Programme cadre pour soutenir la mise à jour des SPANB et les 7èmes rapports nationaux

Le projet intitulé « Programme cadre pour soutenir la mise à jour des SPANB et les 7èmes rapports nationaux » (GEF ID 11281) est une initiative mondiale d’envergure mise en œuvre par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Il a pour objectif fondamental d’aider 70 pays à réviser leurs Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) afin de les aligner sur le nouveau Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Ce programme, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), soutient également ces nations dans la préparation et la soumission de leur 7ème Rapport National sur la biodiversité. À travers une assistance technique et financière accrue, le projet aspire à transformer les politiques nationales pour stopper et inverser la perte de biodiversité d’ici 2030.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

L’objectif principal de ce projet est de soutenir les pays dans la révision et la mise à jour de leurs Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) afin de les aligner sur le nouveau Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.

Cette initiative vise plus spécifiquement à :

  • Permettre une mise en œuvre efficace : de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et du Cadre mondial au niveau national ;
  • Appuyer les pays dans la préparation et la soumission de leur 7ème Rapport National : concernant la mise en œuvre de la CDB et du Cadre mondial de Kunming-Montréal ;
  • Favoriser la coopération et la coordination : entre les différents secteurs et parties prenantes (gouvernements, société civile, secteur privé, peuples autochtones et communautés locales) pour garantir leur participation effective.

L’ambition ultime du programme est d’aider les pays à prendre des mesures urgentes pour stopper et inverser la perte de biodiversité, plaçant ainsi la nature sur la voie du rétablissement pour contribuer à la Vision 2050 de « vivre en harmonie avec la nature » et aux Objectifs de développement durable.

Le projet intitulé « Programme cadre pour soutenir la mise à jour des SPANB et les 7èmes rapports nationaux » (identifié sous le numéro GEF ID 11281) est une initiative mondiale majeure financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF) et mise en œuvre par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE/UNEP).

1. Objectif global

La subvention a pour but d’aider les pays à réviser et mettre à jour leurs Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) afin de les aligner sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF). L’objectif ultime est de stopper et d’inverser la perte de biodiversité pour mettre la nature sur la voie de la guérison d’ici 2030.

2. Portée et financement

  • Pays bénéficiaires : le programme soutient 70 entités nationales à travers le monde, incluant de nombreux pays en Afrique, Asie, Europe de l’Est et dans le Pacifique ;
  • Budget : le financement total du FEM s’élève à environ 39,7 millions de dollars. Chaque pays participant reçoit une subvention directe de 450 000 dollars pour ses activités nationales.

3. Composantes du projet

Le projet s’articule autour de quatre axes principaux :

  • Composante 1 : Révision des SPANB. aligner les stratégies nationales sur les 23 cibles du KMGBF, intégrer les questions de genre et les priorités spatiales ;
  • Composante 2 : Achèvement du 7ème Rapport National. fournir un soutien direct pour évaluer les progrès accomplis par rapport aux cibles nationales et mondiales avant les échéances de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ;
  • Composante 3 : Plateforme mondiale de connaissances. un centre d’assistance technique numérique offrant des webinaires, des cours en ligne et un accès à des experts pour partager les meilleures pratiques ;
  • Composante 4 : Suivi et évaluation. garantir que le projet respecte les normes de qualité et de gestion des risques du FEM et du PNUE.

4. État d’avancement (au FY 2025)

Le projet est actuellement en phase de mise en œuvre active. Bien que des retards aient été signalés dans le déboursement des fonds en raison de processus administratifs nationaux, environ 10 % des pays soutenus ont déjà soumis des SPANB alignés sur le KMGBF, et la majorité des autres sont en phase de consultation ou de rédaction. Le projet devrait se terminer officiellement en novembre 2027.

Ce projet de soutien mondial, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF), est structuré autour de 4 composantes principales, chacune associée à des résultats et produits (outputs) spécifiques conformes au cadre de gestion du FEM.

Composante 1 : révision et mise à jour des Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB/NBSAP)

Cette composante vise à aligner les stratégies nationales sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF).

  • Produit 1.1.1 : élaboration et mise en œuvre d’un plan complet d’engagement des parties prenantes, favorisant une approche pan-gouvernementale et pan-sociétale ;
  • Produit 1.1.2 : réalisation d’une analyse nationale sur le genre et d’un plan d’action pour assurer l’intégration du genre dans les processus de consultation et la mise à jour des SPANB ;
  • Produit 1.1.3 : identification et hiérarchisation des lacunes et incohérences essentielles entre la SPANB existante et les exigences du KMGBF ;
  • Produit 1.1.4 : développement d’une section sur l’alignement des politiques et l’intégration de la biodiversité dans les secteurs clés ;
  • Produit 1.1.5 : évaluation des impacts environnementaux et sociaux potentiels et des risques liés à la mise en œuvre de la SPANB révisée ;
  • Produit 1.1.6 : définition des priorités spatiales (Cible 1) et élaboration d’un plan d’action spatialisé pour les cibles liées aux zones (Cibles 2, 3, 8, 9, 11 et 12) ;
  • Produit 1.1.7 : identification d’un plan d’action pour éliminer ou abandonner progressivement les subventions néfastes ;
  • Produit 1.1.8 : élaboration de plans de mobilisation des ressources pour tirer parti du nouveau Fonds mondial pour la biodiversité ;
  • Produit 1.1.9 : évaluation des lacunes en capacités et élaboration de stratégies de développement des capacités.

Composante 2 : achèvement du 7ème Rapport National (7RN)

Cette composante apporte un soutien direct pour évaluer les progrès nationaux par rapport aux cibles mondiales.

  • Produit 2.1.1 : aperçu du processus de préparation du rapport ;
  • Produit 2.1.2 : état des lieux de la SPANB mise à jour face au KMGBF ;
  • Produits 2.1.3 & 2.1.4 : évaluation des progrès vers les cibles nationales et vers les buts et cibles du KMGBF ;
  • Produit 2.1.5 : rédaction des conclusions sur la mise en œuvre de la Convention et du KMGBF ;
  • Produit 2.1.6 : renforcement des capacités pour l’utilisation des indicateurs de tête (headline indicators).

Composante 3 : plateforme mondiale de connaissances et d’assistance technique

Elle sert de centre de ressources numériques pour le partage d’expériences entre les 70 pays participants.

  • Produits 3.1.1 & 3.1.2 : offre de formations en ligne (e-learning) et de webinaires interactifs sur les meilleures pratiques ;
  • Produit 3.1.3 : création d’un catalogue mondial d’outils et de directives couvrant les 23 cibles du KMGBF ;
  • Produit 3.1.4 : fourniture de conseils techniques spécialisés par des experts mondiaux et échanges entre pairs ;
  • Produit 3.1.5 : sensibilisation mondiale à la valeur de la biodiversité et à l’importance des SPANB ;
  • Produit 3.1.6 : organisation d’ateliers de communication, de réunions annuelles et d’événements lors des sommets de la CDB ;
  • Produit 3.1.7 : publication de rapports phares sur des thèmes clés (genre, ambition des SPANB, gouvernance des données, commerce et biodiversité).

Composante 4 : suivi et Évaluation (S&E)

Cette composante garantit que le projet respecte les normes de qualité et d’impact du PNUE et du FEM.

  • Produit 4.1.1 : mise en œuvre du plan de suivi, incluant les ateliers de lancement, les rapports annuels de mise en œuvre (PIR) et le rapport d’achèvement opérationnel final.

Bénéficiaires

Les bénéficiaires de ce projet mondial sont principalement 70 pays éligibles au financement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF), ainsi qu’une multitude de parties prenantes au sein de ces nations.

Voici les détails des bénéficiaires identifiés dans les sources :

1. Pays bénéficiaires (70 entités nationales)

Le programme soutient directement 70 pays répartis à travers le monde pour la mise à jour de leurs stratégies nationales et la rédaction de leurs rapports. La liste complète inclut :

  • Afrique : Afrique du Sud, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie, Zimbabwe ;
  • Asie et Pacifique : Bangladesh, Fidji, Îles Cook, Îles Marshall, Kiribati, Micronésie, Nauru, Niue, Palaos, Salomon, Tonga, Tuvalu, Vanuatu ;
  • Europe de l’Est et Asie centrale : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie ;
  • Moyen-Orient et Amérique latine : Qatar, Nicaragua.

Chaque pays reçoit une subvention de 450 000 dollars pour ses activités nationales.

2. Groupes de parties prenantes

Au-delà des gouvernements nationaux, le projet vise à inclure et faire bénéficier divers groupes de la société pour assurer une approche pangouvernementale et pansociétale :

  • Organismes gouvernementaux : ministères des finances, de l’environnement, de l’agriculture, des forêts et de la pêche ;
  • Société civile et communautés : organisations non gouvernementales (ONG), peuples autochtones et communautés locales (PACL) ;
  • Groupes spécifiques : représentants des jeunes, groupements de femmes et experts en questions de genre ;
  • Secteurs techniques : institutions de recherche, universités et secteur privé.

3. Impact humain estimé

Le projet a défini des indicateurs de base pour mesurer le nombre de personnes bénéficiant des investissements financés par le FEM. L’objectif total est de 138 000 bénéficiaires directs, répartis équitablement entre 69 000 hommes et 69 000 femmes.

Indicateurs environnementaux

Les indicateurs environnementaux de ce projet sont étroitement liés au Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF) et aux exigences de rapportage de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Le projet ne se contente pas de suivre sa propre exécution, mais renforce la capacité des pays à utiliser des indicateurs scientifiques pour mesurer l’état de la nature.

1. Indicateurs de tête (Headline Indicators)

Le projet met un accent majeur sur l’utilisation des indicateurs de tête adoptés lors de la COP15 pour le KMGBF.

  • Renforcement des capacités : une activité spécifique (Produit 2.1.6) vise à renforcer les capacités nationales pour utiliser ces indicateurs de tête et d’autres indicateurs afin de mesurer les progrès vers les cibles nationales et mondiales ;
  • Suivi du 7ème Rapport National : ces indicateurs servent de base technique pour évaluer les progrès dans le 7ème Rapport National, permettant une comparaison harmonisée au niveau mondial.

2. Indicateurs liés aux cibles thématiques du KMGBF

Le programme aide les pays à intégrer des indicateurs spécifiques pour les 23 cibles du cadre mondial. Certains domaines bénéficient d’un soutien technique accru :

  • Écosystèmes marins et côtiers : le projet cible explicitement les indicateurs pour les cibles 1, 2, 3, 8, 9 et 20 liées à la biodiversité marine, souvent négligées dans les stratégies précédentes ;
  • Priorités spatiales (Cible 1) : un indicateur clé de succès est le développement de plans d’action spatialisés utilisant des données quantitatives et géospatiales pour réduire à zéro la perte de biodiversité dans les zones de haute importance écologique ;
  • Subventions néfastes (Cible 18) : le projet prévoit des indicateurs pour mesurer l’identification et l’élimination ou la suppression progressive des subventions et incitations néfastes pour la biodiversité ;
  • Systèmes agroalimentaires : des indicateurs partagés sont promus pour mesurer les co-bénéfices entre l’alimentation, la biodiversité et le climat.

3. Indicateurs de base du FEM (GEF Core Indicators)

En tant que projet financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial, il utilise des indicateurs standardisés pour mesurer son impact global :

  • Bénéficiaires : l’indicateur de base 11 mesure le nombre de personnes bénéficiant des investissements du FEM. La cible est de 138 000 bénéficiaires directs (69 000 hommes et 69 000 femmes).

4. Indicateurs de performance du projet

Le succès environnemental est également mesuré par l’atteinte des résultats suivants :

  • Nombre de SPANB alignées : l’objectif est que 70 pays disposent de stratégies nationales pleinement alignées sur le KMGBF d’ici la fin du projet ;
  • Soumission des rapports nationaux : suivi de la soumission des 7èmes Rapports Nationaux par les 70 pays participants avant les échéances de la Convention.

Enfin, le projet soutient l’intégration des interconnexions biodiversité-santé-climat-pollution dans les plans nationaux, conformément au Plan d’action mondial sur la biodiversité et la santé.

Indicateurs socio-économiques

Les indicateurs socio-économiques de ce projet visent à mesurer l’inclusion des populations, l’égalité des genres et les impacts sociaux de la mise à jour des stratégies nationales pour la biodiversité.

Voici les principaux indicateurs et approches :

1. Indicateur de base du FEM (Core Indicator 11)

C’est l’indicateur quantitatif majeur pour mesurer l’impact humain direct du financement :

  • Nombre de bénéficiaires directs : l’objectif total est de 138 000 personnes bénéficiant des investissements financés par le FEM ;
  • Désagrégation par sexe : ce chiffre est réparti équitablement avec une cible de 69 000 hommes et 69 000 femmes.

2. Intégration du genre et de l’équité

Le projet utilise plusieurs indicateurs qualitatifs et de processus pour garantir l’égalité des chances :

  • Analyse nationale du genre : chaque pays doit réaliser une analyse et un plan d’action pour s’assurer que les questions de genre sont intégrées dans les processus de consultation et dans la rédaction finale de la SPANB ;
  • Parité au niveau de la gestion : l’équipe de coordination mondiale du projet au PNUE a déjà atteint la parité hommes-femmes ;
  • Participation aux formations : suivi du nombre de participants aux webinaires thématiques (ex : 124 participants pour le webinaire sur le genre et la biodiversité).

3. Évaluation des impacts et arbitrages socio-économiques

Dans le cadre de la révision des SPANB (Composante 1), les pays sont encouragés à inclure :

  • Évaluation des arbitrages (trade-offs) : analyse des impacts socio-économiques potentiels liés à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie afin d’éviter et de gérer les risques futurs ;
  • Sécurité et moyens de subsistance : le cadre mondial (KMGBF) vise à renforcer la sécurité alimentaire, garantir les moyens de subsistance et améliorer la sécurité hydrique.

4. Inclusion des parties prenantes et groupes vulnérables

Le succès socio-économique est également mesuré par le niveau d’engagement de groupes spécifiques :

  • Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL) : suivi de leur participation afin de garantir que leurs droits et connaissances sont respectés ;
  • Jeunes et société civile : mesure de l’implication active de ces groupes dans l’approche « pangouvernementale et pansociétale » prônée par le KMGBF.

5. Alignement sur les Objectifs de Développement Durable (ODD)

Le projet suit sa contribution directe à plusieurs ODD socio-économiques, notamment :

  • ODD 5 : Égalité entre les sexes ;
  • ODD 16 : Institutions efficaces et inclusives (participation à la prise de décision à tous les niveaux) ;
  • ODD 17 : Partenariats mondiaux et renforcement des capacités.

Enfin, une attention particulière est portée à la Cible 15 du KMGBF, qui incite les entreprises et institutions financières à divulguer leurs risques et impacts sur la biodiversité, intégrant ainsi le secteur privé dans le suivi socio-économique national.

Facteurs de succès

Les documents du projet identifient plusieurs facteurs de succès et stratégies clés pour garantir que la mise à jour des SPANB et la préparation des rapports nationaux soient efficaces et transformatrices.

1. Engagement inclusif des parties prenantes

Le projet repose sur une approche « pangouvernementale et pansociétale ». Le succès dépend de la participation effective de divers acteurs, notamment :

  • Les peuples autochtones et communautés locales (PACL), pour intégrer leurs connaissances traditionnelles et respecter leurs droits ;
  • Les groupes de femmes et experts en genre, pour garantir que les stratégies soient sensibles au genre, conformément aux cibles 22 et 23 du KMGBF ;
  • Le secteur privé et financier, afin d’aligner les flux financiers sur les objectifs de biodiversité et d’inciter les entreprises à divulguer leurs impacts ;
  • La société civile, les jeunes et le monde universitaire.

2. Assistance technique spécialisée et de haut niveau

Le PNUE mobilise une expertise technique accrue pour aide les pays à surmonter les lacunes thématiques identifiées. Cela inclut :

  • L’utilisation de Centres de soutien à la coopération technique et scientifique de la CDB pour fournir des conseils régionaux spécialisés ;
  • Le recours à des experts internes sur des thèmes complexes comme la biodiversité marine et côtière, l’approche « Une seule santé » (One Health) et les systèmes agroalimentaires ;
  • Le renforcement des capacités pour l’utilisation d’outils de planification spatiale et de données quantitatives afin d’atteindre la Cible 1 du cadre mondial.

3. Coordination et synergies entre les initiatives

Pour maximiser l’efficacité des ressources, le projet mise sur une coordination étroite à trois niveaux (mondial, national et opérationnel). Un facteur de succès majeur est la synergie avec les projets précédents, notamment le programme « Early Action Support » (EAS), afin de bâtir sur les résultats déjà obtenus et d’éviter les duplications d’efforts.

4. Modalités opérationnelles et financières proactives

  • Gestion financière accélérée : pour pallier les retards administratifs, le PNUE veille à ce que les pays reçoivent la majorité de leurs fonds dès le lancement national du projet pour accélérer la mise en œuvre ;
  • Gouvernance éprouvée : le projet utilise un comité de pilotage mondial dont les modalités de fonctionnement ont été testées avec succès lors de programmes cadres antérieurs.

5. Plateforme de connaissances et partage entre pairs

L’utilisation de plateformes comme le Forum SPANB (NBSAP Forum) permet un échange constant de meilleures pratiques et favorise la coopération Sud-Sud. L’organisation de dialogues régionaux et de webinaires thématiques (ex : sur la finance ou le genre) permet aux pays d’apprendre des expériences de leurs pairs.

6. Volonté politique et intégration politique

Le succès dépend de l’engagement au plus haut niveau de l’État pour intégrer la biodiversité dans les cadres politiques nationaux plus larges, comme les stratégies de développement socio-économique. L’exemple du mécanisme de coordination nationale du Kenya est cité comme une innovation de gouvernance permettant de briser les silos sectoriels.

Défis et adaptations

Le projet GEF ID 11281 a rencontré plusieurs obstacles opérationnels et techniques durant sa phase initiale, menant à une note de progrès de mise en œuvre jugée « modérément insatisfaisante » pour l’exercice 2025.

Voici les principaux défis et les adaptations mises en place pour y remédier :

1. Défis de mise en œuvre initiale

  • Retards administratifs et financiers : des délais importants ont été observés dans la finalisation et la transmission des accords de financement nationaux, indispensables au déboursement des fonds ;
  • Chevauchement de priorités : de nombreux pays ont priorisé l’achèvement des activités du projet précédent (Early Action Support – EAS) avant de lancer les nouvelles activités du GEF-8 ;
  • Calendrier international saturé : la densité des réunions mondiales au dernier trimestre 2024 a réduit le taux de réponse des pays et retardé le démarrage effectif des projets au niveau national ;
  • Complexité technique des cibles : l’intégration des nouvelles cibles ambitieuses du KMGBF, notamment sur la biodiversité marine et côtière, s’est avérée particulièrement difficile pour les Petits États Insulaires en Développement (PEID) et les pays les moins avancés ;
  • Retards dans les rapports : au moment du rapport de 2025, aucun des pays soutenus n’avait encore soumis son 7ème Rapport National, bien que certains comme l’Ouganda soient en phase finale de validation.

2. Adaptations et mesures correctives

  • Gestion financière proactive : pour accélérer la mise en œuvre, le PNUE a adopté une modalité permettant aux pays de recevoir la majorité de leurs fonds dès le lancement du projet national ;
  • Renforcement de l’assistance technique : un consultant spécialisé en gestion des connaissances a été recruté pour mieux coordonner l’assistance technique et l’organisation des ressources pour les partenaires nationaux ;
  • Mobilisation d’expertise régionale : le projet s’appuie désormais davantage sur les Centres de soutien à la coopération technique et scientifique de la CDB et sur l’expertise interne du PNUE (ex : One Health, systèmes agroalimentaires) pour combler les lacunes thématiques ;
  • Ajustement des produits du projet : lors d’une réunion de planification conjointe en août 2024, il a été décidé de réviser les intitulés des produits (outputs) des quatre composantes pour mieux les aligner sur les processus mondiaux et les besoins réels des pays ;
  • Suivi étroit : le PNUE maintient une correspondance constante avec les autorités nationales pour faciliter la levée des goulots d’étranglement administratifs.

3. Défis liés aux sauvegardes sociales

  • Inclusion des populations locales : une plainte a été déposée par un groupe de Peuples Autochtones et de Communautés Locales (PACL) en République du Congo, signalant un manque de consultation dans le processus de mise à jour de la SPANB nationale ;
  • Adaptation : l’équipe du projet assure un suivi actif auprès du ministre concerné et du Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des peuples autochtones pour garantir que les processus de consultation respectent les normes de sauvegarde.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet GEF ID 11281 intègre plusieurs innovations et bonnes pratiques visant à transformer la gestion de la biodiversité à l’échelle nationale et mondiale.

Voici les éléments clés identifiés :

1. Innovations institutionnelles et de gouvernance

  • Approche « Pangouvernementale et Pansociétale » : le projet encourage une rupture avec le travail en silos. L’exemple phare est le mécanisme de coordination nationale de la biodiversité (NBCM) au Kenya, cité comme une innovation institutionnelle majeure permettant d’aligner les objectifs nationaux sur le cadre mondial tout en incluant la société civile et le secteur privé ;
  • Intégration politique de haut niveau : l’intégration de la biodiversité dans des cadres stratégiques nationaux, comme la stratégie de développement socio-économique 2027-2030 de l’Azerbaïdjan, démontre une bonne pratique pour placer la nature au cœur des décisions économiques.

2. Innovations techniques et méthodologiques

  • Planification spatiale avancée (Cible 1) : le projet introduit l’utilisation systématique de données géospatiales et quantitatives pour réduire à zéro la perte de zones de haute importance écologique, une approche beaucoup plus sophistiquée que dans les cycles précédents ;
  • Suivi et indicateurs de tête : l’accent est mis sur l’utilisation des indicateurs de tête (headline indicators) pour harmoniser le rapportage mondial et permettre une mesure scientifique et comparable des progrès ;
  • Surveillance citoyenne : encouragement des approches innovantes comme la science citoyenne et les nouvelles technologies pour le suivi et le rapportage.

3. Gestion des connaissances et coopération

  • Plateforme mondiale et Forum SPANB : le projet utilise des centres de ressources numériques et des dialogues régionaux pour favoriser l’échange de pair à pair et la coopération Sud-Sud ;
  • Catalogue mondial des bonnes pratiques : création d’un catalogue recensant les outils et les leçons apprises sur les 23 cibles du KMGBF, incluant des formats innovants comme des podcasts et des publications techniques ;
  • Assistance technique à la demande : un soutien technique spécialisé est fourni aux pays sur une base volontaire, incluant la révision technique des stratégies nationales par des experts mondiaux.

4. Bonnes pratiques en matière d’équité

  • Intégration du genre par l’exemple : au-delà des analyses nationales obligatoires, l’équipe de coordination mondiale du PNUE a elle-même atteint la parité hommes-femmes, appliquant ainsi la bonne pratique au niveau interne ;
  • Inclusion dès le départ : l’exigence d’inclure les peuples autochtones et les communautés locales dès le début du processus de consultation pour garantir le respect de leurs droits et de leurs connaissances traditionnelles.

5. Synergies sectorielles innovantes

  • Approche « Une seule santé » (One Health) : le projet soutient explicitement l’intégration des liens entre biodiversité, santé et climat dans les politiques nationales, répondant ainsi aux défis environnementaux mondiaux de manière holistique ;
  • Co-bénéfices agroalimentaires : promotion de la cohérence entre les agendas de la biodiversité et des systèmes alimentaires pour générer des bénéfices partagés.