Programme Environnemental II ou PE2 (1997-2002)

Le Programme Environnemental II (PE2) constitue la deuxième phase du Programme d’Action Environnementale (PAE) de Madagascar, mis en place pour répondre à la dégradation accélérée des ressources naturelles, à l’érosion de la biodiversité et à la pauvreté structurelle affectant les populations dépendantes des écosystèmes.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Le PE2 visait à consolider les acquis du PE1 (1991–1996) en passant d’une phase de mise en place institutionnelle à une phase de décentralisation, d’appropriation locale et de durabilité des interventions, conformément aux priorités stratégiques du FEM.

Ce projet visait à intégrer pleinement les enjeux environnementaux dans les politiques publiques et les stratégies de développement national, tout en renforçant la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles. Il s’inscrivait dans une approche globale visant à améliorer les conditions de vie des populations, en particulier dans les zones rurales et urbaines, tout en assurant la continuité et la consolidation des actions engagées lors des phases précédentes. L’ensemble de l’initiative était aligné sur les priorités stratégiques et les objectifs du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) :

  • Intégration politique : Intégrer la dimension environnementale dans les politiques et stratégies de développement national.
  • Conservation de la biodiversité : Préserver et gérer durablement le patrimoine de la diversité biologique.
  • Gestion durable : Promouvoir le développement durable à travers une meilleure gestion des ressources naturelles.
  • Renforcement et amélioration des conditions de vie : Améliorer les conditions de vie des populations en zones rurales et urbaines.
  • Continuité : Poursuivre et consolider les actions menées ou initiées depuis le PE1.

La deuxième phase du Programme Environnemental à Madagascar (PE2, 1997–2002), financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mise en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), avait pour objectif global de contribuer à la protection de l’environnement mondial tout en soutenant le développement durable national. Elle visait à consolider et à pérenniser les acquis de la première phase du programme (PE1).

L’objectif spécifique du PE2 était d’intégrer de manière durable la dimension environnementale dans les politiques et stratégies nationales de développement, tout en assurant la conservation et la gestion durable du patrimoine de la diversité biologique. Le programme cherchait également à améliorer les conditions de vie des populations, notamment par une meilleure valorisation des ressources naturelles.

Les résultats attendus portaient sur le renforcement du cadre institutionnel et politique de gestion de l’environnement, la décentralisation de la gestion des ressources naturelles, ainsi que la mise en place de mécanismes favorisant la conservation de la biodiversité tout en générant des bénéfices socio-économiques. Le PE2 a ainsi promu la conciliation entre conservation du capital naturel et développement économique.

Pour atteindre ces résultats, le programme s’est appuyé sur des approches participatives impliquant les acteurs locaux, le développement d’outils modernes de suivi et d’évaluation environnementale, la structuration de chaînes de valeur durables et la promotion d’emplois verts. L’ensemble des interventions était aligné sur les priorités stratégiques et les objectifs du FEM en matière de lutte contre la dégradation de l’environnement et de préservation des biens environnementaux mondiaux.

Composants et activités clés

Gestion durable des ressources naturelles : Renforcement de la gestion durable des ressources naturelles communautaires et des zones périphériques aux aires protégées.

Préservation de la biodiversité : Appui ciblé à la gestion des aires protégées et à la conservation des écosystèmes, en particulier les écosystèmes marins et côtiers.

Recherche et suivi environnemental : Amélioration des systèmes de suivi, de cartographie et de recherche appliquée sur les écosystèmes terrestres.

Éducation et formation : Promotion de l’éducation environnementale, du renforcement des capacités, ainsi que de la communication et de la sensibilisation aux enjeux environnementaux.

Renforcement institutionnel : Mise en place et appui aux institutions nationales de gestion de l’environnement (notamment l’ONE et l’ANGAP).

Bénéficiaires

Le programme ciblait un ensemble d’acteurs clés intervenant à différents niveaux de la gestion et de la valorisation des ressources naturelles. Il visait à renforcer la participation des populations locales, à appuyer les institutions publiques et à mobiliser les acteurs économiques autour d’une approche intégrée de conservation de la biodiversité et de développement durable à l’échelle nationale.

Groupes bénéficiaires et parties prenantes

  • Populations rurales : Habitants des zones adjacentes aux aires protégées, bénéficiant directement des actions de gestion durable des ressources naturelles.
  • Collectivités territoriales et communautés locales : Acteurs impliqués dans la gouvernance, la planification et la gestion décentralisée des ressources naturelles.
  • Acteurs économiques : Entreprises et initiatives privées engagées dans la valorisation durable de la biodiversité et des ressources environnementales.
  • Institutions publiques : Services de l’État en charge de l’environnement, de la décentralisation, de la planification et du développement territorial.
  • Secteurs spécifiques : Filières stratégiques telles que le bois-énergie, le tourisme durable et les filières émergentes de valorisation de la biodiversité.

Indicateurs environnementaux

Axes d’Intervention et Cibles Stratégiques

1. Gestion Intégrée du Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM)

  • Objectif : Optimiser le suivi de la couverture et de l’état de conservation des 122 aires protégées (AP) nationales, couvrant plus de 7 millions d’hectares.
  • Indicateurs FEM : Utilisation de l’outil METT (Management Effectiveness Tracking Tool) pour évaluer l’efficacité de la gestion. Le projet met l’accent sur les zones périphériques (zones tampons) afin de réduire les pressions anthropiques et de renforcer la connectivité écologique entre les blocs forestiers.

2. Conservation de la Biodiversité et Capital Naturel

  • Cibles : Protection rigoureuse des habitats critiques et des espèces emblématiques (flore et faune) à forte valeur d’endémisme.
  • Innovation Data : Intégration dans le CHM des listes rouges de l’UICN et des données sur les espèces inscrites à la CITES. L’accent est mis sur la préservation des services écosystémiques (pollinisation, régulation hydrique) essentiels à la résilience nationale, conformément au Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

3. Gouvernance Communautaire des Ressources Naturelles

  • Approche : Transfert de gestion aux communautés de base (VOIVondron’Olona Ifotony) via des mécanismes contractuels (ex: GCF).
  • Résultats attendus : Amélioration de la gestion durable des ressources (produits forestiers non ligneux, bois d’œuvre) par le biais de plans de gestion simplifiés et de systèmes de surveillance villageoise, assurant un équilibre entre conservation et développement socio-économique local.

Indicateurs socio-économiques

Emplois verts : Création de plus de 50 000 emplois liés à la conservation de la biodiversité et à l’exploitation durable des ressources naturelles.

Chaînes de valeur : Promotion et structuration de plus de 20 chaînes de valeur durables, notamment dans les secteurs du bois-énergie durable, des produits forestiers non ligneux et de l’écotourisme.

Développement local : Renforcement de la résilience socio-économique des communautés locales, en particulier dans les régions vulnérables aux effets du changement climatique.

Gouvernance : Implication renforcée des collectivités territoriales dans la gestion, la planification et la gouvernance des ressources naturelles à l’échelle locale.

Facteurs de succès

La mise en œuvre du Programme Environnemental – Phase II (PE2) s’est appuyée sur un ensemble d’approches complémentaires visant à consolider les acquis de la première phase et à assurer la durabilité des interventions. Ces approches ont permis de structurer la gestion locale des ressources naturelles, de renforcer la gouvernance environnementale et de tester des mécanismes innovants de financement durable, en cohérence avec les principes du développement durable et les priorités du FEM.

Approches clés et facteurs de succès

  • Approche intégrée du développement durable : Le projet a combiné la conservation de la biodiversité avec la lutte contre la pauvreté, en particulier dans les zones tampons des aires protégées, afin de générer des bénéfices environnementaux et socio-économiques simultanés.

  • Décentralisation et cogestion : Le transfert progressif de la gestion des ressources naturelles aux communautés locales et aux collectivités territoriales, formalisé par des contrats de gestion, a constitué un levier central pour l’appropriation locale et l’efficacité des interventions.
  • Approche participative : Le succès du programme a reposé sur la sensibilisation, l’engagement et la participation effective des populations locales, privilégiant des mécanismes concertés plutôt qu’une approche coercitive ou strictement hiérarchique.
  • Pérennisation financière : La transition entre le PE1 et le PE2 a mis en évidence la nécessité de mécanismes de financement durables, tels que les fonds fiduciaires et les paiements pour services environnementaux (PSE), afin d’assurer la gestion à long terme des aires protégées.
  • Renforcement des capacités : Le programme a accordé une attention particulière au développement des ressources humaines et au renforcement des institutions environnementales, condition essentielle à la durabilité des résultats.
  • Cadre réglementaire et gouvernance : L’application effective de la législation environnementale, combinée à des principes de bonne gouvernance (transparence, redevabilité, lutte contre la corruption), a soutenu la mise en œuvre et la crédibilité du programme.

Ainsi, le PE2 a permis de pérenniser les acquis de la première phase en structurant la gestion locale des ressources naturelles et en expérimentant des outils de financement durable adaptés au contexte national.

Défis et adaptations

Défis majeurs du PE2 (et du PAE)

  • Instabilité institutionnelle et politique : Des cadres macroéconomiques fragiles et des changements institutionnels fréquents ont entravé la continuité et la cohérence des actions.
  • Pression anthropique élevée : Pratiques agricoles extensives (cultures sur brûlis – tavy), feux de brousse et surexploitation des ressources forestières
  • Dispersion des interventions : Un champ d’objectifs trop large, rendant le suivi, l’évaluation et la mesure des impacts plus complexes.
  • Pauvreté structurelle : La dégradation des sols et des ressources forestières est étroitement liée aux stratégies de survie des populations locales.

Adaptations mises en œuvre et stratégies de réponse

  • Approche décentralisée : Renforcement de l’implication des communautés locales, des collectivités territoriales et des organisations de la société civile dans la gestion des ressources naturelles.
  • Gestion intégrée des ressources naturelles : Conciliation des objectifs de conservation (notamment au sein des aires protégées) avec les besoins socio-économiques des populations riveraines.
  • Valorisation économique durable : Promotion des emplois verts et du développement de chaînes de valeur durables (bois-énergie, produits forestiers non ligneux, écotourisme) afin de réduire la dépendance aux pratiques d’exploitation destructrices.
  • Renforcement de la gouvernance environnementale : Mise en place de systèmes de suivi, de contrôle et de monitoring des ressources naturelles pour améliorer la prise de décision et la redevabilité.

Innovation et bonnes pratiques

Le programme a adopté une approche intégrée et participative visant à concilier la conservation de la biodiversité avec le développement socio-économique local. Les interventions ont ciblé la gouvernance des ressources naturelles, la création d’emplois durables, le suivi écologique et le renforcement des capacités institutionnelles, afin de générer des bénéfices environnementaux et économiques durables, en particulier dans les zones vulnérables.

Principales approches et actions

  • Approche intégrée et décentralisée : Conciliation de la conservation avec le développement local, en responsabilisant les communes et les communautés dans la gouvernance et la gestion des ressources naturelles.

  • Valorisation économique et emplois verts : Création d’activités économiques favorables à l’environnement, notamment via la valorisation des produits forestiers non ligneux, le tourisme durable et les filières bois-énergie.

  • Suivi écologique participatif : Mise en place de mécanismes de suivi des ressources naturels impliquant activement les populations locales dans la surveillance et la gestion durable des écosystèmes.

  • Renforcement de la gouvernance environnementale : Promotion de pratiques de bonne gouvernance, avec un accent sur la transparence et la lutte contre la corruption dans le secteur de l’environnement.

  • Gestion des aires protégées : Appui à la structuration et au renforcement des réseaux d’aires protégées pour assurer la conservation de la biodiversité et la pérennité des écosystèmes.

Ces actions ont permis de générer des revenus locaux tout en préservant le capital naturel, contribuant ainsi à la durabilité environnementale et au développement socio-économique des zones vulnérables.