A propos du FEM

Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) constitue, depuis le début des années 1990, l’un des principaux mécanismes multilatéraux de financement des traités environnementaux mondiaux. Crée initialement comme un mécanisme pilote, le FEM se positionne actuellement comme l’instrument financier clé des conventions environnementales internationales, tout en faisant évoluer ses modalités d’intervention pour répondre à la complexité croissante des défis environnementaux.

L’expérience du FEM à Madagascar révèle une trajectoire cohérente : construction institutionnelle, investissement ciblé, puis intégration systémique. La phase actuelle marque une étape charnière où la diversité thématique, la pluralité des agences et la multifocalité des projets convergent vers un objectif central : maximiser les bénéfices environnementaux mondiaux tout en renforçant la résilience et le développement durable du pays.

Évolution du FEM : de l’appui habilitant à la transformation systémique

À ses débuts, le FEM a principalement financé des activités habilitantes (« enabling activities »), permettant aux pays de ratifier et de mettre en œuvre les conventions internationales, notamment à travers les rapports nationaux, les études de référence et les mécanismes institutionnels (CBD, UNFCCC, UNCCD, Stockholm, Minamata, BBNJ)). Cette phase a permis de bâtir les fondations techniques et institutionnelles de la gouvernance environnementale nationale.
À partir des cycles intermédiaires (FEM-3 à FEM-5), le FEM a progressivement déplacé son centre de gravité vers des projets d’investissement, combinant protection de la biodiversité, gestion durable des terres et des eaux, et réduction des pollutions. Cette période marque également l’essor des programmes régionaux, notamment dans l’océan Indien, et l’institutionnalisation du Small Grants Programme (SGP) comme outil d’ancrage communautaire.
Un tournant majeur s’opère à partir du FEM-6, avec l’introduction des approches intégrées ciblant les moteurs systémiques de la dégradation environnementale (paysages productifs, villes, chaînes de valeur, pollutions). FEM-7 (2018–2022) généralise les programmes d’impacts (« impact programs »), avec un accent sur les paysages, les villes durables, les océans et les pollutions émergentes (plastiques). FEM-8 (2022–2026) renforce l’architecture intégrée (« integrated programs »), tout en réaffirmant son rôle central de soutien à la mise en œuvre des conventions, en particulier sur la biodiversité, la pollution chimique, la restauration des écosystèmes et la transition énergétique urbaine.

2022 à 2026

GEF 8 (en cours)

Notre stratégie repose sur 5 axes d’intervention prioritaires visant à répondre aux enjeux environnementaux mondiaux. Nous accompagnons le déploiement opérationnel du Global Biodiversity Framework, renforçons les capacités de résilience climatique et pilotons la restauration des écosystèmes terrestres. Parallèlement, nos actions ciblent la préservation des eaux internationales et la gestion durable des substances chimiques afin de réduire l’empreinte toxique sur l’environnement

2018 à 2022

GEF 7

Le cycle GEF-7 a marqué une étape décisive par l’intégration de solutions systémiques et transversales. Cette période a été consacrée au déploiement des solutions fondées sur la nature pour la biodiversité et à l’ancrage de la durabilité au cœur des systèmes urbains et alimentaires. À travers la restauration des paysages (FLR) et la protection des écosystèmes côtiers, le GEF-7 a consolidé la résilience des territoires tout en amorçant la transition vers une économie circulaire pour réduire les déchets chimiques.

2014 à 2018

GEF 6

Durant le cycle GEF-6, l’action s’est concentrée sur la préservation directe des actifs naturels et la stabilisation des systèmes environnementaux. Les priorités étaient alors axées sur la protection des espèces menacées et de leurs habitats critiques, tout en jetant les bases des stratégies de réduction des émissions et d’adaptation climatique. Ce cycle a également initié les grands programmes de restauration des paysages et de gestion durable des ressources en eau douce, complétés par une lutte sectorielle contre les polluants chimiques et les déchets.

2010 à 2014

GEF 5

Le cycle GEF-5 a marqué une étape fondamentale dans la consolidation des réseaux de conservation mondiaux. La stratégie a privilégié l’expansion massive des aires protégées et le renforcement des mesures de mitigation et de résilience climatique. Ce cycle a également vu l’institutionnalisation de la gestion durable des forêts (SFM) en tant que composante officielle, tout en amorçant les premières approches intégrées pour lier durablement l’agriculture en zones arides à la préservation des écosystèmes côtiers et marins.

Le FEM à Madagascar

Trajectoire historique et structuration du portefeuille
Madagascar a bénéficié d’un portefeuille continu et croissant, couvrant l’ensemble des cycles depuis la phase pilote. Sur plus de 125 projets recensés, on note une intensification récente :
• FEM-8 et FEM-7 concentrent chacun 26 projets,
• FEM-5 (25 projets) et FEM-6 (18 projets) marquent la phase de diversification thématique,
• les premiers cycles (pilote à FEM-2) sont dominés par des projets habilitants.

Catégories des projets Madagascar

Trois grandes catégories structurent historiquement l’intervention du FEM à Madagascar :

  1. Activités habilitantes et obligations de reporting, dominantes dans les premiers cycles et toujours présentes en FEM-8 (rapports CBD, UNCCD, transparence climat).
  2. Projets d’investissement nationaux et régionaux, centrés sur la biodiversité, les paysages, les pêches, la pollution et l’énergie.
  3. Petits projets communautaires (SGP), déployés de manière continue (OP4 à OP8), assurant une appropriation locale des objectifs globaux.

Thématiques : hiérarchisation et tendances

En termes de nombre de projets, la biodiversité demeure la thématique dominante (environ 40 projets), confirmant la vocation historique de Madagascar comme pays prioritaire pour la conservation. Viennent ensuite les changements climatiques (≈20 projets) ; les produits chimiques et déchets (≈15 projets) ; les projets multi-focaux combinant biodiversité, climat et dégradation des terres (≈13 projets) ; et les eaux internationales (≈11 projets).
Cette distribution traduit une évolution claire : d’une focalisation initiale sur la biodiversité vers une approche intégrée associant conservation, résilience climatique, pollution et développement urbain durable.

Diversification et lecture stratégique

L’historique des agences montre une diversification progressive : d’une seule agence à la phase pilote à neuf agences. Pour les projets nationaux, le portefeuille cumulé de la phase pilote au FEM-8 illustre l’aboutissement de cette trajectoire : diversification maximale des agences d’exécution, forte proportion de projets intégrés et multi-focaux, couverture équilibrée entre biodiversité, pollution, restauration, villes durables, mobilité et zones humides. Il marque ainsi le passage définitif d’une logique de projets sectoriels à une approche de transformation systémique, alignée sur les priorités nationales et les engagements internationaux.
Les cycles récents voient l’entrée ou le renforcement d’acteurs spécialisés (ONUDI, UICN, WWF-US, Conservation International), une couverture équilibrée des domaines focaux (biodiversité, pollution, villes, restauration, mobilité, zones humides), et une forte proportion de projets à caractère intégré et multi-focal. Cette configuration traduit un passage d’une logique de projets sectoriels à une stratégie de transformation systémique, alignée à la fois sur les priorités nationales et sur les agendas globaux des conventions environnementales.

Le Fonds pour l’environnement mondial dispose d’une structure de gouvernance distinctive articulée autour de l’Assemblée, du Conseil, du Secrétariat, de 18 agences partenaires, d’un Groupe consultatif pour les sciences et les techniques, et du Bureau de l’évaluation. Le FEM constitue un mécanisme financier pour plusieurs conventions environnementales internationales.

Pour en savoir davantage, consultez la publication « Le FEM en bref » ou explorez les sections détaillées ci-dessous.

L’Assemblée

L’Assemblée du FEM regroupe l’ensemble des 186 pays membres, appelés participants. Elle se réunit tous les trois à quatre ans au niveau ministériel pour examiner les orientations générales, évaluer le fonctionnement du FEM à partir des rapports soumis au Conseil, réviser la composition de l’institution, et approuver par consensus les modifications apportées à l’Instrument portant création du Fonds pour l’environnement mondial restructuré, sur recommandation du Conseil.

Le Conseil

Le Conseil représente l’organe directeur principal du FEM. Il comprend 32 membres désignés par des groupes de pays membres (14 représentants de pays développés, 16 de pays en développement, et 2 d’économies en transition). Les membres du Conseil sont renouvelés selon des intervalles variables déterminés par chaque groupe. Le Conseil se réunit deux fois par an pour élaborer, adopter et évaluer les politiques opérationnelles et les programmes des activités financées par le FEM. Il examine et approuve également le programme de travail, prenant ses décisions par consensus.

Les Conventions

Le FEM finance l’assistance aux pays en développement pour atteindre les objectifs des conventions environnementales internationales. Il sert de mécanisme financier à six conventions : la Convention sur la diversité biologique, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, la Convention de Minamata sur le mercure, et l’Accord sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales.

Ces conventions fournissent des orientations stratégiques générales au FEM. Le Conseil du FEM transforme ensuite ces orientations en critères opérationnels pour les projets financés.

Le Groupe consultatif pour les sciences et les techniques

Ce groupe fournit au FEM des conseils scientifiques et techniques sur les politiques, stratégies opérationnelles, programmes et projets. Il se compose de six membres, experts internationalement reconnus dans les domaines d’intervention clés du FEM, appuyés par un réseau mondial de spécialistes et d’institutions. Le groupe collabore également avec d’autres organes scientifiques et techniques pertinents, notamment les organes subsidiaires des conventions internationales. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement, qui héberge le secrétariat du groupe, assure la liaison avec le FEM.

Le Dépositaire

La Banque mondiale agit comme dépositaire du FEM, administrant le Fonds fiduciaire du FEM (contributions des donateurs). Ses responsabilités incluent la mobilisation des ressources pour le Fonds fiduciaire, le décaissement des fonds aux agences du FEM, la préparation de rapports financiers sur les investissements et l’utilisation des ressources, ainsi que le suivi de l’application des budgets et des fonds de projets.

Le Bureau indépendant de l’évaluation

Le Bureau indépendant de l’évaluation rend compte directement au Conseil. Il est dirigé par un directeur nommé par le Conseil, qui coordonne une équipe d’évaluateurs spécialisés. Il collabore avec le Secrétariat et les agences du FEM pour partager les enseignements tirés et les meilleures pratiques. Le Bureau réalise des évaluations indépendantes de l’impact et de l’efficacité du FEM, portant généralement sur les domaines d’intervention, les questions institutionnelles ou les thèmes transversaux.

Le Secrétariat

Le Secrétariat coordonne la mise en œuvre globale des activités du FEM. Il est dirigé par un Directeur général-Président nommé par le Conseil pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Le Secrétariat met en œuvre les décisions de l’Assemblée et du Conseil. Parmi ses responsabilités figurent la coordination et la supervision des programmes, l’assurance de la mise en œuvre des politiques en consultation avec les agences du FEM, la présidence des réunions interagences pour garantir une collaboration efficace, et la coordination avec les secrétariats des Conventions.

Les Agences

Les agences du FEM constituent le bras opérationnel de l’institution. Elles travaillent en étroite collaboration avec les porteurs de projets – agences gouvernementales, organisations de la société civile et autres parties prenantes – pour concevoir, développer et mettre en œuvre les projets et programmes financés par le FEM.

Les Pays participants

L’Instrument fait référence aux pays membres du FEM comme participants, incluant à la fois les donateurs et les pays bénéficiaires.

Les Points focaux

Chaque pays membre du FEM a désigné des responsables gouvernementaux chargés des activités du FEM, qui servent de liaison avec le Secrétariat et les agences.

Il existe deux types de points focaux : politiques et opérationnels. Tous les pays membres disposent de points focaux politiques, tandis que seuls les pays bénéficiaires éligibles au soutien du FEM ont des points focaux opérationnels.

Les points focaux politiques se concentrent principalement sur la gouvernance, notamment les politiques et décisions, ainsi que les relations entre pays membres au sein de leurs groupes. Ils suivent habituellement les discussions du Conseil et représentent leurs pays à l’Assemblée.

Les points focaux opérationnels sont responsables des opérations des activités du FEM dans leurs pays. Cela comprend l’examen et l’approbation des propositions de projets pour garantir leur alignement avec les priorités et stratégies nationales.

Le Commissaire à la résolution des conflits

Le Commissaire travaille directement avec les pays membres, les agences du FEM et les parties prenantes concernées pour aider à résoudre les différends et traiter les plaintes et autres questions relatives aux opérations du FEM. Par l’intermédiaire du Commissaire, le Directeur général vise à élargir les retours d’information et à répondre plus rapidement aux problèmes et préoccupations pouvant survenir dans les projets financés par le FEM. Le Commissaire rend compte directement au Directeur général.