité avec 5 000 femmes et 5 000 hommes accompagnés dans le cadre du projet.

Économie verte : Développement d’options de revenus basées sur la nature (biocommerce, écotourisme, agriculture durable) pour réduire la pression sur les ressources naturelles tout en améliorant les conditions de vie locales.

Facteurs de succès

Défis et adaptations

Innovation et bonnes pratiques

Valeur Ajoutée pour Madagascar :

  • Intégration politique : Alignement des priorités de conservation AZE dans les plans d’aménagement du territoire et les politiques nationales de sauvegarde.
  • Durabilité financière : Mise en place de mécanismes de financement innovants, incluant des partenariats avec le secteur privé et des systèmes de Paiements pour Services Écosystémiques (PSE).
  • Résilience post-COVID : Adoption d’une approche de « reconstruction en mieux » (Green Recovery) pour assurer que les communautés locales soient plus résilientes face aux crises futures.