Promotion de l’économie circulaire dans le secteur du textile et de l’habillement grâce à la gestion durable des produits chimiques et des déchets au Lesotho, à Madagascar et en Afrique du Sud (CircuTex)

Promouvoir le concept d’économie circulaire (EC) dans le secteur du textile et de l’habillement (TH) du Lesotho, de Madagascar et de l’Afrique du Sud par une approche de chaîne de valeur qui aborde l’amont du secteur : utilisation des ressources ; chimie verte et durable ainsi que l’aval par la réutilisation, le recyclage et la conversion des rebuts de textile/habillement et des déchets associés en produits et services économiquement viables et socialement bénéfiques. #thegef10543

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Les zones d’intervention du projet à Madagascar se concentrent principalement dans deux localités urbaines et sur des sites industriels spécifiques :

  • Antananarivo : la capitale est désignée comme l’une des zones géographiques clés pour les interventions du projet ;
  • Antsirabe : cette ville est la deuxième zone géographique majeure identifiée dans les sources pour le déploiement des activités.

En plus de ces villes, les sources précisent des sites d’intervention spécifiques liés à des entreprises partenaires du secteur textile :

  • EPSILON Madagascar ;
  • Aquarelle Madagascar.

Ces interventions visent à promouvoir l’économie circulaire et à améliorer la gestion des produits chimiques et des déchets dans ces pôles industriels textiles. Pour rappel, le ministère de l’Environnement et du Développement Durable de Madagascar agit en tant qu’entité nationale d’exécution pour ces activités.

L’objectif principal du projet est de promouvoir le concept d’économie circulaire dans le secteur du textile et de l’habillement au Lesotho, à Madagascar et en Afrique du Sud.

Pour atteindre cet objectif, le projet utilise une approche de chaîne de valeur qui s’attaque aux défis du secteur à deux niveaux :

  • En amont (Upstream) : en mettant l’accent sur l’utilisation des ressources et sur la promotion d’une chimie verte et durable ;
  • En aval (Downstream) : en favorisant la réutilisation, le recyclage et la conversion des rebuts textiles et des déchets connexes en produits et services économiquement viables et socialement bénéfiques.

De manière plus spécifique, le projet vise à renforcer la gestion saine des produits chimiques industriels (notamment les Polluants Organiques Persistants ou POP) et de leurs déchets par un meilleur contrôle, leur réduction ou leur élimination. Il cherche également à renforcer les capacités réglementaires et institutionnelles pour faciliter l’adoption de l’économie circulaire dans ce secteur.

Ce projet régional, dirigé par l’ONUDI, vise à instaurer une économie circulaire durable dans le secteur du textile au Lesotho, à Madagascar et en Afrique du Sud. Il adopte une approche intégrée de la chaîne de valeur, intervenant en amont sur l’utilisation des ressources et en aval sur la valorisation des déchets textiles. L’un des objectifs centraux est la réduction, voire l’élimination, des produits chimiques dangereux tels que les polluants organiques persistants (POP). Pour y parvenir, le programme s’appuie sur la mise en œuvre des meilleures techniques disponibles (BAT/BEP) et de la production plus propre (RECP) au sein d’usines pilotes. Il prévoit également le renforcement des cadres réglementaires nationaux pour faciliter une gestion saine des substances toxiques et des déchets. Au total, 8 000 personnes devraient bénéficier directement de ces interventions, avec une priorité accordée à l’autonomisation des femmes qui représentent 60 % des bénéficiaires. Enfin, le projet progresse actuellement avec le lancement de formations techniques et la réalisation d’audits environnementaux dans les entreprises partenaires.

Ce projet régional vise à promouvoir l’économie circulaire dans le secteur du textile et de l’habillement au Lesotho, à Madagascar et en Afrique du Sud. Il adopte une approche de chaîne de valeur ciblant à la fois l’utilisation durable des ressources en amont et le recyclage des déchets textiles en produits économiquement viables en aval. Un objectif central est l’élimination des polluants organiques persistants (POP) et la réduction des substances chimiques dangereuses pour protéger l’environnement. Le programme s’appuie sur la mise en œuvre de meilleures techniques disponibles (BAT/BEP) dans des usines pilotes pour améliorer l’efficacité des processus industriels.

Enfin, il cherche à renforcer les cadres réglementaires nationaux et à former les acteurs du secteur pour assurer une gestion durable et pérenne des produits chimiques.

Bénéficiaires

Les bénéficiaires de ce projet sont multiples et couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur textile et de l’habillement dans les trois pays concernés. Le projet estime qu’un total de 8 000 personnes bénéficiera directement de ses interventions, dont 4 800 femmes et 3 200 hommes.

Les principaux groupes de bénéficiaires identifiés sont les suivants :

  • Le secteur privé et ses employés : le personnel des entreprises textiles et de confection (environ deux entreprises pilotes par pays) reçoit des formations sur les meilleures techniques disponibles (BAT/BEP) et la production plus propre (RECP) pour améliorer l’efficacité et réduire les polluants. Ces formations sont également ouvertes plus largement au reste du secteur, incluant les PME et les grandes entreprises ;
  • Les femmes travailleuses : un plan d’action social et de genre spécifique est mis en œuvre pour s’assurer que les bénéfices, notamment en termes de santé et de conditions de travail, profitent directement aux femmes du secteur ;
  • Les décideurs politiques et les autorités : ils sont formés sur les cadres réglementaires et institutionnels liés à l’économie circulaire et à la gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques dangereux (comme les POP) ;
  • Les organismes de contrôle et les douaniers : ces acteurs reçoivent des formations sur le suivi, le contrôle et l’application des réglementations concernant les produits chimiques dangereux ;
  • Le secteur financier : les institutions bancaires et financières sont formées à l’évaluation des investissements « verts » (finance verte) pour soutenir les projets d’économie circulaire ;
  • Les entrepreneurs et les recycleurs : les personnes souhaitant développer des activités de recyclage bénéficient de formations spécifiques sur les opportunités commerciales liées aux déchets textiles ;
  • La société civile et les ONG : elles bénéficient de programmes de sensibilisation sur les dangers des produits chimiques, le recyclage et les pratiques durables ;
  • Les acteurs de la chaîne d’approvisionnement globale : les fournisseurs de matières premières, les marques internationales et les détaillants sont impliqués pour favoriser une gestion durable des produits textiles, de la conception jusqu’à la gestion des déchets.

Indicateurs environnementaux

Ces indicateurs se concentrent sur la réduction des substances toxiques, la gestion des déchets et l’amélioration de la qualité de l’air :

  • Réduction des produits chimiques préoccupants (Indicateur 9) : le projet vise à réduire, éliminer ou éviter 5,5 tonnes métriques de produits chimiques, spécifiquement les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS/PFOS/PFOA/PFHxS) ;
  • Évitement de déchets contaminés (Indicateur 9.6) : l’objectif est d’éviter que 4 000 tonnes métriques de matériaux et produits contenant des Polluants Organiques Persistants (POP) ou du mercure ne se retrouvent dans l’environnement ;
  • Réduction des émissions de POP dans l’air (Indicateur 10) : le projet cible une réduction de 11,5 grammes d’équivalent toxique (gTEQ) d’émissions de POP (uPOPS) provenant notamment du brûlage à l’air libre des déchets textiles ;
  • Renforcement législatif (Indicateurs 9.4 et 10.1) : les trois pays (Lesotho, Madagascar, Afrique du Sud) doivent mettre en œuvre des législations et politiques pour contrôler les produits chimiques, les déchets et les émissions de POP ;
  • Efficacité des ressources : bien que non chiffrés globalement comme indicateurs de base, le projet mesure l’amélioration de l’efficacité de l’énergie, des matériaux et de l’eau grâce à la méthodologie RECP (Production plus propre et économe en ressources).

Indicateurs socio-économiques

Ces indicateurs mesurent l’impact sur les populations, l’égalité des genres et la viabilité économique :

  • Nombre de bénéficiaires directs (Indicateur 11) : le projet prévoit de bénéficier à 8 000 personnes au total ;
  • Équité entre les sexes : une attention particulière est portée à l’inclusion des femmes, avec une cible de 4 800 bénéficiaires femmes (60%) contre 3 200 hommes :
    • À Madagascar, des indicateurs spécifiques montrent déjà que l’Unité de Gestion du Projet (UGP) est composée à 50 % de femmes et le Comité de Mise en Œuvre (PIC) à 72 %.
  • Amélioration de la rentabilité : l’un des résultats attendus est l’amélioration de l’efficacité des processus industriels et de la rentabilité au niveau des usines grâce à l’assistance technique BAT/BEP (Meilleures Techniques Disponibles / Meilleures Pratiques Environnementales) ;
  • Capacité et formation : le projet suit le nombre de personnes formées, incluant les décideurs politiques, les entrepreneurs du recyclage, les banquiers (sur la finance verte) et les employés du secteur privé ;
  • Évaluation d’impact socio-économique : une étude spécifique (Output 3.5) est prévue pour évaluer l’impact réel des interventions du projet sur les communautés locales et les travailleurs.

Facteurs de succès

Le succès du projet « CircuTex » repose sur plusieurs piliers stratégiques, allant de la collaboration technique à l’engagement des parties prenantes, comme détaillé dans les sources :

  • Partenariats Stratégiques et Expertise Technique : l’une des forces majeures est la collaboration avec des organisations internationales spécialisées comme le ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemicals) pour la gestion des produits chimiques et ICLEI Africa pour les cadres politiques. Le projet bénéficie également de l’engagement de marques mondiales telles qu’ASOS et d’institutions académiques comme le Centre d’économie circulaire de l’Université de Cambridge ;
  • Mobilisation Importante du Co-financement : le projet a réussi à mobiliser plus de 47 millions de dollars de co-financement, provenant en grande partie du secteur privé. Cet investissement témoigne d’un fort intérêt des entreprises locales pour la transition vers des modèles plus durables ;
  • Engagement des Parties Prenantes et Vision Commune : le projet a su mobiliser une vaste gamme d’acteurs (fournisseurs, industries textiles, recycleurs, banques, ministères) autour d’une vision commune de l’économie circulaire :
    • À Madagascar, par exemple, le taux d’engagement des parties prenantes a été évalué à près de 77 % en 2025.
  • Inclusion et Leadership des Femmes : la forte participation des femmes, particulièrement aux niveaux décisionnels à Madagascar (où elles occupent 50 % de l’Unité de Gestion du Projet et 72 % du Comité de Mise en Œuvre), est un facteur clé de réussite sociale et opérationnelle ;
  • Renforcement des Capacités Locales : l’approche de « Formation des Formateurs » (Train the Trainers) permet de créer un pool d’experts locaux capables de pérenniser les meilleures techniques disponibles (BAT/BEP) au sein des usines, même après la fin du soutien international ;
  • Gestion Adaptative : la capacité du projet à s’ajuster aux imprévus, comme le remplacement d’entreprises partenaires ayant fermé leurs portes en Afrique du Sud ou l’ajustement séquentiel des activités à Madagascar pour lever des blocages administratifs, est cruciale pour maintenir les objectifs ;
  • Approche Holistique de la Chaîne de Valeur : en intervenant à la fois sur l’utilisation des ressources en amont et sur la valorisation des déchets en aval, le projet crée une cohérence économique et environnementale propice à l’innovation.

Défis et adaptations

Défis du projet

  • Instabilité économique et fermetures d’entreprises : en Afrique du Sud, deux entreprises partenaires clés (Opportunity Clothing et Gelvenor Africa) ont dû cesser leurs activités ou suspendre leur production en raison de difficultés financières et d’un manque d’investissement, impactant les sites pilotes prévus ;
  • Blocages administratifs et procéduraux : à Madagascar, la validation du Manuel de Procédures a été identifiée comme un « point de blocage critique » retardant le lancement de plusieurs activités de terrain. De plus, des retards initiaux ont été notés dans la signature des accords avec les partenaires d’exécution nationaux ;
  • Obstacles logistiques et de coordination : des problèmes d’obtention de visas pour les formateurs internationaux ont retardé des sessions de formation technique en Afrique du Sud. Au Lesotho, des conflits d’agenda entre les prestataires de services et les parties prenantes nationales ont freiné l’exécution de certaines activités ;
  • Écarts de capacités et de genre : le secteur textile local manque souvent de connaissances techniques sur la gestion des produits chimiques. Par ailleurs, une faible représentation des femmes aux postes de haute direction dans les entreprises textiles a été observée, contrastant avec leur présence majoritaire dans la main-d’œuvre de base ;
  • Impacts externes : la pandémie de COVID-19 a initialement affecté les contributions de co-financement nationales, nécessitant des ajustements financiers.

Mesures d’Adaptation

Pour surmonter ces difficultés, le projet a mis en place les mesures suivantes :

  • Remplacement des bénéficiaires : en Afrique du Sud, le comité de mise en œuvre a proposé de nouvelles entreprises (Imraan Textile Mills et Rotex Fabrics) pour remplacer celles qui ont fermé, afin de maintenir les objectifs de démonstration ;
  • Approche séquentielle adaptative : à Madagascar, le projet a réorienté sa stratégie pour prioriser les prérequis institutionnels avant d’engager les interventions techniques sur site ;
  • Outils de suivi renforcés : l’introduction d’un système d’alerte mensuel a été recommandée pour prévenir l’accumulation de retards et fluidifier la prise de décision ;
  • Pérennisation par la formation locale : pour pallier le manque d’expertise et les problèmes de visa des experts étrangers, le projet mise sur des ateliers de « Formation des Formateurs » (Train the Trainers) pour créer un pool d’experts locaux capables de soutenir les usines ;
  • Flexibilité du calendrier : le plan de travail annuel est régulièrement ajusté, avec la possibilité de décaler certaines phases pilotes (jusqu’en 2026 si nécessaire) pour s’assurer que les bases préparatoires sont solides.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet « CircuTex » met en avant plusieurs bonnes pratiques techniques, managériales et stratégiques pour transformer le secteur textile vers une économie circulaire :

1. Approches Techniques et d’Innovation

  • Adoption des BAT/BEP et RECP : le projet utilise les Meilleures Techniques Disponibles (BAT), les Meilleures Pratiques Environnementales (BEP) et la méthodologie de Production plus Propre et Économe en Ressources (RECP) de l’ONUDI. Cette dernière suit une approche logique : évaluation, analyse des causes profondes, génération d’options et études de faisabilité (technique, économique et environnementale) ;
  • Approche de Précaution pour la Chimie Verte : une pratique clé consiste à concevoir des produits textiles en évitant l’utilisation de produits chimiques préoccupants (comme les PFAS/PFOS) avant même qu’ils ne soient réglementés, facilitant ainsi le recyclage futur des fibres ;
  • Techniques « Zéro Déchet » : le projet encourage l’utilisation des chutes de tissus directement au sein de l’usine de production pour minimiser les pertes dès l’amont.

2. Renforcement des Capacités et Pérennisation

  • Formation des Formateurs (ToT) : pour assurer la durabilité des interventions, le projet forme un vivier d’experts locaux capables de poursuivre l’assistance technique dans les usines après le départ des consultants internationaux ;
  • Utilisation de Standards Internationaux : l’intégration des directives techniques de la fondation ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemicals) pour la gestion des produits chimiques et des eaux usées permet d’aligner les usines locales sur les exigences des marques mondiales.

3. Gestion et Gouvernance de Projet

  • Approche Séquentielle Adaptative : en cas de blocages administratifs (comme à Madagascar), le projet priorise les prérequis institutionnels (validation des manuels de procédures) avant de lancer les activités sur le terrain ;
  • Outils de Suivi Renforcés : la mise en place d’un système d’alerte mensuel est recommandée pour prévenir l’accumulation de retards et fluidifier la prise de décision ;
  • Engagement de la Chaîne de Valeur : le projet mobilise l’ensemble des acteurs, des fournisseurs de matières premières aux marques internationales (comme ASOS) et aux institutions financières, pour créer un écosystème favorable à l’économie circulaire.

4. Inclusion Sociale et Genre

  • Mainstreaming du Genre : l’intégration d’indicateurs sensibles au genre et la forte représentation des femmes dans les instances de décision (comme l’Unité de Gestion du Projet à Madagascar) sont des facteurs de réussite pour une gouvernance inclusive ;
  • Évaluation d’Impact Socio-économique : la réalisation d’études spécifiques pour mesurer l’impact des interventions sur les travailleurs et les communautés locales assure que les bénéfices environnementaux se traduisent par des gains sociaux.