Démonstration de la rentabilité et de la durabilité d’alternatives respectueuses de l’environnement et adaptées localement au DDT pour le contrôle du paludisme en Afrique

Ce projet vise à démontrer des alternatives au DDT pour la lutte antivectorielle contre le paludisme qui soient rentables, respectueuses de l’environnement et adaptées aux contextes locaux, tout en garantissant leur utilisation durable grâce au renforcement des capacités nationales et locales en matière de lutte contre le paludisme.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

La planification et la mise en œuvre des interventions de lutte antivectorielle nécessitent la sélection de méthodes appropriées, applicables dans des zones présentant des conditions environnementales et épidémiologiques spécifiques et bien définies. Ces conditions doivent être établies par des évaluations écologiques, entomologiques et épidémiologiques régulières, permettant d’adapter les objectifs des programmes de lutte antivectorielle au fil du temps.

Cependant, la plupart des pays africains ne disposent pas de capacités suffisantes pour planifier, mettre en œuvre, suivre et évaluer efficacement les interventions de lutte antivectorielle. La stratégie du projet consiste donc à renforcer les capacités des pays participants afin qu’ils puissent planifier, mettre en œuvre, suivre et évaluer des interventions de lutte antivectorielle sans recourir au DDT.

Les activités du projet seront mises en œuvre dans plusieurs districts de démonstration au sein des trois pays participants. Dans le cadre de ce projet, les alternatives suivantes au DDT seront démontrées selon l’approche de la Gestion Intégrée des Vecteurs (GIV / IVM) :

  • la pulvérisation intradomiciliaire résiduelle avec des insecticides alternatifs au DDT ;
  • les moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII / ITNs) ;
  • la gestion environnementale (y compris la gestion des eaux souterraines, des systèmes d’irrigation, des barrages, des routes et des constructions) ;
  • la lutte larvaire contre les moustiques.

SOURCE

Dans le cadre de ce projet, plusieurs objectifs clés ont été définis afin de promouvoir des alternatives au DDT et renforcer la lutte contre le paludisme de manière durable :

  • Démontrer des méthodes de lutte antivectorielle alternatives au DDT, notamment la gestion environnementale des gîtes larvaires.

  • Renforcer les capacités nationales pour la planification et la mise en œuvre de la Gestion Intégrée des Vecteurs (GIV).

  • Réduire la dépendance aux polluants organiques persistants (POP) tout en garantissant l’efficacité de la lutte contre le paludisme.

Le projet régional « Demonstrating Cost-effectiveness and Sustainability of Environmentally Sound and Locally Appropriate Alternatives to DDT for Malaria Vector Control in Africa » inclut Madagascar, l’Éthiopie, la Gambie, le Kenya, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Swaziland, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

L’objectif de ce projet est de réduire l’utilisation du DDT dans la lutte contre le paludisme en promouvant des méthodes de lutte antivectorielle intégrée (LAV/IVM) respectueuses de l’environnement. Mis en œuvre par le PNUE et financé par le FEM (Fonds pour l’Environnement Mondial), il est également connu sous le nom de projet AFRO II.

Il a pour objectif de démontrer des alternatives durables au DDT pour la lutte contre le paludisme, notamment à Madagascar et en Éthiopie. Le projet a débuté en 2011 et a fait l’objet d’évaluations finales autour de 2019-2020.

Composants et activités clés

Démonstration d’interventions alternatives : Mise en œuvre et évaluation de méthodes de lutte antivectorielle diversifiées, durables et respectueuses de l’environnement. Cela inclut l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides de longue durée (MILD), la gestion des gîtes larvaires (drainage, élimination de l’eau stagnante) et l’utilisation de biopesticides.

Renforcement des capacités nationales : Consolidation des structures de santé et des compétences techniques pour la mise en œuvre de la Gestion Intégrée des Vecteurs (GIV). Cela comprend la formation des acteurs locaux et l’amélioration de la surveillance entomologique afin de détecter et gérer les résistances aux insecticides.

Gestion et élimination sécurisée des stocks : Inventaire et gestion écologique des stocks de DDT existants ou obsolètes pour prévenir les risques sanitaires et environnementaux liés aux polluants organiques persistants (POP).

Partage des connaissances et sensibilisation : Diffusion des bonnes pratiques et des résultats des projets pilotes pour influencer les politiques nationales de santé publique et encourager l’adoption de solutions alternatives au niveau communautaire.

Le projet à Madagascar s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, coordonnée par le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), avec un accent particulier sur la réduction des impacts négatifs des produits chimiques sur l’environnement.

Bénéficiaires

Bénéficiaires directs :

Les communautés locales vivant dans les zones à haut risque de paludisme en Afrique, notamment à Madagascar, qui bénéficient de méthodes de lutte antivectorielle alternatives, moins toxiques et durables.

Populations vulnérables :

Les enfants et les femmes enceintes, particulièrement exposés au paludisme et aux effets nocifs des pesticides.

Niveau national :
Les ministères de la Santé et les Programmes Nationaux de Lutte contre le Paludisme (PNLP), qui renforcent leurs capacités de gestion des vecteurs sans recourir au DDT.

Bénéficiaires environnementaux :
L’écosystème local, grâce à la réduction de la contamination par le DDT, polluant organique persistant.
Le projet vise à remplacer la pulvérisation intradomiciliaire résiduelle (PIR) de DDT par des alternatives écologiques, plus sûres pour l’environnement et la santé humaine.

Indicateurs environnementaux

Indicateurs socio-économiques

Dans le cadre du projet, plusieurs indicateurs clés ont été définis pour mesurer l’efficacité et la durabilité des alternatives au DDT dans la lutte contre le paludisme :

  • Réduction des stocks de POP : Suivi du volume de DDT et d’autres pesticides obsolètes éliminés ou sécurisés afin de prévenir la contamination des sols et des eaux.

  • Charge environnementale en résidus : Diminution de la persistance chimique dans les écosystèmes grâce à l’utilisation de biopesticides (par exemple à base de Neem ou de bactéries comme le Bti) ou de pyréthrinoïdes moins persistants.

  • Gestion des gîtes larvaires : Nombre de sites de reproduction des moustiques éliminés ou traités par des méthodes non chimiques, telles que le drainage et la gestion des eaux stagnantes.

  • Surveillance entomologique : Suivi de la résistance des vecteurs aux insecticides alternatifs et cartographie de la distribution des différentes espèces de moustiques.

Facteurs de succès

Le succès du projet repose sur une approche intégrée combinant mobilisation communautaire, diversification des méthodes de lutte, renforcement institutionnel et rentabilité économique, afin de réduire efficacement le paludisme tout en protégeant l’environnement.

1. Mobilisation et engagement des communautés

  • Adhésion des populations locales : La participation active des communautés est essentielle pour garantir l’efficacité des interventions.

  • « Mosquito-Scouts » : Implication de membres de la communauté formés pour surveiller les gîtes larvaires et sensibiliser leurs voisins.

  • Action sur les gîtes larvaires : Participation au nettoyage des zones humides, drainage des eaux stagnantes et élimination des déchets autour des habitations, réduisant significativement la densité des moustiques sans recours aux produits chimiques.

  • Éducation sanitaire : Une meilleure reconnaissance des symptômes du paludisme favorise un traitement rapide et diminue le réservoir de parasites dans la population.

 

2. Diversification des outils de lutte (Approche GIV)

  • Combinaison de méthodes : Le succès dépend de l’utilisation de plusieurs stratégies complémentaires plutôt que de la dépendance à un seul produit, comme le DDT.

  • Moustiquaires imprégnées (MII) : Distribution massive de moustiquaires à longue durée d’action, souvent via des relais communautaires.

  • Alternatives biologiques : Utilisation de biopesticides (ex. Bti) et introduction de prédateurs naturels (poissons larvivores) pour contrôler les populations de larves.

  • Protection physique : Installation de grillages aux fenêtres et aux portes pour limiter le contact entre l’homme et le moustique.

3. Renforcement des capacités institutionnelles

  • Formation technique : Développement d’une expertise locale en entomologie et en gestion intégrée des vecteurs pour permettre une surveillance autonome.

  • Cadre réglementaire : Mise en place de feuilles de route nationales pour l’élimination progressive du DDT et la gestion sécurisée des stocks obsolètes.

 

4. Rentabilité et bénéfices secondaires

  • Coût-efficacité : Les méthodes communautaires et les technologies à bas coût se sont révélées financièrement durables.

  • Amélioration de l’environnement : La réduction de l’usage de pesticides protège la biodiversité et la santé humaine à long terme.

  • Bénéfices collatéraux : Les stratégies de « maisons propres » ont également contribué à réduire d’autres maladies comme la dengue ou la gale.

 

Chiffres clés du succès

Dans certaines zones de démonstration, cette approche intégrée a permis :

  • 63 % de réduction des cas globaux de paludisme,

  • plus de 86 % de réduction des cas graves liés à Plasmodium falciparum.

Défis et adaptations

Le projet a rencontré plusieurs défis dans la mise en œuvre des alternatives au DDT, mais des mesures d’adaptation ont été mises en place pour assurer l’efficacité et la durabilité des interventions à Madagascar.

Défis

  • Résistance des vecteurs : L’apparition de résistances aux insecticides alternatifs complique la gestion des populations de moustiques.

  • Coût et logistique : Les alternatives au DDT sont souvent plus coûteuses et nécessitent une chaîne d’approvisionnement complexe, particulièrement en zones rurales.

  • Faiblesse des données : Il existe un besoin de renforcer la surveillance entomologique et la pharmacovigilance afin d’évaluer correctement l’efficacité des nouvelles méthodes.

 

Adaptations

  • Lutte bio-environnementale : Mise en œuvre de méthodes non toxiques et à faible coût, incluant des approches communautaires participatives.

  • Rotation d’insecticides : Application de stratégies de mosaïque pour gérer la résistance aux insecticides.

  • Renforcement des capacités : Formation des acteurs locaux à la surveillance entomologique et à l’utilisation efficace des alternatives.

  • Approche intégrée : Intégration du projet dans les politiques nationales de lutte contre le paludisme (PNLP) afin d’assurer la durabilité des actions.

Ces mesures permettent à Madagascar de s’aligner sur les objectifs de réduction des pesticides, tout en maintenant un contrôle efficace du paludisme.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet met l’accent sur des approches durables et écologiques pour la lutte contre le paludisme, en remplaçant progressivement le DDT par des méthodes alternatives efficaces et respectueuses de l’environnement.

Principales approches et mesures

  • Lutte bio-environnementale et méthodes alternatives : Mise en œuvre de stratégies écologiques pour contrôler les larves de moustiques, évitant le recours aux insecticides chimiques comme le DDT.

  • Approche communautaire : Implication des représentants locaux pour appliquer des technologies non toxiques, garantissant l’appropriation et la pérennité des interventions.

  • Gestion de la résistance : Utilisation stratégique de la rotation ou de l’application en mosaïque d’insecticides alternatifs afin de gérer la résistance et réduire la dépendance au DDT.

  • Renforcement des capacités : Formation des acteurs locaux à la Gestion Intégrée des Vecteurs (GIV) et à la surveillance environnementale, pour assurer une transition durable vers des solutions sans DDT.

  • Alignement avec les objectifs de santé : Intégration des alternatives dans les campagnes nationales, telles que les Moustiquaires Imprégnées à Efficacité Durable (MID), afin d’assurer une couverture efficace tout en limitant l’impact environnemental.