Sauvetage des récifs coralliens : Récifs coralliens résilients, communautés résilientes

Ce projet mondial, mené par le WWF-US et l’Université du Queensland, vise à protéger les récifs coralliens résilients au changement climatique dans 6 pays clés : Fidji, Indonésie, Madagascar, Philippines, Îles Salomon et Tanzanie. L’initiative s’appuie sur une approche stratégique consistant à identifier les zones à fort potentiel de régénération biologique pour garantir la survie à long terme des écosystèmes marins et des communautés côtières qui en dépendent.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Partenariat de l’Initiative de sauvetage des récifs coralliens (CRRI)

Le projet s’appuie sur un consortium d’organisations internationales possédant une vaste expérience en conservation marine et en collaboration communautaire :

  • WWF (faisant également office d’agence du GEF via WWF-US) ;
  • Wildlife Conservation Society (WCS) ;
  • Rare ;
  • CARE International ;
  • Blue Ventures ;
  • Vulcan Inc. (partenaire technique, notamment via l’Allen Coral Atlas).

Installations techniques nationales (NTF)

Pour l’exécution au niveau national, le projet a désigné des installations techniques nationales (NTF) spécifiques dans chacun des six pays financés par le GEF :

  • Fidji, Madagascar et Îles Salomon : Wildlife Conservation Society (WCS) ;
  • Indonésie : Reef Check Indonesia ;
  • Philippines : le Conseil de Palawan pour le développement durable (PCSD) ;
  • Tanzanie : l’Unité des parcs et réserves marines (MPRU).

Coordination gouvernementale

L’exécution est menée en étroite coordination avec les ministères de tutelle dans chaque pays. Un Comité de pilotage du projet (PSC), comprenant des représentants des ministères nationaux, fournit une supervision et une orientation stratégique. Les ministères impliqués incluent, par exemple, le ministère des Affaires maritimes et de la Pêche en Indonésie, le ministère de l’Environnement aux Fidji et le département des Ressources naturelles aux Philippines.

L’initiative « Coral Reef Rescue » (CRR) a été conçue pour protéger les récifs coralliens les plus résilients au monde face au changement climatique, en mettant l’accent sur sept pays, dont Madagascar, qui détiennent ensemble 70 % du potentiel mondial de régénération des récifs.

Objectifs globaux du projet

L’objectif principal du projet est de renforcer les capacités et les solutions pour assurer la survie à long terme des écosystèmes de récifs coralliens résilients au climat, soutenant ainsi les économies bleues et les communautés qui en dépendent. Les objectifs se déclinent en quatre composantes majeures :

  • Renforcement des capacités (Global à Local) : créer des réseaux mondiaux de connaissances et de meilleures pratiques, tout en mettant en œuvre une plateforme de surveillance des récifs en temps quasi réel pour informer les décisions nationales et régionales ;
  • Planification nationale : établir des « pôles nationaux » (National Hubs) pour coordonner la conservation, intégrer les connaissances scientifiques et traditionnelles, et élaborer des plans d’action nationaux pour les récifs résilients ;
  • Solutions financières : mobiliser des investissements publics et privés pour réduire les menaces pesant sur les récifs et développer un portefeuille d’entreprises durables et de moyens de subsistance pour les communautés locales ;
  • Gestion des connaissances : sensibiliser les gouvernements et les donateurs à la valeur des récifs résilients et partager les leçons apprises à l’échelle internationale via des réseaux comme IW:LEARN.

Objectifs spécifiques pour Madagascar

Madagascar a été identifié comme une priorité car ses récifs possèdent environ 2 % du potentiel mondial de régénération. Pour Madagascar, le projet vise spécifiquement à :

  • Alignement sur les priorités nationales : soutenir les priorités du ministère de l’Environnement et du Développement durable, notamment la protection de la biodiversité, la gouvernance durable des ressources pour les communautés locales, et le développement de l’économie bleue ;
  • Création de structures de gouvernance : établir une Plateforme Nationale de Concertation et de Coordination des Récifs Coralliens (PNCCRC) ainsi qu’une Task Force Régionale pour assurer l’appropriation du projet par les acteurs locaux, notamment dans la région DIANA ;
  • Élaboration d’outils stratégiques : réaliser des analyses de menaces et d’opportunités, ainsi que des analyses coûts-bénéfices spécifiques aux récifs de Madagascar pour guider le plan d’action national ;
  • Intégration des engagements climatiques : contribuer aux Contributions Déterminées au niveau National (CDN) de Madagascar en renforçant la résilience des zones côtières face à l’érosion et aux événements climatiques extrêmes ;
  • Soutien à l’économie bleue : fournir des outils de planification spatiale marine pour aider à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de l’Économie Bleue de Madagascar.

Le projet « Coral Reef Rescue » a pour objectif de renforcer les capacités et les solutions pour assurer la survie à long terme des écosystèmes de récifs coralliens résilients au climat. Il intervient dans 7 pays prioritaires, dont Madagascar et l’Indonésie, qui abritent ensemble 70 % du potentiel de régénération des récifs à l’échelle mondiale. L’initiative privilégie la protection des récifs « refuges » qui, grâce à leur faible exposition au stress thermique, servent de sources de larves pour repeupler d’autres zones. La stratégie repose sur quatre piliers : le suivi scientifique, la planification nationale multisectorielle, la mobilisation de solutions financières durables et le partage des connaissances. Le projet utilise des innovations technologiques, telles qu’une plateforme de surveillance en temps réel par satellite et des cours en ligne (MOOC) pour former les acteurs locaux. Il vise à bénéficier directement à 10 000 personnes, avec une parité hommes-femmes, tout en sécurisant la sécurité alimentaire de millions de bénéficiaires indirects. Piloté par l’Université du Queensland avec des partenaires comme le WWF et la WCS, il cherche à transformer la gestion des récifs en intégrant l’économie bleue et les savoirs traditionnels.

Le projet « Coral Reef Rescue » est structuré autour de quatre composantes principales conçues pour répondre aux obstacles identifiés en matière de conservation des récifs coralliens résilients :

Composante 1 : Renforcement des capacités mondiales et locales pour le suivi et la conservation

Cette composante vise à connecter les praticiens, les scientifiques et les communautés à un réseau mondial de connaissances.

  • Résultat 1.1 : Réseau mondial de connaissances.
    • Organisation d’au moins six événements d’apprentissage entre pairs au niveau régional ou mondial ;
    • Échanges (virtuels et visites d’étude) entre les communautés dépendantes des récifs ;
    • Développement d’outils d’apprentissage en ligne (MOOC) bénéficiant à au moins 5 000 parties prenantes.
  • Résultat 1.2 : Données de suivi en temps quasi réel.
    • Mise en œuvre d’une plateforme mondiale de suivi de la santé des récifs (couverture corallienne, blanchissement, turbidité) utilisant l’intelligence artificielle et la détection spatiale ;
    • Soutien technique pour le suivi sur le terrain avec la participation des communautés locales.

Composante 2 : Planification pour le sauvetage des récifs au niveau national

L’objectif est de renforcer les capacités des acteurs nationaux pour diriger les stratégies de conservation :

  • Résultat 2.1 : Capacités renforcées des parties prenantes.
    • Création et renforcement de 6 pôles nationaux (Hubs) de coordination multisectorielle ;
    • Soutien opérationnel pour assurer la représentation des communautés dans ces pôles ;
    • Intégration des connaissances traditionnelles dans les stratégies nationales.
  • Résultat 2.2 : Intégration de la science et des connaissances traditionnelles dans les plans d’action.
    • Analyses des menaces et des opportunités pour chaque récif résilient ;
    • Analyses coûts-bénéfices liées aux pratiques de pêche ;
    • Élaboration de 6 plans d’action nationaux incluant des stratégies de financement durable.

Composante 3 : Solutions financières pour le sauvetage des récifs

Cette composante cherche à mobiliser des investissements pour réduire les menaces pesant sur les récifs :

  • Résultat 3.1 : Augmentation des flux financiers durables.
    • Assistance technique pour mobiliser des opportunités d’investissement public et privé ;
    • Identification de 200 entreprises durables potentielles (start-ups ou expansion) ;
    • Préparation de cadres d’investissement et de filtrage des entreprises ;
    • Développement d’un portefeuille d’investissements, incluant des projets de moyens de subsistance durables.

Composante 4 : Gestion des connaissances, suivi et évaluation (M&E)

Sensibiliser et d’assurer une gestion adaptative du projet :

  • Résultat 4.1 : Sensibilisation et partage des connaissances.
    • Campagnes de communication ciblant les chefs d’État, les ministres et les communautés locales ;
    • Participation active au réseau IW:LEARN (conférences et réunions régionales).
  • Résultat 4.2 : Gestion de projet informée et adaptative.
    • Production de rapports de suivi (PPR), d’évaluations à mi-parcours et terminales ;
    • Ateliers de réflexion annuels avec les partenaires d’exécution ;
    • Utilisation du portail Coral Huddle pour le suivi en temps réel des indicateurs du projet.

Bénéficiaires

Le projet cible un total de 10 000 bénéficiaires directs, avec une répartition égale de 5 000 femmes et 5 000 hommes. Ces bénéficiaires se répartissent dans les catégories suivantes :

  • Praticiens et scientifiques : au moins 1 000 experts (personnel d’aires protégées, décideurs, scientifiques) participeront à des événements d’apprentissage entre pairs ;
  • Communautés locales et parties prenantes : environ 5 000 personnes bénéficieront d’outils d’apprentissage en ligne (MOOC) et de formations sur la gestion des récifs ;
  • Secteur privé et entrepreneurs : le projet prévoit de soutenir au moins 200 entreprises durables existantes ou nouvelles, incluant des membres des communautés locales impliqués dans des chaînes de valeur liées aux récifs ;
  • Échelle mondiale : à plus long terme, l’initiative vise à sauvegarder la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de plus de 120 millions de personnes dépendantes des récifs dans les sept pays prioritaires.

Indicateurs environnementaux

Indicateurs clés du GEF

Pour évaluer l’amélioration de la santé des récifs et des écosystèmes connectés, le projet utilise plusieurs indicateurs de performance :

  • Superficie sous pratiques améliorées : un objectif de 4 000 hectares de paysages (hors aires protégées) est fixé pour une gestion améliorée au profit de la biodiversité ;
  • Gestion coopérative des eaux : le projet vise à placer un écosystème aquatique partagé (au niveau mondial) sous une gestion coopérative nouvelle ou améliorée ;
  • Santé écologique des récifs : la plateforme de suivi en temps quasi réel mesure des variables critiques telles que la couverture de corail vivant, la biomasse des poissons de récif, les niveaux de turbidité et la fréquence des épisodes de blanchissement ;
  • Résilience climatique : l’indicateur de réussite repose sur la survie à long terme des « unités bioclimatiques » (BCU) qui servent de sources de larves pour la régénération globale des récifs.

Indicateurs socio-économiques

Le projet intègre des mesures pour évaluer le bien-être humain et l’équité sociale, particulièrement pour les femmes et les jeunes :

  • Égalité des genres : outre la parité parmi les 10 000 bénéficiaires, le projet suit la participation active des femmes. Par exemple, les premiers rapports d’exécution indiquent que 63,5 % des apprenants des cours en ligne sont des femmes ;
  • Moyens de subsistance durables : le nombre de projets de subsistance démonstratifs mis en œuvre dans les récifs prioritaires et le développement d’un portefeuille d’investissements pour des entreprises respectueuses des récifs sont des indicateurs clés ;
  • Sécurité alimentaire : le projet évalue sa contribution à la protection des stocks de poissons, essentiels pour les 500 millions de personnes qui en dépendent pour leur nutrition à l’échelle mondiale ;
  • Valeur économique préservée : la réduction des menaces vise à protéger les revenus issus de la pêche (estimés à 6 milliards USD globalement) et du tourisme lié aux récifs (36 milliards USD annuellement) ;
  • Inclusion sociale : l’intégration des connaissances traditionnelles dans les plans d’action nationaux est un indicateur de la participation effective des communautés locales et des peuples autochtones.

Facteurs de succès

Le succès du projet « Coral Reef Rescue » repose sur une combinaison d’approches stratégiques, institutionnelles et opérationnelles. Plusieurs facteurs clés déterminent la réussite et la durabilité de cette initiative :

1. Engagement et appropriation des parties prenantes

L’un des principaux facteurs de succès identifiés est l’implication inclusive des parties prenantes à tous les niveaux :

  • Participation communautaire : l’engagement effectif des communautés locales, des peuples autochtones, des femmes et des jeunes est jugé essentiel pour assurer la durabilité des investissements ;
  • Appropriation gouvernementale : la réussite dépend du soutien continu des gouvernements nationaux et locaux. L’intégration des activités du projet dans les mandats officiels des agences partenaires garantit que les actions se poursuivront après la fin du financement ;
  • Secteur privé : l’implication du secteur privé dans l’identification de solutions commerciales durables est un levier majeur pour le financement à long terme.

2. Gestion adaptative et flexibilité

La capacité du projet à s’adapter à des défis imprévus a été soulignée comme une force majeure lors de l’exécution :

  • Réponse aux crises : le projet a su ajuster ses méthodes de travail face à la pandémie de COVID-19 ou à la perte de sources de données critiques (comme le programme NOAA Coral Reef Watch), en pivotant vers de nouveaux outils de soutien à la décision ;
  • Ajustement des plans de travail : la révision régulière des budgets et des calendriers pour refléter les réalités du terrain (ex: délais de recrutement ou contraintes géographiques) permet de maintenir la dynamique du projet.

3. Synergies et partenariats solides

La structure même de l’initiative, reposant sur un consortium d’organisations mondiales (WWF, WCS, Rare, etc.) et des installations techniques nationales (NTF), crée des synergies puissantes :

  • Collaboration interdisciplinaire : les relations entre les scientifiques, les praticiens et les ministères facilitent le partage de connaissances et l’efficacité opérationnelle ;
  • Réseaux mondiaux : la connexion à des plateformes internationales comme IW:LEARN permet de répliquer les meilleures pratiques et d’amplifier l’impact global.

4. Approche scientifique innovante

Le projet fonde son succès sur une base scientifique robuste :

  • Ciblage des récifs « refuges » : se concentrer sur les récifs ayant une faible exposition au stress thermique et un haut potentiel de régénération est une approche novatrice qui optimise les chances de survie globale des écosystèmes coralliens ;
  • Intégration des connaissances traditionnelles : la réussite repose également sur la fusion de la science moderne avec le savoir ancestral des communautés locales pour élaborer des plans d’action nationaux mais plus résilients.

5. Création de conditions favorables (Enabling Conditions)

Le projet ne se limite pas à des actions ponctuelles, mais vise à instaurer des changements systémiques :

  • Renforcement des capacities : le développement des compétences via des cours en ligne (MOOC) et des pôles nationaux (Hubs) est un facteur de succès préalable indispensable ;
  • Solutions financières : la préparation de portefeuilles d’investissement et de stratégies de financement durable est cruciale pour réduire les menaces de manière permanente.

Défis et adaptations

Le projet « Coral Reef Rescue » a fait face à plusieurs défis significatifs depuis son lancement, allant de contraintes administratives à des changements technologiques imprévus. Pour maintenir sa progression, l’équipe du projet a dû mettre en œuvre diverses mesures de gestion adaptative.

Défis institutionnels et opérationnels

  • Retards de mise en œuvre : le démarrage effectif a été ralenti par la nécessité d’établir des accords d’exécution individuels avec six entités nationales différentes. Par exemple, aux Philippines, l’absence d’accord signé a retardé l’allocation des fonds pendant les deux premières années ;
  • Rotation du personnel et contexte politique : les élections nationales (comme aux Îles Salomon) et la restructuration des ministères (comme aux Fidji) ont perturbé la continuité de la communication et la formation des pôles nationaux (Hubs) ;
  • Contraintes géographiques : l’isolement de certains sites (ex: Madagascar) rend les déplacements coûteux et chronophages. De plus, coordonner des équipes sur plusieurs fuseaux horaires complique les réunions mondiales virtuelles ;
  • Difficultés financières : des problèmes de transfert de fonds, notamment dus à des exigences bancaires internationales strictes, ont été notés, particulièrement avec la Tanzanie.

Défis techniques et technologiques

  • Perte de données critiques : le projet a été confronté à l’arrêt soudain du programme NOAA Coral Reef Watch (CRW), qui devait fournir des données de suivi essentielles ;
  • Changement de plateforme d’apprentissage : la plateforme originale pour les cours en ligne (edX) est devenue indisponible, obligeant une migration vers une nouvelle plateforme.

Mesures d’adaptation et solutions

Pour pallier ces obstacles, le projet a adopté plusieurs stratégies :

  • Pivot technologique : pour remplacer les données de la NOAA, le projet s’est associé à la société Truii et au Natural Capital Impact Project pour développer un nouvel outil de soutien à la décision basé sur des sources de données multiples ;
  • Rationalisation des activités : pour rattraper les retards, les pays ont commencé à combiner plusieurs activités (par exemple, fusionner les analyses de menaces et les analyses coûts-bénéfices) en un seul événement ou contrat de consultance afin de réduire les coûts administratifs et logistiques ;
  • Plateforme de suivi en temps réel : le développement du portail Coral Huddle a permis aux partenaires nationaux de suivre l’avancement du projet et de partager des preuves de réussite en temps réel, facilitant une gestion plus transparente ;
  • Flexibilité linguistique et locale : l’utilisation du « buddy system » en Indonésie a aidé à surmonter les barrières linguistiques et à instaurer la confiance avec les communautés locales. Aux Îles Salomon, des agents provinciaux ont été mobilisés pour soutenir les activités dans les zones les plus reculées ;
  • Révision des plans de travail : en raison des retards initiaux, certains objectifs (notamment la composante 3 sur les solutions financières) ont été repoussés aux années suivantes ou adaptés pour se concentrer sur les priorités immédiates des pays.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet « Coral Reef Rescue » se distingue par une approche novatrice qui combine des avancées scientifiques de pointe avec des méthodes de gestion participative et technologique.

Innovations Scientifiques et Stratégiques

  • Identification des « Récifs Refuges » : l’innovation majeure du projet réside dans l’utilisation d’une analysis mondiale pour identifier les régions coralliennes ayant une faible exposition au stress thermique grâce à des conditions océanographiques locales (courants, remontées d’eau froide) ;
  • Application de la Théorie Moderne du Portefeuille : le projet a appliqué de manière inédite la théorie économique du portefeuille aux données écologiques pour sélectionner un réseau de sites (Unités Bioclimatiques) ayant les meilleures chances de survie à un réchauffement de 1,5 °C et une forte capacité à repeupler d’autres récifs via le transport de larves ;
  • Approche « Ridge to Reef » (De la crête au récif) : le projet évalue les pressions humaines sur les récifs en tenant compte de l’utilisation des terres en amont, comme l’agriculture durable ou l’élevage, pour réduire les sédiments et les polluants atteignant la mer.

Innovations Technologiques

  • Suivi en temps quasi réel : le projet déploie une plateforme mondiale utilisant l’intelligence artificielle, la détection spatiale et des outils de science citoyenne pour surveiller la couverture corallienne et les événements de blanchissement ;
  • Le « Coral Huddle » : il s’agit d’un portail de suivi et évaluation (M&E) en ligne, premier de son genre pour un projet WWF GEF, permettant à tous les partenaires nationaux de suivre en temps réel la progression des indicateurs et de partager des preuves de réussite ;
  • Outil de soutien à la décision adaptatif : suite à l’arrêt de certains programmes de données de la NOAA, le projet a pivoté pour développer un nouvel outil multisource avec des partenaires techniques comme Truii pour maintenir l’accès aux données satellitaires.

Bonnes Pratiques de Gestion et d’Exécution

  • Pôles Nationaux (National Hubs) : la création de plateformes de coordination multisectorielles (environnement, pêche, tourisme, finance) assure que la conservation des récifs est intégrée dans les stratégies d’économie bleue nationales ;
  • Intégration des connaissances traditionnelles : une pratique clé consiste à fusionner la science moderne avec le savoir ancestral des communautés locales pour élaborer des plans d’action nationaux plus acceptables et durables ;
  • Efficacité opérationnelle par le « regroupement » : pour pallier les retards administratifs, les pays ont adopté la pratique de combiner plusieurs activités (ex : analyses de menaces et analyses coûts-bénéfices) en un seul événement ou contrat de consultance pour réduire les coûts logistiques et la charge sur les parties prenantes ;
  • Le système de parrainage (« Buddy System ») : en Indonésie, l’utilisation d’un système de parrainage a été mise en œuvre pour soutenir les acteurs locaux vulnérables, favorisant la confiance et surmontant les barrières linguistiques.

Innovations Sociales et Éducatives

  • Utilisation massive des MOOC : le projet utilise des cours en ligne ouverts à tous (MOOC) pour démocratiser les connaissances scientifiques, atteignant des milliers d’apprenants dans plusieurs langues, dont le Bahasa Indonesia ;
  • Mainstreaming du genre : le projet intègre des experts en genre dès la conception des modules éducatifs et utilise des approches ciblées, comme l’invitation d’organisations de femmes spécifiques dans des secteurs souvent dominés par les hommes (ex : transformation du poisson en Tanzanie).