Conservation et amélioration des services écosystémiques pour la région d’Atsinanana par l’agroécologie et la promotion de la production d’énergie durable

Le projet « Conservation et amélioration des services écosystémiques pour la région d’Atsinanana par l’agroécologie et la promotion de la production d’énergie durable » vise à transformer durablement les paysages ruraux de la région Atsinanana à Madagascar.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Face à la dégradation des terres, à la perte de biodiversité et à la dépendance énergétique au bois-énergie, le projet propose une approche intégrée combinant :

🌱 L’agroécologie, pour restaurer les sols, améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience climatique ;

🌳 La conservation des écosystèmes, afin de préserver les services environnementaux essentiels (eau, fertilité des sols, régulation climatique) ;

La promotion des énergies durables, pour réduire la pression sur les ressources forestières et améliorer l’accès à une énergie propre.

En mobilisant les communautés locales, les autorités régionales et les partenaires techniques, le projet contribue simultanément à la sécurité alimentaire, à la protection de la biodiversité et à la transition énergétique rurale.

📌 Autres zones et communes concernées par des activités spécifiques

Le projet étend certaines activités (agroécologie, plantation de bambou, foyers améliorés) à d’autres commune :

  • Niherenana (District de Vatomandry)
  • Antsapanana
  • Vohitranivona

📌 Sites spécifiques de restauration forestière et de plantation

  • Antseranambe : Site d’implantation de la centrale électrique à gazéification de bambou
  • Villages tests : Mahatsara (commune d’Ambalabe) et Anjahamana
  • Sites de restauration forestière : Ambalarangotra, Andavatoagna, Kaloafy, Antsofotra, Marovola, Marosolatra, Vatobe, Ambinanisakovolo, Ambalafary, Bevoalavo, Tsaratampona
  • Parcelles de culture et de plantation de bambou : Afasimpotsy, Ambadikala, Andapa, Sandraka, Ambalatenina, Tanambao Sahaniveno, Ambodimolaina

L’objectif principal du projet, est d’optimiser la gestion durable de l’utilisation des terres, la conservation de la biodiversité, ainsi que l’accès des communautés locales à la sécurité énergétique domestique renouvelable et à l’atténuation du changement climatique à Madagascar.

De manière plus détaillée, le projet cherche à atteindre les buts suivants :

  • Gestion durable des ressources naturelles : Contribuer à une gestion intégrée qui soutient les moyens de subsistance dépendant des services écosystémiques;
  • Protection des forêts : Lutter contre la réduction du couvert forestier (attribuée à 80 % aux techniques de culture sur brûlis) en proposant des pratiques agricoles et énergétiques alternatives;
  • Résilience climatique : Réduire les émissions de gaz à effet de serre par des changements dans l’utilisation des terres et l’adoption de technologies d’énergie propre;

 

Ce projet vise à optimiser la gestion durable des terres, la conservation de la biodiversité et l’accès à l’énergie renouvelable dans la région Atsinanana à Madagascar. Il s’articule autour de trois composantes : le renforcement du cadre réglementaire, la mise à l’échelle de l’agroécologie et l’amélioration des systèmes énergétiques ruraux. Les interventions se concentrent principalement dans les districts de Brickaville et Vatomandry. Sur le plan agricole, le projet a déjà permis de promouvoir des pratiques de gestion durable sur plus de 5 050 hectares de paysages de production. 

En matière de conservation, des accords communautaires couvrent 3 500 hectares d’habitats naturels et visent la restauration de 500 hectares de terres dégradées. Le volet énergétique inclut l’installation d’une centrale de gazéification de bambou à Antseranambe et la diffusion de 3 000 foyers améliorés.

À long terme, l’initiative ambitionne d’éviter l’émission de plus de 1,6 million de tonnes de CO2 équivalent. Le projet cible 15 000 bénéficiaires directs, avec un objectif de parité pour l’intégration des femmes dans les chaînes de valeur durables. Bien que les infrastructures de la centrale soient prêtes, le recrutement d’un opérateur final reste le défi majeur pour sa mise en service. Globalement, l’exécution est jugée satisfaisante, ayant déjà atteint ou dépassé plusieurs de ses indicateurs de performance clés.

Composants et activités clés

Composante 1 : Renforcement des politiques nationales et du cadre juridique et institutionnel

Cette composante vise à créer un environnement favorable à l’intégration de la gestion durable des terres (GDT), de la conservation de la biodiversité (BD) et de l’énergie durable:

Activités clés :

  • Renforcement du mécanisme de coordination intersectorielle au niveau du paysage du district d’Atsinanana;
  • Révision et amendement du Code de l’Environnement de Madagascar et élaboration de la Stratégie Nationale de l’Agroécologie;
  • Collecte de données et création d’une base de données régionale pour soutenir les options de GDT et de conservation;
  • Élaboration de plans d’action sectoriels (agriculture et énergie) intégrant la biodiversité;
  • Mise à jour des Plans Communaux de Développement (PCD) pour intégrer la gestion durable des ressources pour quatre communes

Composante 2 : Mise à l’échelle des pratiques de gestion durable des terres et de l’agroécologie

L’objectif est d’intégrer la gestion de la biodiversité dans les paysages forestiers et de production.

Activités clés :

  • Signature d’accords de conservation avec les communautés locales pour protéger au moins 3 500 ha d’habitats naturels;
  • Restauration de 500 ha de terres dégradées en utilisant des espèces indigènes et le bambou comme espèce pionnière;
  • Promotion de l’agroécologie sur 4 800 ha de terres cultivées via cinq techniques : arbres fixateurs d’azote, variétés à haut rendement, gestion de l’eau, fertilisation organique et lutte intégrée contre les ravageurs;
  • Renforcement des capacités des communautés pour la prise de décision sur les services écosystémiques.

Composante 3 : Amélioration des systèmes de production d’énergie rurale

Cette partie vise à réduire la déforestation en proposant des alternatives énergétiques durables.

Activités clés :

  • Réalisation d’une évaluation de l’énergie rurale pour la région Atsinanana;
  • Installation et démonstration d’une centrale électrique à gazéification de bambou (25 kW) à Antseranambe;
  • Distribution et adoption de 3 000 foyers améliorés (foyers économes en combustible);
  • Établissement de 300 ha de plantations de bambou dédiées à la production de biomasse énergétique;
  • Soutien à la création de micro-entreprises locales pour la fabrication et la vente de ces technologies

Composante 4 & 5 : Coordination, Suivi-Évaluation et Genre

Activités transversales pour assurer la pérennité et l’équité du projet.

Activités clés :

  • Mise en œuvre d’une stratégie d’intégration du genre avec un objectif de 50 % de participation féminine;
  • Diffusion des connaissances via des manuels techniques (GDT, charbon de bambou, foyers améliorés);
  • Suivi technique et financier régulier pour atteindre les indicateurs de performance du GEF

Bénéficiaires

Bénéficiaires directs (Statistiques globales) : 

  • Le projet visait initialement 15 000 bénéficiaires directs (8 000 hommes et 7 000 femmes);
  • Au 30 juin 2025, ce chiffre a été largement dépassé avec 25 569 personnes ayant bénéficié des investissements du projet, dont 15 596 hommes et 9 973 femmes (++).

 

Groupes de bénéficiaires spécifiques

  • Agriculteurs et petits exploitants :
    • 7 000 agriculteurs locaux ciblés pour une amélioration de 20 % de leurs revenus grâce à l’agroécologie;
    • 3 650 agriculteurs (propriétaires de parcelles) répartis dans 13 fokontany ont été formés et ont reçu des semences améliorées;
    • 3 736 agriculteurs (incluant 86 associations paysannes) formés spécifiquement à l’agroforesterie.
  • Femmes (Priorité transversale) :
    • 1 313 femmes ont été soutenues et formées à l’amélioration de leur production via les pratiques agroécologiques;
    • 4 femmes artisanes sont actives dans la fabrication de foyers améliorés et 7 femmes sont revendeuses de ces technologies;
    • 10 femmes ont été responsabilisées pour la restauration écologique (2 pépiniéristes et 8 planteuses en chef)
  • Artisans et micro-entrepreneurs :
    • 14 artisans actifs dans la fabrication de foyers améliorés;
    • 50 artisans formés aux techniques de fabrication et à la gestion de petites entreprises;
    • 50 charbonniers formés à la carbonisation améliorée du bambou.
  • Planteurs et pépiniéristes :
    • 42 planteurs de bambou (vagues 1, 2 et 3) ayant reçu du matériel de maintenance;
    • 16 pépiniéristes gérant les sites de production de jeunes plants pour la restauration forestière.
  • Jeunes : Les jeunes de moins de 30 ans représentent 25,4 % des participants aux réunions d’adoption des technologies de gestion durable des terres.

 

Structures et entités locales
  • Les Communautés de Base (VOI) : Comme l’association villageoise Soavinala à Ambalabe et six VOI dans la commune d’Anjahamana;
  • Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) : Les districts de Brickaville (Vohibinany) et Vatomandry, ainsi que les communes d’Ambalabe, Anjahamana, Anivorano-Est et Vatomandry
  • Institutions nationales : Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) et ses directions régionales (DREDD Atsinanana) qui bénéficient d’un renforcement de capacités et d’outils de gestion

Indicateurs environnementaux

Ces indicateurs mesurent l’impact direct du projet sur les écosystèmes et le climat :
  • Atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES) : L’objectif global est d’éviter l’émission de 1 013 805 tonnes d’équivalent CO2 sur une période de 20 ans. Au 30 juin 2025, 389 805 tonnes ont été comptabilisées comme réalisées;
  • Restauration des terres et des écosystèmes : Le projet vise la restauration de 500 hectares de terres forestières dégradées. À la fin de la période de rapportage de 2025, 429 hectares avaient déjà été restaurés;
  • Gestion de la biodiversité : L’objectif est de placer 3 500 hectares d’habitats de biodiversité d’importance mondiale sous accords de conservation communautaires. Cet objectif de 3 500 ha est considéré comme atteint à 100 %;
  • Amélioration des pratiques paysagères : Le projet visait initialement 4 800 hectares de paysages de production sous gestion améliorée pour favoriser la biodiversité. Cet indicateur a été dépassé avec 5 050 hectares réalisés en 2025;
  • Plantations de biomasse : L’établissement de 300 hectares de plantations de bambou pour l’énergie et les services ligneux est un indicateur clé, atteint à 100 % en 2025.

Indicateurs socio-économiques

Ces indicateurs évaluent les bénéfices directs pour les populations locales :

  • Nombre de bénéficiaires directs : L’objectif final était de 15 000 personnes (8 000 hommes et 7 000 femmes). Ce chiffre a été largement dépassé avec un total de 25 569 bénéficiaires en 2025, dont 15 596 hommes et 9 973 femmes;
  • Amélioration des revenus des agriculteurs : Le projet cible une augmentation de 20 % des revenus pour 7 000 agriculteurs locaux grâce à l’adoption de mesures agroécologiques;
  • Accès à l’énergie propre (foyers améliorés) : L’indicateur prévoit que 3 000 ménages adoptent l’utilisation de foyers à haut rendement énergétique. En juin 2025, 2 206 foyers avaient été vendus, soit environ 74 % de l’objectif;
  • Accès à l’électricité renouvelable : L’objectif est qu’au moins 200 personnes utilisent l’énergie produite par la centrale de gazéification de bambou à Antseranambe;
  • Soutien à l’entrepreneuriat local : Le projet mesure la création d’initiatives commerciales locales dans la chaîne de valeur des énergies renouvelables, avec un objectif de 6 micro-entreprises;
  • Égalité des genres : Un indicateur spécifique suit la mise en place d’au moins deux systèmes ou initiatives sensibles au genre pour surveiller les services écosystémiques et l’adoption de la gestion durable des terres.

Facteurs de succès

Plusieurs éléments ont contribué à l’atteinte de résultats jugés satisfaisants :
  • Engagement fort des parties prenantes : Une adhésion notable des autorités locales (Gouverneur, préfets, maires) et des autorités traditionnelles (Tangalamena) a facilité la mobilisation communautaire;
  • Motivation des bénéficiaires : L’intérêt des agriculteurs et artisans est porté par des résultats concrets, comme l’amélioration des rendements agricoles (jusqu’à 100 % pour le maïs) grâce aux nouvelles techniques;
  • Partenariats stratégiques : La collaboration avec des agences d’exécution locales expérimentées (ANAE, AIDES) a permis de maintenir une progression technique constante;
  • Intégration réussie du genre : Les femmes ont été activement impliquées dans les chaînes de valeur (pépinières, fabrication de foyers améliorés, formation), dépassant parfois les objectifs initiaux de participation.

Défis et adaptations

Défis majeurs

Le projet a dû faire face à des obstacles significatifs :

  • Recrutement de l’opérateur de la centrale : Les procédures administratives nationales complexes (via l’ADER et le Ministère de l’Énergie) retardent la mise en service de la centrale de gazéification, bien que les équipements soient prêts;
  • Impact de la COVID-19 : La pandémie a entraîné des retards initiaux dans les travaux de terrain et la livraison de certains équipements importés;
  • Contraintes logistiques : L’accès aux zones reculées est difficile, particulièrement durant la saison des pluies, ce qui complique le suivi technique;
  • Communication interne : Des lacunes ont été notées dans la coordination et le partage de données entre les différents partenaires d’exécution.

Innovation et bonnes pratiques

Adaptations et Innovations

Le projet a su ajuster ses approches et introduire des nouveautés :

  • Flexibilité opérationnelle : Pour compenser les retards de plantation (ex: à Ambadikala), les équipes ont procédé au repotage des jeunes plants dans les pépinières pour préserver la biomasse;
  • Respect des sites sacrés : Après consultation, le choix de certains sites de restauration a été modifié pour respecter les lieux de culte traditionnels identifiés par les communautés;
  • Technologie de gazéification : L’utilisation du bambou pour produire de l’électricité rurale est une innovation technologique majeure pour la région Atsinanana;
  • Centres de R&D locaux : La création de centres de recherche et développement pour les foyers améliorés à Brickaville et Vatomandry a permis d’optimiser les modèles en fonction des ressources locales.

Bonnes Pratiques

Ces méthodes sont identifiées comme des modèles pour la durabilité du projet :

  • Accords de conservation signés : La formalisation des engagements environnementaux entre le ministère, les gestionnaires d’aires protégées et les communautés garantit une gestion transparente des ressources;
  • Approche « École de terrain » (Farmer Schools) : Cette méthode permet aux agriculteurs d’apprendre par la démonstration et facilite l’adoption rapide de l’agroécologie;
  • Promotion des compétences locales : Le recrutement et la formation de formateurs et superviseurs locaux renforcent la confiance des communautés et la pérennité des acquis;
  • Culture entrepreneuriale : La formation des pépiniéristes et artisans en gestion d’entreprise les transforme de simples bénéficiaires en entrepreneurs autonomes capables de diversifier leurs revenus.