Conservation et utilisation durable de la diversité biologique dans le paysage du Nord‑Ouest (région de Boeny)

Le projet vise à renforcer la conservation de la biodiversité dans le paysage nord‑ouest de Madagascar, en particulier dans la région de Boeny, en soutenant la gestion durable des aires protégées et des LMMA. Il s’appuie sur une approche intégrée combinant science, gouvernance locale et partenariats avec les communautés pour :

  • protéger les récifs coralliens, mangroves et écosystèmes côtiers,

  • renforcer les capacités locales de gestion et de surveillance,

  • promouvoir des moyens de subsistance durables pour les communautés,

  • assurer la viabilité financière à long terme des zones protégées.

 

Le projet a été mis en œuvre par Conservation International, en partenariat avec le Gouvernement malgache, Madagascar National Parks, FAPBM, et d’autres acteurs locaux et internationaux.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Ce projet d’envergure, financé par le GEF (Global Environment Facility) et mis en œuvre par Conservation International, vise à sécuriser la biodiversité exceptionnelle de la région Boeny à Madagascar. Il repose sur une approche intégrée alliant protection rigoureuse des écosystèmes et développement résilient des communautés locales.

Composants et activités clés

  • Renforcement de la Gestion et du Financement des Aires Protégées :

    • Amélioration de l’efficacité de gestion de 5 aires protégées cibles couvrant 536 824 hectares.

    • Intégration de la conservation dans les schémas de planification territoriale à l’échelle régionale et locale.

    • Capitalisation de 4,5 millions USD au sein de la FAPBM (Madagascar Biodiversity Fund) pour générer des revenus perpétuels dédiés à la surveillance et à la gestion des sites.

  • Appui à l’Utilisation Durable et au Bien-être Communautaire :

    • Élaboration de Schémas d’Aménagement Communaux (SAC) pour les municipalités prioritaires du paysage.

    • Mise en œuvre d’initiatives de subsistance durable visant à accroître les revenus des ménages vivant dans les zones tampons des parcs.

Bénéficiaires

Le projet déploie une stratégie d’intervention sociale précise au cœur de la région Boeny, ciblant un total de 6 212 bénéficiaires directs dont la répartition s’établit à 2 669 femmes et 3 543 hommes. Cette portée sociale a connu une expansion significative par rapport aux prévisions initiales qui n’estimaient que 2 600 bénéficiaires lors de la phase de conception. L’impact du projet s’étend sur une mosaïque territoriale complexe incluant les populations riveraines de cinq aires protégées majeures, à savoir Ankarafantsika, Antrema, la Baie de Baly, Bombetoka Beloboka et le Complexe Mahavavy Kinkony. Au-delà de la simple protection environnementale, ces communautés bénéficient d’un appui direct pour l’augmentation des revenus des ménages grâce à la mise en œuvre d’initiatives de subsistance durable intégrées dans les nouveaux schémas d’aménagement communaux. L’engagement communautaire est au centre de la gouvernance, favorisant une participation accrue des habitants locaux dans la gestion des zones protégées et garantissant ainsi une meilleure résilience socio-économique face aux pressions anthropiques et climatiques. Pour assurer la pérennité de ces bénéfices, le projet a également structuré un soutien financier via la FAPBM, visant à générer des revenus annuels stables pour renforcer durablement la gestion de ces paysages et le bien-être des populations qui en dépendent.

Indicateurs environnementaux

Le projet a permis de placer 588 494 hectares d’aires protégées terrestres sous une gestion améliorée. Cette progression est validée par une hausse de l’efficacité de gestion mesurée par les scores METT, avec des cibles de 80 pour le Parc National d’Ankarafantsika et 76 pour le Complexe Mahavavy Kinkony. Par ailleurs, plus de 1 284 hectares de paysages productifs hors aires protégées bénéficient désormais de pratiques de gestion durable.

Indicateurs socio-économiques

Le projet a généré des retombées économiques significatives en s’attaquant prioritairement à la viabilité financière des structures de conservation et à l’amélioration du niveau de vie local. L’un des résultats majeurs réside dans la réduction du déficit de financement pour la gestion des cinq aires protégées cibles, grâce à une capitalisation stratégique au sein de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM). Cette approche garantit une contribution annuelle et perpétuelle d’au moins 180 000 USD pour renforcer les opérations sur le terrain.

Parallèlement, l’intervention assure le maintien des services écosystémiques essentiels dont dépendent les populations de la région Boeny pour leur survie et leurs activités productives. La promotion de filières durables et la mise en œuvre d’initiatives de subsistance prioritaires, intégrées dans les Schémas d’Aménagement Communaux (SAC), contribuent directement à l’augmentation des revenus des ménages dans les zones tampons. Ces mesures permettent de concilier durablement le développement économique des communautés locales avec les impératifs de protection du paysage du Nord-Ouest.

Facteurs de succès

La réussite repose sur une collaboration multi-acteurs étroite entre le Gouvernement de Madagascar, Conservation International, Madagascar National Parks et la FAPBM. Le projet a mobilisé un co-financement massif de 10,8 millions USD auprès de partenaires internationaux tels que la KfW, la GIZ, la JICA et la Fondation MacArthur. Cette approche est consolidée par un mécanisme de dotation en capital qui assure la continuité des efforts de conservation au-delà du financement initial du GEF.

Défis et adaptations

Le projet opère dans un contexte où les écosystèmes du Nord-Ouest font face à des pressions anthropiques constantes qui menacent la biodiversité et la sécurité alimentaire des populations locales. Pour relever ces défis, le programme adapte en permanence ses stratégies afin de répondre efficacement aux pressions sur les ressources naturelles tout en intégrant les risques liés au changement climatique dans sa planification globale. Cette approche adaptative est essentielle pour protéger à la fois le capital naturel et les investissements socio-économiques réalisés dans la région Boeny. En identifiant et en atténuant les risques environnementaux et sociaux, le projet assure la continuité de ses objectifs de conservation face aux instabilités climatiques et aux besoins croissants de développement local.

Innovation et bonnes pratiques

L’innovation majeure de cette initiative repose sur l’adoption d’une approche paysagère intégrée, traitant la conservation comme un moteur du développement régional plutôt que comme une zone de protection isolée. Le projet se distingue par son modèle de gouvernance participative, garantissant une inclusion réelle des communautés locales dans les structures de gestion, ce qui renforce l’appropriation et la pérennité des actions sur le terrain. De plus, l’utilisation d’un mécanisme de financement innovant via la capitalisation de fonds au sein de la FAPBM assure une autonomie financière à long terme, permettant aux aires protégées de ne plus dépendre exclusivement des cycles de subventions internationaux. Ces bonnes pratiques transforment la gestion des ressources naturelles en un levier de résilience durable pour l’ensemble du paysage du Nord-Ouest.