Facteurs de succès
Partenariats multisectoriels : le projet a mobilisé plus de 60 agences nationales et internationales, créant une synergie inédite entre les ministères (Environnement, Agriculture), les universités, les herbiers nationaux et les communautés locales. Cette approche a permis de briser les silos entre le monde de la recherche et celui de la gestion forestière.
Gestion avancée de l’information : le développement du Portail mondial des CWR (Crop Wild Relatives Global Portal) a été une avancée technologique majeure. Il a permis de centraliser les données de biodiversité autrefois dispersées, facilitant une prise de décision basée sur des preuves scientifiques solides pour la gestion des ressources génétiques.
Priorisation stratégique des espèces : Madagascar a identifié des zones prioritaires pour la conservation de parents sauvages de cultures vitales. Le choix s’est porté sur des espèces à haute valeur économique et alimentaire : le riz, la banane, l’igname, la vanille et le café, garantissant ainsi l’intérêt des décideurs politiques.
Intégration dans les aires protégées : l’un des plus grands succès a été l’adaptation des plans de gestion des réserves existantes (gérées notamment par Madagascar National Parks). Au lieu de créer de nouvelles structures, le projet a intégré la protection des populations de CWR dans les mandats de conservation déjà en place.
Analyses de menaces et modélisation : l’utilisation d’outils de modélisation de niche climatique a permis d’anticiper l’impact du changement climatique. Ces études ont orienté les actions vers les zones de « refuge » où ces espèces ont le plus de chances de survivre à long terme.
Impact et héritage
Le projet a laissé une empreinte indélébile sur la conservation mondiale :
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Évaluation de la menace : les travaux de terrain ont permis l’inscription et la mise à jour de plus de 310 espèces sur la Liste rouge de l’UICN, révélant la vulnérabilité critique de nombreux parents sauvages.
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Standardisation mondiale : la publication du « Manuel de conservation in situ des parents sauvages des cultures » est devenue la référence mondiale, utilisée par les praticiens du monde entier pour concevoir leurs propres programmes.
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Clarification institutionnelle : bien que souvent confondu avec des initiatives de la Banque mondiale en raison de la thématique de la résilience, il est impératif de rappeler que ce projet a été exclusivement financé par le FEM-3 (GEF ID 1259) et mis en œuvre par le PNUE (UNEP).
Héritage pour Madagascar : Ce projet a permis de démontrer que les forêts malgaches ne sont pas seulement des réservoirs de lémuriens ou d’orchidées, mais de véritables « coffres-forts » génétiques indispensables pour nourrir l’humanité demain.