Aide à Madagascar pour la préparation de sa Communication Nationale Initiale en réponse à ses engagements envers la CCNUCC

Ce projet constitue le socle historique de l’action climatique à Madagascar, permettant au pays de structurer sa toute première réponse stratégique face à l’urgence environnementale. En produisant l’inventaire initial des gaz à effet de serre et en identifiant les vulnérabilités majeures, il a transformé les engagements internationaux en une feuille de route nationale concrète. Grâce au soutien du FEM et du PNUD, les capacités institutionnelles ont été renforcées pour intégrer la résilience, le genre et la gestion des risques au cœur du développement. Aujourd’hui, cet héritage propulse Madagascar vers une ambition accrue à travers la mise en œuvre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0)

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Établir le bilan de référence des émissions et des absorptions de gaz à effet de serre (GES) de Madagascar, afin de produire et de soumettre la Communication Nationale Initiale du pays en 2003, en utilisant 1994 comme année de base pour les données statistiques.

Plus précisément, cela implique :

  • La quantification : Mesurer précisément combien de gaz (CO2, méthane, etc.) le pays a émis ou stocké (via ses forêts) pour l’année 1994.
  • La conformité : Répondre aux obligations de transparence fixées par la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).
  • La création d’un point de repère : Utiliser ces données de 1994 comme « point zéro » pour pouvoir mesurer, dans les années suivantes, si les émissions de Madagascar augmentent ou diminuent.

Ce projet a aidé Madagascar à respecter ses engagements initiaux envers la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Son objectif principal était de préparer et de soumettre sa Communication Nationale Initiale (CNI), une obligation essentielle pour les pays non visés à l’Annexe I afin de rendre compte de leurs émissions de gaz à effet de serre et de leurs mesures d’adaptation. Le FEM (Fonds pour l’Environnement Mondial) a apporté un soutien financier via ces « activités habilitantes » afin de renforcer les capacités institutionnelles du pays. Ce projet a constitué une étape fondamentale, permettant à Madagascar de structurer sa stratégie climatique nationale.

  • Période de réalisation : Le projet a réellement débuté en juillet 1998 et s’est achevé avec la soumission du rapport final en novembre 2003.
  • L’Année de Référence (Baseline) : Comme vous l’avez noté, l’inventaire des gaz à effet de serre a été calculé sur la base des données de 1994.
  • Les secteurs analysés : Le rapport produit grâce à ce projet a couvert cinq secteurs clés à Madagascar :
    1. Énergie (combustion de biomasse, transports).
    2. Procédés industriels (cimenterie, etc.).
    3. Agriculture (riziculture irriguée et élevage, sources majeures de méthane).
    4. Utilisation des terres et forêts (le secteur le plus important pour Madagascar, agissant comme un « puits de carbone »).
    5. Déchets

La Communication Nationale Initiale (CNI) de Madagascar à la CCNUCC s’articule autour de l’inventaire des gaz à effet de serre (GES), de l’évaluation des mesures d’atténuation, de l’analyse de la vulnérabilité et de l’adaptation, ainsi que du renforcement des capacités institutionnelles. Ses composantes principales sont :

  • Inventaire national des GES : Élaboration de l’inventaire des émissions par sources et des absorptions par puits, couvrant les secteurs clés (énergie, agriculture, forêts et déchets).
  • Mesures d’atténuation et vulnérabilité : Analyse des options pour réduire les émissions et évaluation de la vulnérabilité des secteurs sensibles (riziculture, ressources en eau, zones côtières) afin d’identifier les mesures d’adaptation prioritaires.
  • Renforcement des capacités et rapports : Soutien technique aux cadres nationaux pour la préparation et la soumission du rapport officiel.
  • Mobilisation des ressources : Identification des besoins financiers pour mettre en œuvre les actions prioritaires identifiées dans le document.

Bénéficiaires

Parties Prenantes et Bénéficiaires

  • Bénéficiaires Institutionnels : Le Ministère en charge de l’Environnement, le Comité National sur le Changement Climatique (CNCC) et les ministères sectoriels clés (Agriculture, Ressources en Eau, Énergie et Transports).
  • Bénéficiaires Directs et Opérationnels : Les techniciens et cadres nationaux formés aux méthodologies du GIEC. Indirectement, les populations vulnérables des zones prioritaires (notamment les régions littorales et arides) bénéficient de l’intégration de l’adaptation dans les politiques publiques.
  • ociété Civile et Secteur Privé : Les ONG environnementales et les acteurs économiques impliqués dans la gestion durable des ressources et les réflexions embryonnaires sur les mécanismes de compensation carbone.

Indicateurs environnementaux

En 2003, bien que les régions de la Diana, du Boeny, du Menabe et de l’Atsimo Atsinanana aient été identifiées comme vulnérables (érosion côtière et riziculture), le projet était surtout une initiative de renforcement national. Les actions concrètes sur le terrain dans ces régions spécifiques ont surtout été développées dans les projets d’adaptation qui ont suivi (comme le projet PANA).

L’inventaire de 1994 a confirmé que Madagascar était un « émetteur modeste » mais très dépendant de sa biomasse. Le méthane ($CH_4$) provenant de la riziculture et de l’élevage représentait une part significative des émissions hors secteur forestier.

Ce projet n’était pas seulement un rapport, c’était l’outil permettant à Madagascar de justifier ses demandes de financements auprès du Fonds pour l’Environnement Mondial pour les 20 années suivantes.

Indicateurs socio-économiques

Le projet a pour mission de produire des données scientifiques et techniques structurées afin d’orienter la politique climatique nationale de Madagascar et d’intégrer les enjeux environnementaux dans la planification du développement.

Contexte Socio-Économique et Enjeux de Développement

  • Pauvreté et Précarité : Madagascar fait face à un défi de pauvreté structurelle, avec un taux de pauvreté extrême élevé (environ 75 % de la population selon les données actualisées, vivant sous le seuil de pauvreté multidimensionnelle). Cette situation limite les capacités d’investissement des ménages dans des technologies propres.
  • Développement Humain : L’Indice de Développement Humain (IDH) reste un indicateur clé pour mesurer l’impact des politiques climatiques. À titre de référence, il se situait à 0,528 en 2019, classant le pays dans la catégorie « développement humain faible », ce qui accentue la sensibilité de la population aux chocs externes.
  • Vulnérabilité et Résilience : Les impacts climatiques (cyclones plus intenses, sécheresses prolongées dans le Sud) menacent directement les moyens de subsistance, particulièrement dans les zones côtières. Le projet met l’accent sur :
    • La mise en œuvre de stratégies d’adaptation résilientes.
    • L’intégration transversale du genre pour réduire la vulnérabilité spécifique des femmes.
    • La planification locale pour renforcer la capacité de réponse des communautés.
  • Profil de Consommation Énergétique : La structure de consommation est analysée par secteur pour identifier les leviers d’atténuation :
    • Résidentiel : Prédominance massive de la biomasse (bois de chauffe et charbon de bois).
    • Transport : Dépendance totale aux produits pétroliers importés.
    • Commerce et Industrie : Besoins croissants en électricité, souvent fournis par des centrales thermiques.

Facteurs de succès

Facteurs de succès spécifiques

Les éléments suivants ont été déterminants pour permettre à Madagascar de structurer efficacement sa réponse face aux changements climatiques :

  • Approche participative et pluridimensionnelle : L’implication conjointe des acteurs étatiques et non étatiques a permis de légitimer les politiques climatiques et de favoriser la transformation des pratiques sur le terrain.
  • Inclusion du genre : La promotion de l’égalité hommes-femmes est devenue un levier central dans la planification et la mise en œuvre des stratégies d’adaptation.
  • Renforcement des capacités techniques : Le soutien ciblé a permis de maîtriser l’inventaire des gaz à effet de serre (notamment pour le CO2, le CH4 et le N2O) et de professionnaliser l’élaboration des politiques d’adaptation.
  • Mobilisation de financements complémentaires : La création de synergies entre les fonds du FEM et d’autres appuis internationaux a facilité le déploiement de projets d’envergure, particulièrement dans les secteurs de la conservation et de l’agriculture.
  • Ancrage dans les politiques nationales : Un alignement rigoureux avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) et les priorités nationales en matière de résilience a assuré la pérennité des actions entreprises.

 

Défis et adaptations

Défis Majeurs et Vulnérabilités

  • Urgence Environnementale : Madagascar figure parmi les pays les plus exposés aux risques climatiques mondiaux. Cette vulnérabilité impose la mise en place de stratégies d’adaptation immédiates pour contrer la récurrence des sécheresses, des inondations et la dégradation accélérée des écosystèmes.
  • Contraintes Socio-économiques : Avec un taux de pauvreté généralisée de 75,2 %, la mise en œuvre de mesures durables est complexe. Les solutions doivent impérativement concilier la protection de l’environnement avec la sécurité alimentaire et le soutien aux revenus des populations locales.
  • Limites Techniques et Institutionnelles : Le pays fait face à un besoin crucial de renforcement des capacités humaines et techniques afin de pérenniser la production de données climatiques fiables, indispensables à la prise de décision.

Axes d’Intervention du PNUD et du FEM

  • Renforcement de la Gouvernance : Consolidation de l’intégration de l’adaptation au sein des politiques sectorielles et promotion de la décentralisation des actions climatiques pour une efficacité accrue au niveau local.
  • Intégration du Genre : Promotion active de l’égalité femmes-hommes comme pilier central de l’élaboration et de la mise en œuvre du Plan National d’Adaptation (PNA), garantissant une résilience inclusive.
  • Approche Programmatique et Planification : Définition d’une feuille de route structurée (PNA) comprenant des actions à court, moyen et long termes. Ce processus prévoit un suivi-évaluation sur 10 ans avec des révisions quinquennales pour ajuster les interventions au contexte évolutif.
  • Gestion des Risques et Résilience : Déploiement de technologies d’adaptation innovantes pour renforcer la capacité de réponse des communautés face aux catastrophes naturelles.
  • Conservation des Ressources : Valorisation de la biodiversité et gestion des aires protégées comme leviers de résilience, tout en visant l’extension de leur couverture pour dépasser les limites actuelles.

Innovation et bonnes pratiques

Innovations clés

  • Financement et assurance des risques climatiques : Création d’un environnement favorable au financement des risques et développement de mécanismes d’assurance inclusifs, durables et accessibles aux plus vulnérables.
  • Approche de genre intégrée : Promotion active de l’égalité femmes-hommes dans toutes les phases de planification et de mise en œuvre des stratégies d’adaptation.
  • Approche multisectorielle : Intégration systématique de l’adaptation dans les politiques sectorielles (notamment la gestion des ressources en eau) et dans les cadres stratégiques nationaux.

 

Bonnes pratiques

  • Renforcement des capacités : Amélioration continue des compétences humaines, techniques et institutionnelles pour garantir une résilience pérenne.
  • Alignement stratégique : Renforcement de la souveraineté décisionnelle et de la planification nationale via le PNA (Plan National d’Adaptation), en parfaite cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).
  • Gestion des risques : Évaluation scientifique précise des risques et des vulnérabilités climatiques afin d’orienter stratégiquement les investissements.

 

Domaines d’Intervention de la Communication Nationale

Le projet vise, à travers la préparation de ce document stratégique, à analyser les points suivants :

Inventaire des Gaz à Effet de Serre (GES) :

  • Sources et puits : Calcul des émissions totales et évaluation de la capacité d’absorption des forêts. Le secteur UTCF (Utilisation des Terres, Changements d’Affectation des Terres et Foresterie) est identifié comme le pilier central en raison de l’impact de la déforestation.
  • Énergie : Analyse du mix énergétique incluant l’hydroélectricité, la biomasse (bois énergie, bagasse, balles de riz) et la dépendance aux produits pétroliers et au charbon minéral importés.

État des Ressources Naturelles et Vulnérabilité :

  • Évaluation de l’érosion des sols, de la dégradation des bassins versants, de l’épuisement des ressources en eau douce et de la perte de biodiversité face aux aléas climatiques (cyclones, sécheresses).