Adaptation de la gestion des zones côtières au changement climatique à Madagascar, en tenant compte des écosystèmes et des moyens de subsistance (PAZC)

Le projet, officiellement intitulé « Adaptation de la gestion des zones côtières au changement climatique à Madagascar, en tenant compte des écosystèmes et des moyens de subsistance », est une initiative de grande envergure (Full-sized Project) financée par le GEF à hauteur de 5 337 500 USD. Lancé officiellement le 10 novembre 2014, il se concentre sur les zones littorales vulnérables de la Grande Île.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Projet d’Adaptation des Zones Côtières (PAZC)

Le projet, officiellement intitulé « Adaptation de la gestion des zones côtières au changement climatique à Madagascar, en tenant compte des écosystèmes et des moyens de subsistance », est une initiative de grande envergure (Full-sized Project) financée par le GEF à hauteur de 5 337 500 USD. Lancé officiellement le 10 novembre 2014, il se concentre sur les zones littorales vulnérables de la Grande Île.

L’objectif principal était de réduire la vulnérabilité des zones côtières Malagasy face à la variabilité climatique (montée du niveau de la mer, cyclones plus intenses, inondations). Le projet s’est articulé autour de trois piliers :

  • Renforcement institutionnel : Améliorer les capacités techniques et scientifiques pour planifier l’adaptation
  • Interventions concrètes : Mettre en œuvre des mesures d’adaptation physiques (ex: restauration de mangroves, protection des sols).
  • Politique et planification : Intégrer les enjeux climatiques dans les politiques de gestion des zones côtières.

Le projet utilise une approche d’Adaptation basée sur les Écosystèmes (EbA) pour accroître la résilience des populations. Au moment du rapport (2019), le projet était jugé « Satisfaisant » par la Revue à Mi-Parcours (MTR). Il combine la restauration de la nature (mangroves, forêts), la construction d’infrastructures de protection (murs de mer) et le développement de moyens de subsistance alternatifs pour diminuer la dépendance des communautés vis-à-vis des ressources naturelles fragiles.

Composants et activités clés

Le projet est structuré autour de trois composantes (outcomes) :

  • Composante 1 : Capacités institutionnelles. Création et formation de comités régionaux de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC)
  • Composante 2 : Technologies d’adaptation. * Restauration de 120 ha de mangroves dans le Menabe et 153 ha dans le Boeny.
    • Reboisement de 21 000 plants de filaos pour stabiliser le littoral à Mananjary.
    • Études pour la réhabilitation de murs de mer à Manakara et Toamasina.
  • Composante 3 : Intégration politique. Révision de la stratégie nationale GIZC et des plans de développement régionaux pour y inclure l’adaptation climatique.

Bénéficiaires

Communautés locales : Agriculteurs et pêcheurs des quatre régions cibles.

Gouvernement : Cadres du Ministère de l’Environnement et des administrations régionales.

Société civile : ONG locales impliquées dans le reboisement et la sensibilisation.

 

Indicateurs environnementaux

Le projet mesure son impact écologique via :

  • Le changement de la couverture végétale;
  • Le taux de survie des mangroves restaurées (jugé « très bon » par la MTR);
  • La stabilisation du trait de côte par la revégétalisation.

Indicateurs socio-économiques

Indicateurs de Résilience Socio-Économique

Le succès du projet ne se mesure pas seulement par la santé des écosystèmes, mais aussi par la capacité des populations locales à s’adapter et à prospérer face aux défis climatiques. Voici les principaux indicateurs suivis :

🔹 Réduction de la Vulnérabilité

L’objectif central est d’abaisser l’Indice de Vulnérabilité (VI) des communautés dans les régions cibles.

Cible : Une réduction d’au moins 0,1 de l’indice de vulnérabilité moyen par rapport au niveau de référence

Méthode : Cet indice est calculé à partir de sept indicateurs combinant la sensibilité (couverture végétale, sources de revenus) et la capacité d’adaptation (accès à l’information, bénéfices des mécanismes de coordination).

🔹 Diversification des Moyens de Subsistance

Pour réduire la dépendance vis-à-vis des ressources naturelles fragiles, le projet favorise la création de revenus alternatifs :

Indicateur de suivi : Mesure du nombre de sources de revenus par ménage et transition vers des types de production plus stables.

Réalisations : Soutien technique et équipement pour l’agriculture intelligente (café, girofle, poivre, riz, etc.) et lancement de micro-projets de pêche et d’apiculture.

Innovation : Développement de la filière Rambo (Lepironia articulata) pour la fabrication de pailles biodégradables destinées à l’exportation.

🔹 Sensibilisation et Capacités Techniques

Le renforcement des connaissances est le premier pilier de l’adaptation durable : 

Objectif initial : Augmenter le niveau de sensibilisation des ONG et du secteur privé de 30 %.

ésultat atteint (2019) : Une augmentation de 39 % des connaissances sur l’adaptation au changement climatique a été enregistrée à l’issue des programmes de formation.

Impact : Plus de 140 cadres de l’administration publique et une centaine de représentants de la société civile ont été formés aux outils d’identification des risques climatiques.

Facteurs de succès

🔑 Les Clés du Succès : Pourquoi ce projet réussi

L’efficacité du projet PAZC repose sur une stratégie de mise en œuvre qui privilégie l’expertise locale et une gestion agile des imprévus. La Revue à Mi-Parcours (MTR) a d’ailleurs souligné la haute performance du projet grâce à ces piliers fondamentaux.

🏗️ Une Présence Régionale Renforcée

Contrairement aux approches centralisées, le projet a misé sur la proximité :

  • Expertise de terrain : Des équipes régionales solides, dotées de fortes capacités techniques, ont été établies dans chaque zone d’intervention;
  • Appui technique local : Le recrutement de techniciens et d’agronomes locaux a été un facteur déterminant pour la réussite et la coordination au plus près des communautés

🤝 Partenariats et Appropriation Locale

Le projet a transformé les acteurs locaux en véritables partenaires de mise en œuvre :

  • Collaboration avec les ONG : L’utilisation d’ONG locales pour les activités de reboisement a permis d’optimiser les coûts tout en garantissant une meilleure survie des plantations.

  • Engagement communautaire : Cette approche a renforcé le sentiment d’appropriation (ownership) des populations, crucial pour la pérennité des écosystèmes restaurés.

🧭 Gestion Adaptative et Proactive

Face à un contexte politique et environnemental parfois instable, le projet a su faire preuve de résilience :

  • Atténuation des risques : Lors de la période électorale de 2018, l’équipe de gestion a su anticiper l’instabilité en mettant en pause les processus d’achat majeurs pour se concentrer sur le suivi quotidien;
  • Agilité administrative : L’élaboration d’un manuel de procédures spécifique a permis d’assurer la continuité des activités malgré les changements au sein du ministère de tutelle.

Défis et adaptations

🚧 Défis Rencontrés et Stratégies d’Adaptation

La mise en œuvre d’un projet d’envergure dans des zones côtières isolées comporte des défis complexes. Le projet PAZC a su transformer ces obstacles en opportunités d’apprentissage grâce à une gestion proactive.

⚖️ Stabilité Politique et Gouvernance

Le contexte politique peut impacter les calendriers de mise en œuvre :

  • Le défi : L’instabilité politique précédant les élections de 2018 a menacé la continuité des activités et a entraîné le report de certains processus d’achat pour les infrastructures majeures.
  • L’adaptation : L’unité de coordination a suspendu les passations de marchés sensibles durant la période électorale pour garantir la transparence et s’est concentrée sur la gestion opérationnelle quotidienne.

🌪️ Événements Climatiques Extrêmes

Travailler sur l’adaptation signifie aussi subir les aléas climatiques en direct.

  • Le défi : Les régions d’intervention ont été frappées par des sécheresses intenses au sud et des cyclones à l’est.

  • L’adaptation : Plutôt que de freiner le projet, ces événements ont été utilisés pour sensibiliser davantage les autorités à l’urgence d’intégrer l’adaptation climatique dans les plans de développement régionaux

💰 Pressions Économiques et Budgétaires

L’évolution du marché mondial impacte directement les projets de terrain.

  • Le défi : Une augmentation substantielle du coût des matériaux de construction a été constatée, risquant de dépasser les budgets initialement prévus pour les murs de protection à Toamasina et Manakara.
  • L’adaptation : Le projet a activement mobilisé des cofinancements supplémentaires auprès du gouvernement malgache (MEDD) pour s’assurer que les infrastructures soient finalisées selon les standards requis.

🛡️ Sécurité et Pérennité des Écosystèmes

La protection des acquis sur le long terme est un enjeu constant.

  • Le défi : Dans certaines zones comme le Menabe, des problèmes de sécurité ont compliqué l’accès aux sites. De plus, il existe un risque de dégradation des mangroves après la fin du projet (maladies ou vandalisme)
  • L’adaptation : Pour garantir la pérennité, le projet a officiellement transféré la responsabilité du suivi des mangroves des ONG vers les communautés locales, en établissant des procédures de surveillance simples et claires.

Innovation et bonnes pratiques

Chaîne de valeur « Rambo » : Le projet a soutenu la transformation de la plante Lepironia articulata non seulement pour la vannerie, mais aussi pour produire des pailles biodégradables destinées à l’exportation vers les États-Unis.

Agriculture intelligente (CSA) : Introduction de cultures résilientes (café, girofle, poivre, arachides) pour stabiliser les revenus des paysans face aux aléas climatiques.