Les projets du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) à Madagascar se concentrent sur la conciliation de la conservation de la biodiversité avec le développement local, notamment via la gestion durable des paysages, la restauration écosystémique et la promotion des énergies renouvelables. Les leçons clés incluent l’importance de l’approche communautaire, la pérennisation financière et l’intégration des chaînes de valeur :
Bonnes pratiques identifiées
- Intégration des savoirs traditionnels : L’utilisation des connaissances écologiques traditionnelles (TEK) est devenue un outil puissant pour les stratégies d’adaptation et d’atténuation climatique au niveau local.
- Approches paysagères intégrées : Le passage de projets isolés à une gestion intégrée des paysages (terrestres et marins) permet de briser les silos institutionnels et de générer des bénéfices multiples pour la biodiversité et les moyens de subsistance. Impliquer les communautés locales et les collectivités dans la gestion des ressources naturelles (ex. : 122 aires protégées) est essentiel pour la durabilité, comme mentionné dans ce document du FaoLex.
- Valorisation économique (bioéconomie) : Promouvoir plus de 20 chaînes de valeur (produits forestiers, tourisme) génère des emplois verts et soutient les moyens de subsistance, assurant l’adhésion des populations locales. La promotion de filières comme le miel, le raphia et la soie sauvage de mangrove offre des alternatives économiques concrètes à l’exploitation destructrice des ressources.
- Gestion durable des paysages : Allier la conservation à la restauration des écosystèmes côtiers et terrestres pour la résilience climatique (ex. : projet dans le Mangoky).
- Gouvernance inclusive : La mise en place de conventions de gouvernance communautaire garantit que la voix des populations locales est respectée dans les décisions de conservation. L’implication directe des communautés dans la gestion des ressources naturelles (approche communautaire) est cruciale pour garantir l’appropriation des projets.

Les solutions de reboisement et d’adaptation les plus durables sont celles menées par les communautés, telles que la création de forêts de mangroves gérées localement.
- Financement durable : Renforcer le rôle de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) pour assurer le financement pérenne des projets.
- Nécessité d’un suivi rigoureux : Disposer d’un système d’information et de monitoring fiable est crucial pour la gouvernance.
- Gérer les risques climatiques : Les projets doivent intégrer des mesures d’adaptation aux catastrophes (feux, cyclones, inondations) dès leur conception.
- Transition énergétique urbaine : Le succès de projets comme « Ville Durable » à Antananarivo et Toamasina dépend de l’adoption rapide de la mobilité électrique.
Ces projets soutiennent également l’alignement de Madagascar sur les outils juridiques internationaux, comme le cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal.
- Renforcement des capacités juridiques : Il est nécessaire de pallier les capacités institutionnelles limitées pour la gestion de l’informel et la mobilisation des ressources. La formation des magistrats aux flux financiers illicites est cruciale pour garantir l’application rigoureuse des lois contre le trafic d’espèces endémiques.
- Lutte contre la culture sur brûlis : L’agroécologie et l’intensification durable de la culture (notamment du riz) sont indispensables pour réduire la dépendance au « tavy » (culture sur brûlis) et restaurer la productivité des terres dégradées.
- Importance du financement pérenne : La dépendance aux subventions extérieures reste un défi ; l’obtention d’accréditations directes (comme au Fonds Vert pour le Climat) et la promotion de financements innovants sont prioritaires pour assurer la continuité des actions. Le recours à des mécanismes comme la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), qui a vu sa capitalisation atteindre 157 millions de dollars en 2025, est une pratique exemplaire pour assurer le financement à long terme des sites de conservation.
- Approche multisectorielle : Intégrer la conservation de la biodiversité à l’amélioration des moyens de subsistance (ex. : promotion des filières miel ou soie sauvage) permet de réduire la pression sur les ressources naturelles tout en luttant contre la pauvreté.
- Gestion adaptative : L’ajustement régulier des plans d’action en fonction des défis de mise en œuvre (retards, contraintes procédurales) est identifié comme un facteur de succès majeur.
Leçons apprises
- Durabilité institutionnelle et financière : Sans mécanismes de financement autonomes (comme des systèmes de taxation ou des fonds fiduciaires), les résultats des projets risquent de s’estomper après le retrait des bailleurs.
- Incitations pour le personnel : Il est nécessaire de budgétiser du temps et des ressources spécifiques pour l’apprentissage et le partage d’expériences afin que les leçons ne soient pas perdues entre les cycles de projet.
- Collaboration interministérielle : Le manque de coordination entre les ministères et les agences d’exécution reste un défi ; la création de comités environnementaux permanents est recommandée pour une meilleure synergie.
- Complexité des partenariats : Établir des partenariats solides avec les communautés locales demande beaucoup plus de temps et d’efforts de médiation que ce qui est initialement prévu dans les cadres de projet.
