Projet de paysage pour une agriculture durable

Le projet PADAP représente une étape majeure dans la transformation rurale à Madagascar. En adoptant une approche intégrée du paysage, le projet a réussi le pari d’améliorer simultanément la productivité agricole et la conservation des ressources naturelles dans cinq zones prioritaires : Andapa, Bealanana, Iazafo, Marovoay et Soanierana-Ivongo. En unissant les départements de l’Agriculture et de l’Environnement, le PADAP a posé les bases d’un modèle de développement où la prospérité des agriculteurs est indissociable de la santé des écosystèmes forestiers

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Voici les coordonnées géographiques des différentes zones d’intervention et sites spécifiques du projet (PADAP), telles que répertoriées dans les sources. Ces coordonnées utilisent le format Degrés Décimaux WGS84.
Districts et Région :

  • Région Analanjirofo : -16.5, 49.5
  • District de Bealanana : -14.57295, 48.77106
  • District de Marovoay : -16.15, 46.61667
  • District de Vavatenina : -17.51667, 48.95
  • District d’Andilamena : -16.95057, 48.54738
  • Soanierana Ivongo : -16.91667, 49.58333
  • District d’Andapa : -14.65, 49.65
    Aires Protégées
  • Ambatovaky : -16.7435, 49.1569
  • Marojejy : -14.5163, 49.6032
  • Anjanaharibe Sud : -14.731, 49.467
  • Makira : -14.842, 49.548
  • Comatsa Sud : -14.555, 49.408
  • Comatsa Nord : -14.289, 49.08
  • Bemanevika : -14.4099, 48.599
  • Mahimborondro : -14.362, 48.734
  • Ankarafantsika : -16.314, 46.648
  • Manongarivo : -14.011, 48.377
  • Tsaratanana : -14.068, 49.001
    Sites d’Activités Spécifiques
  • Iazafo : -17.5566, 49.2688
  • Reboisement Andapa : -14.7611, 49.596
  • Reforestation Soanierana Ivongo : -16.7767, 49.5502
  • Reboisement Iazafo : -17.5547, 49.2787
  • Reboisement Bealanana : -14.4466, 49.0421
  • Reboisement Marovoay : -16.2352, 46.7478
  • Pépinière polyvalente Andapa : -14.6445, 49.5577
    Points d’intervention FID
  • FID Andapa : -14.6142, 49.4656
  • FID Bealanana : -14.5728, 48.6333
  • FID Marovoay : -16.2346, 46.7391
  • FID Soanierana Ivongo : -16.7768, 49.5173
  • FID Iazafo : -17.4614, 49.2616

Le projet de paysages d’agriculture durable (PADAP) a pour objectif principal de promouvoir une approche de gestion intégrée des paysages afin d’améliorer simultanément la performance agricole et la conservation des ressources naturelles.

  • Gestion intégrée et planification : Développer et mettre en œuvre des plans de gestion de paysage innovants dans les cinq zones cibles pour mieux intégrer les actions d’utilisation des terres. Cela inclut l’utilisation d’un Système d’Information Spatiale (SIS) pour la prise de décision;
  • Protection des ressources et des bassins versants : Protéger les bassins versants supérieurs pour sécuriser l’approvisionnement en eau des terres agricoles situées en aval;
  • Amélioration de la productivité agricole : Augmenter le nombre d’agriculteurs adoptant des pratiques améliorées en matière d’agriculture, de gestion de l’eau et de foresterie. Cela passe notamment par la réhabilitation de périmètres irrigués;
  • Conservation de la biodiversité : Améliorer l’efficacité de la gestion des aires protégées et augmenter les zones de paysages de production intégrant la conservation;
  • Restauration des écosystèmes : Mettre en œuvre des plans de restauration forestière pour maintenir les services écosystémiques et reboiser avec des espèces indigènes;
  • Atténuation du changement climatique : Favoriser un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) et renforcer la résilience climatique;
  • Mécanismes de financement durables : Développer un cadre politique et piloter des mécanismes de Paiement pour Services Environnementaux (PSE)
  • Renforcement des capacités : Rendre opérationnelles les structures locales comme les associations d’usagers de l’eau (AUE) et les organisations communautaires de base (COBA)

 

Le PADAP vise à améliorer la gestion des ressources naturelles et la productivité agricole dans des paysages sélectionnés à Madagascar. Le projet utilise une approche intégrée du paysage pour harmoniser la conservation de la biodiversité, la gestion durable des terres et l’agriculture irriguée, tout en renforçant la résilience face au changement climatique.

Le projet s’est concentré sur cinq paysages prioritaires : Andapa, Bealanana, Iazafo, Marovoay et Soanierana-Ivongo. Ces zones ont été choisies pour leur potentiel agricole élevé et la présence d’écosystèmes forestiers et de biodiversité d’importance mondiale.

Composants et activités clés

Le projet de paysages d’agriculture durable (PADAP) à Madagascar est structuré autour de quatre composantes principales visant à intégrer la performance agricole et la conservation des ressources naturelles. Conformément au cadre du GEF (Global Environment Facility), ces composantes se répartissent entre l’assistance technique et les investissements directs.

Composante 1 : Information, planification et conception stratégique (Assistance Technique)

Cette composante se concentre sur la création des outils nécessaires à une gestion intégrée du territoire :

  • Plans de gestion du paysage : Élaboration et mise en œuvre de plans de gestion innovants pour les cinq paysages cibles (Andapa, Bealanana, Iazafo, Marovoay et Soanierana-Ivongo) afin de mieux coordonner l’utilisation des terres
  • Système d’Information Spatiale (SIS) : Développement et opérationnalisation d’un système de données spatiales pour appuyer la prise de décision et la planification
  • Cadres politiques et réglementaires : Création de six nouvelles politiques introduisant l’approche de paysage et développement d’un cadre national pour les Paiements pour Services Environnementaux (PSE)
  • Outils de gestion : Production d’un manuel de planification de paysage et de guides techniques pour harmoniser les interventions

Composante 2 : Renforcement des capacités et investissements (Investissement)

Il s’agit de la composante la plus importante en termes de financement, visant des impacts directs sur le terrain :

  • Infrastructures agricoles et irrigation : Établissement de 56 systèmes d’irrigation gérés par des Associations d’Usagers de l’Eau (AUE) et réhabilitation de périmètres irrigués pour sécuriser la production
  • Gestion communautaire et aires protégées :
    • Soutien à 77 organisations communautaires de base (COBA) pour la gestion des ressources naturelles
    • Renforcement de la gestion de 195 000 hectares d’aires protégées et mise sous plan de conservation de 303 000 hectares supplémentaires
  • Restauration et reforestation : Restauration de 13 650 hectares d’écosystèmes dégradés, incluant des reboisements avec des espèces indigènes et la création de 27 pépinières polyvalentes
  • Services aux agriculteurs : Fourniture d’actifs et de services agricoles (agroforesterie, techniques rizicoles améliorées) à plus de 28 200 bénéficiaires, dont 8 148 femmes
  • Mécanismes PSE : Pilotage de cinq mécanismes de PSE, dont un lié au programme de réduction des émissions (REDD+)

Composante 3 : Gestion du projet

  • Assure la planification efficace, le suivi environnemental et social, ainsi que le reporting périodique sur l’atteinte des indicateurs de performance du projet

 

Composante 4 : Réponse d’urgence (CERC – Covid-19)

Cette composante a été activée pour soutenir le gouvernement malgache durant la pandémie :

  • Santé publique : Réalisation de près de 273 000 tests Covid-19 et approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) pour 100 % des centres de santé ciblés

 

Ces activités contribuent directement aux objectifs stratégiques du GEF dans les domaines de la biodiversité, de la dégradation des terres, du changement climatique et de la gestion durable des forêts (SFM). 

Bénéficiaires

1. Producteurs et agriculteurs

  • Total des agriculteurs atteints : Le projet a bénéficié à 28 204 agriculteurs ayant reçu des services et des actifs agricoles, dont 8 148 femmes;
  • Adoption de technologies : Environ 17 200 bénéficiaires ont adopté des technologies agricoles améliorées, telles que des techniques de culture du riz, des systèmes d’agroforesterie ou la production de nouveaux aliments pour animaux;
  • Appui aux moyens de subsistance : 92 producteurs ont été spécifiquement soutenus pour le développement d’activités de subsistance durables et respectueuses de l’environnement.

2. Organisations locales et communautaires

  • Organisations communautaires de base (COBA) : Le projet a soutenu 77 COBA réparties comme suit :
    • District de Bealanana : 41 COBA;
    • District d’Andapa : 12 COBA;
    • District de Marovoay : 8 COBA;
    • District de Vavatenina : 1 COBA.
  • Associations d’Usagers de l’Eau (AUE) : Des bénéficiaires regroupés au sein de 56 systèmes d’irrigation gérés par des AUE ont été soutenus

3. Bénéficiaires des investissements GEF (Global Environment Facility)

  • Selon les indicateurs de résultats finaux, le nombre total de personnes bénéficiant des investissements financés par le GEF s’élève à 49 803 personnes, dont :
    • Femmes : 15 319;
    • Hommes : 34 484.

4. Bénéficiaires de la réponse d’urgence (Covid-19)

  • La population Malagasy a bénéficié de la réalisation de près de 273 000 tests Covid-19
  • 100 % des centres de santé ciblés ont bénéficié d’un approvisionnement continu en équipements de protection individuelle (EPI).

5. Autres acteurs

  • Gestionnaires d’aires protégées : Le projet a financé des contrats avec les gestionnaires de 9 aires protégées pour renforcer leur gestion sur 195 000 hectares
  • Établissements scolaires : Des sessions d’éducation au développement durable ont été organisées dans des écoles et villages des paysages ciblés.

Indicateurs environnementaux

Ces indicateurs reflètent les progrès en matière de conservation de la biodiversité, de restauration des terres et d’atténuation du changement climatique :

Aires protégées sous gestion améliorée : Le projet a permis de renforcer la gestion de 329 097 hectares d’aires protégées terrestres. Cela inclut des sites comme Ankarafantsika, Marojejy, Anjanaharibe Sud et le complexe de Makira.

Restauration des écosystèmes : Au total, 13 650 hectares de terres et d’écosystèmes ont été restaurés. Cette réalisation se décompose en 13 500 hectares de forêts et terres forestières et 150 hectares de zones humides.

Gestion durable des paysages de production : Environ 35 911 hectares de paysages (hors aires protégées) sont désormais sous pratiques améliorées, dont la totalité est intégrée dans des systèmes de production de gestion durable des terres.

Atténuation du changement climatique : Les interventions du projet ont contribué à l’atténuation de 3 491 043 tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e) d’émissions de gaz à effet de serre.

Biodiversité mondiale : Le projet a contribué au maintien de la biodiversité et des services écosystémiques sur une surface de 322 820 hectares.

Indicateurs socio-économiques

Ces indicateurs mesurent l’impact direct du projet sur les populations locales et les structures communautaires :

Bénéficiaires directs : Un total de 49 803 personnes ont bénéficié des investissements financés par le GEF, dont 15 319 femmes (30,7 %) et 34 484 hommes

Accès aux services agricoles : Le projet a atteint 28 204 agriculteurs avec des actifs et des services agricoles, dépassant l’objectif initial de 20 600. Parmi eux, 8 148 sont des femmes.

Adoption de technologies : Environ 17 200 bénéficiaires ont adopté des technologies agricoles améliorées (riziculture, agroforesterie, etc.), contre un objectif de 12 500

Infrastructures et organisations :

  • 56 systèmes d’irrigation ont été établis et sont gérés par des Associations d’Usagers de l’Eau (AUE);
  • 77 organisations communautaires de base (COBA) ont été soutenues pour la gestion des ressources naturelles;
  • 21 stations de mécanisation et de vulgarisation agricole ont été mises en place;

Réponse à l’urgence (Covid-19) : Le volet d’urgence a permis la réalisation de près de 273 000 tests et a assuré qu’aucune rupture de stock d’équipements de protection n’ait lieu dans 100 % des centres de santé ciblés.

Gestion des griefs : Le mécanisme de gestion des plaintes a traité 245 dossiers, avec un taux de résolution de 88 %

Facteurs de succès

Plusieurs éléments ont permis au projet d’atteindre, voire de dépasser, ses objectifs finaux :

  • Approche intégrée et planification solide : La réussite repose sur le développement de plans de gestion de paysages innovants dans cinq zones clés, permettant de mieux coordonner l’utilisation des terres et de sécuriser l’eau pour l’agriculture;
  • Engagement des parties prenantes : Le processus d’élaboration des plans de gestion a été hautement consultatif, garantissant une forte adhésion des communautés locales;
  • Performance technique : Le projet a dépassé ses cibles pour plusieurs indicateurs clés, notamment le nombre de bénéficiaires agricoles et l’établissement de 56 systèmes d’irrigation (contre 25 prévus);
  • Réponse agile aux crises : L’activation rapide d’une composante d’urgence (CERC) a permis une gestion efficace de la crise Covid-19, avec 273 000 tests réalisés et un approvisionnement constant en équipements de protection;
  • Transfert de connaissances efficace : Un nombre significatif d’agriculteurs (17 200) a adopté des technologies améliorées, dépassant les prévisions initiales.

Défis et adaptations

Le projet a dû faire face à des obstacles structurels et conjoncturels importants :

  • Procédures financières et administratives : De nouveaux mécanismes financiers gouvernementaux ont entraîné des retards significatifs dans la disponibilité des fonds;
  • Complexité institutionnelle : Les relations parfois difficiles entre le Ministère de l’Agriculture (hôte) et le Ministère de l’Environnement ont pu ralentir certaines activités environnementales, parfois perçues comme secondaires;
  • Difficultés des PSE non-carbone : Si les mécanismes liés au carbone (REDD+) ont bien progressé, la mise en place de Paiements pour Services Environnementaux pour d’autres services s’est avérée extrêmement complexe;
  • Impact de la Covid-19 : La pandémie a réduit les revenus issus du tourisme pour les aires protégées, forçant le projet à réallouer des fonds pour des aides d’urgence et des travaux de patrouille/reforestation afin de soutenir les revenus locaux;
  • Adaptation finale (Restructuration) : En avril 2024, le projet a été restructuré. Un reliquat de 3,9 millions USD du fonds GEF a été réalloué à Conservation International pour garantir la poursuite des objectifs après la clôture officielle du projet.

Innovation et bonnes pratiques

Le PADAP a introduit des outils et des méthodes novatrices pour Madagascar :

  • Outils technologiques de pointe : Utilisation d’un Système d’Information Spatiale (SIS) opérationnel et du prototype LANDSIM-P pour la simulation de l’utilisation des terres. Le suivi des aires protégées a également intégré l’usage de drones et d’images satellites
  • Cadre politique nouveau : Introduction de six nouvelles politiques intégrant l’approche paysage à l’échelle nationale;
  • Gestion communautaire renforcée : Le soutien à 77 organisations communautaires (COBA) et le pilotage de cinq mécanismes de PSE constituent des modèles pour la durabilité locale;
  • Synergie Agriculture-Environnement : Le projet a forcé une collaboration technique inédite entre les départements de l’agriculture et de l’environnement pour traiter de front la déforestation et l’érosion des sols;
  • Produits de connaissance : Élaboration d’un manuel de planification de paysage et de notes politiques (sur le genre, la stratégie rizicole, etc.) pour capitaliser sur les leçons apprises.