[ECOVILLAGE] Évaluation du capital naturel pour appuyer la planification de l’utilisation des terres, l’amélioration de la gestion efficace des aires protégées terrestres, le déploiement de pratiques de gestion durable des terres et la création d’éco-villages dans le centre de Madagascar

Le projet PECOV vise à opérationnaliser la comptabilité du capital naturel pour orienter l’aménagement du territoire et la gestion durable des paysages dans les Hautes Terres centrales de Madagascar. Il repose sur la création de 18 éco-villages pilotes engagés dans la co-gestion de 53 092 hectares de l’aire protégée COFAV et la restauration des terres dégradées. L’initiative soutient 120 000 bénéficiaires directs à travers la promotion de l’agroécologie, de l’accès aux énergies renouvelables et le développement de filières durables. Cette approche innovante sécurise l’habitat d’espèces menacées comme la grenouille Mantella cowani tout en renforçant la résilience socio-économique des communautés locales.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Le projet intervient dans les Hautes Terres centrales de Madagascar, principalement dans deux régions et se concentre sur le corridor forestier de Fandriana Vondrozo (COFAV).

1. Régions et Districts

Le projet cible spécifiquement :

  • Région Amoron’i Mania : district d’Ambositra ;
  • Région Haute Matsiatra : district d’Ambohimahasoa.

2. Communes et Fokontany (Éco-villages)

L’intervention directe se déroule dans 9 communes regroupant 18 Fokontany (chaque Fokontany correspondant à un éco-village) :

RégionCommune (Municipalité)Fokontany ciblés
Amoron’i ManiaAmbohimitombo IAmbohimitombo, Ambohimanarivo
Ambohimitombo IIAmpidirana, Andepotany
AntoetraFempina, Sakaivo Avaratra
IvatoIvato Centre, Ampadirana
Ivony MiaramiasaAmbohimahatsiahy, Maintitondro Lovasoa
KianjandrakefinaKianjandrakefina, Tsimatahodalana
VohidahyKianjanomby, Fenomanta
Haute MatsiatraAmbatosoaSahanimira, Ranomainty
FiadananaTanjonarivo, Ambohimitombo

3. Aire Protégée

Le projet couvre environ 48 600 à 53 092 hectares de la Nouvelle Aire Protégée (NAP) du corridor COFAV, notamment les zones situées en bordure des communes d’intervention. Ces sites ont été choisis pour leur biodiversité exceptionnelle, notamment comme habitat de la grenouille endémique Mantella cowani.

L’objectif principal du projet (souvent désigné sous l’acronyme PECOV) est de promouvoir l’utilisation de la comptabilité du capital naturel (CCN) comme outil d’aménagement du territoire afin d’assurer l’efficacité de la gestion des aires protégées, le déploiement de bonnes pratiques de gestion durable des terres (GDT) et l’opérationnalisation d’éco-villages dans les Hautes Terres centrales de Madagascar.

Plus précisément, le projet vise à lever les obstacles au développement durable dans les régions d’Amoron’i Mania et de la Haute Matsiatra à travers quatre axes majeurs :

  • Renforcement du cadre stratégique : intégrer l’évaluation du capital naturel dans les politiques, les réglementations et les arrangements institutionnels nationaux ;
  • Aménagement du territoire : élaborer des plans d’occupation des sols (LUP) basés sur les résultats de la CCN pour informer les décisions de gestion des ressources naturelles et de conservation de la biodiversité ;
  • Gestion des aires protégées et des terres : améliorer l’efficacité de la gestion du corridor forestier Fandriana Vondrozo (COFAV) et réduire la déforestation et la dégradation des terres grâce au modèle des éco-villages ;
  • Amélioration des moyens de subsistance : créer des éco-villages pilotes qui favorisent la productivité des paysages et augmentent les revenus des communautés rurales via des alternatives écologiques et durables.

En résumé, l’intention est d’utiliser l’évaluation du capital naturel comme base pour déterminer les investissements appropriés au niveau communautaire afin de lutter contre la perte de biodiversité et la dégradation de l’environnement.

Le projet PECOV vise à intégrer la comptabilité du capital naturel dans la planification du territoire des Hautes Terres centrales de Madagascar pour lutter contre la déforestation et la perte de biodiversité. Il cible particulièrement l’amélioration de l’efficacité de la gestion de 53 092 hectares d’aires protégées au sein du corridor forestier de Fandriana Vondrozo (COFAV). L’initiative repose sur la création et l’opérationnalisation de 18 éco-villages pilotes répartis dans les régions d’Amoron’i Mania et de la Haute Matsiatra.

Les activités incluent la promotion de la gestion durable des terres, de l’agroécologie et des énergies renouvelables au profit de 120 000 bénéficiaires directs. L’objectif final est de concilier la protection d’espèces menacées, comme la grenouille Mantella cowani, avec l’amélioration durable des revenus et des moyens de subsistance des populations locales.

Composante 1 : Renforcement des cadres politiques et institutionnels pour l’évaluation du capital naturel (ECN)

Cette composante vise à lever les obstacles liés au manque de capacités nationales pour intégrer la valorisation du capital naturel dans les politiques sectorielles :

Activités clés :

  • Assistance technique et formation : fourniture d’outils (méthodologies SEEA, modèles biophysiques ARIES) aux experts nationaux et régionaux pour réaliser des comptes du capital nature ;
  • Feuille de route nationale : élaboration et mise en œuvre d’une « Feuille de route pour l’avancement de l’ECN à Madagascar » impliquant les ministères sectoriels ;
  • Analyse de scénarios : réalisation d’études de scénarios politiques basées sur la modélisation des services écosystémiques pour informer l’aménagement du territoire.

Composante 2 : Politique habilitante (Plans d’aménagement), renforcement des capacités et outils pour la gestion des ressources naturelles et la conservation

L’objectif est d’appliquer les résultats de l’ECN à la planification de l’occupation des sols pour réduire la déforestation :

Activités clés :

  • Plans d’Occupation des Sols (LUP/SAC) : développement de plans intégrés aux niveaux communal (9 communes) et du district (Ambositra) couvrant au moins 238 234 hectares ;
  • Co-gestion de l’Aire Protégée : mise en œuvre de plans de co-gestion pour 53 092 hectares du corridor forestier COFAV, incluant des patrouilles communautaires SMART ;
  • Protection des espèces : actions spécifiques pour la conservation de la grenouille endémique Mantella cowani et la restauration de ses habitats fragmentés.

Composante 3 : Éco-villages pilotes pour réduire la déforestation, protéger l’habitat, améliorer la productivité et les moyens de subsistance

Cette composante opérationnalise le modèle d’éco-village pour réduire l’empreinte écologique des communautés rurales :

Activités clés :

  • Gouvernance locale : création et formalisation de structures de gouvernance (Comités villageois, municipaux et régionaux) et transformation des fokontany en associations à but non lucratif ;
  • Investissements en GDT : promotion de pratiques de gestion durable des terres, d’agroécologie et de reforestation sur plus de 119 453 hectares ;
  • Énergies renouvelables : distribution de kits solaires, installation de kiosques solaires et promotion de foyers améliorés pour réduire la dépendance au bois de chauffage ;
  • Formation communautaire : sélection et formation de Formateurs Locaux Villageois (FLV) et de Leaders Éco-village (LEV).

Composante 4 : Communication, gestion des connaissances, genre et suivi-évaluation

Elle assure le partage des leçons apprises et le suivi de la mise en œuvre inclusive du projet :

Activités clés :

  • Gestion des connaissances : production de bulletins d’information, de vidéos de capitalisation et gestion d’un site web dédié ;
  • Stratégie Genre : mise en œuvre d’un plan d’action pour assurer la participation des femmes (cible de 50 % de bénéficiaires directes) et leur intégration dans les instances de décision ;
  • Réplication : développement de modules de formation pour les OSC et le secteur privé afin de faciliter la mise à l’échelle du modèle d’éco-village ;
  • Suivi et Évaluation : établissement d’un cadre de suivi participatif, audits financiers et évaluations périodiques (mi-parcours et finale).

Bénéficiaires

Le projet PECOV cible un large éventail de bénéficiaires, allant des communautés rurales les plus vulnérables aux institutions étatiques Malagasy :

1. Bénéficiaires directs (Population locale)

  • Total de 120 000 bénéficiaires directs : le projet vise à toucher 120 000 personnes au sein des 9 communes d’intervention, avec une répartition égale de 60 000 femmes et 60 000 hommes ;
  • Habitants des 18 éco-villages : la population résidant dans les 18 Fokontany pilotes bénéficie directement des investissements en gestion durable des terres, en agroécologie et en infrastructures ;
  • Ménages vulnérables : une priorité est accordée aux personnes vivant dans la pauvreté, aux personnes âgées et aux personnes handicapées au sein des associations d’éco-villages ;
  • Femmes et ménages dirigés par des femmes : le projet cible spécifiquement les ménages dirigés par des femmes (avec un objectif de 30 % de ces ménages pour les activités d’augmentation de revenus) afin de réduire les inégalités de genre.

2. Acteurs économiques et filières

  • Producteurs locaux et partenaires commerciaux : ils reçoivent un appui technique pour l’accès aux marchés et le développement de produits ;
  • Artisans Zafimaniry : les artisans qui transforment les produits forestiers sous le label « Zafimaniry » bénéficient de la préservation de la biodiversité nécessaire à leur activité et d’un soutien à la structuration de leur filière ;
  • PME et entrepreneurs : notamment les entreprises spécialisées dans l’exploitation et l’exportation d’huiles essentielles, ainsi que les pépiniéristes locaux produisant des plants autochtones ;
  • Producteurs de charbon : environ 100 producteurs de charbon sont formés aux techniques améliorées de carbonisation pour réduire l’impact sur les forêts.

3. Bénéficiaires institutionnels et techniques

  • Ministères sectoriels : les cadres des ministères de l’Environnement (MEDD), de l’Agriculture, de l’Énergie, du Développement Rural et des Finances bénéficient de formations sur l’intégration de la comptabilité du capital naturel (CCN) dans les politiques publiques ;
  • Madagascar National Parks (MNP) : le personnel du parc national COFAV bénéficie de renforcement de capacités sur les pratiques de gestion, le suivi écologique et la médiation communautaire ;
  • Organisations de la Société Civile (OSC) : les OSC locales reçoivent des modules de formation pour assurer la pérennité et la réplication du modèle d’éco-village après la fin du projet ;
  • Collectivités décentralisées : les maires et les techniciens régionaux sont outillés pour élaborer et mettre en œuvre des plans d’aménagement du territoire (SAC) basés sur la valeur réelle des ressources naturelles.

4. État d’avancement réel (Données 2024-2025)

Selon les derniers rapports de mise en œuvre, certains bénéficiaires ont déjà commencé à percevoir des résultats concrets :

  • 17 757 personnes : ont déjà été touchées par des campagnes de sensibilisation à la conservation (dont 57 % de femmes) ;
  • 6 900 personnes : (soit 1 150 ménages) disposent désormais d’un accès à l’énergie renouvelable grâce aux kits et kiosques solaires installés dans les éco-villages.

Indicateurs environnementaux

Le projet PECOV s’appuie sur une série d’indicateurs environnementaux clés, structurés principalement autour des indicateurs de base du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF), pour mesurer son impact sur la biodiversité, les terres et le climat.

1. Aires protégées et biodiversité

Le projet vise à améliorer l’efficacité de la gestion du capital naturel dans les zones prioritaires :

  • Gestion du corridor forestier (COFAV) : l’objectif est d’assurer une gestion efficace sur 53 092 hectares d’aires protégées terrestres ;
  • Score METT (Management Effectiveness Tracking Tool) : le projet cible une augmentation du score de gestion de l’aire protégée, passant d’une base de 61 à un objectif de 76 ;
  • Protection des espèces menacées : un indicateur spécifique suit la stabilité ou l’augmentation des populations de la grenouille endémique Mantella cowani (Sahona mena) dans les sites du projet ;
  • Restauration écologique : à la fin de la deuxième période de rapport (2025), 147 hectares de forêts avaient déjà été restaurés et 262,7 hectares reboisés.

2. Gestion durable des terres (GDT) et paysages

Le projet intervient sur les paysages productifs pour réduire la dégradation :

  • Paysages sous gestion améliorée : une cible de 238 234 hectares de paysages (hors aires protégées) doit bénéficier d’une gestion améliorée pour la biodiversité via l’intégration de plans d’occupation des sols (LUP/SAC) dans 9 communes et 1 district ;
  • Pratiques de gestion durable des terres : l’objectif est de mettre 119 453 hectares de terres sous des pratiques de GDT ;
  • Modèle d’éco-village : l’opérationnalisation de 18 éco-villages engagés activement dans la gestion communautaire des ressources naturelles.

3. Atténuation du changement climatique

Les indicateurs mesurent la réduction de l’empreinte carbone à travers la conservation et les énergies propres :

  • Émissions de gaz à effet de serre évitées : l’objectif global est d’atténuer 6 298 884 tonnes métriques de CO2 équivalent sur une période de 20 ans ;
  • Énergies renouvelables : l’accès à l’énergie propre est visé pour 15 000 personnes (soit environ 2 150 ménages). En 2025, 6 900 personnes bénéficiaient déjà de ces dispositifs, correspondant à 5 508 tonnes de carbone évitées à cette date ;
  • Efficacité énergétique : au moins 50 % des ménages des éco-villages (environ 20 000 foyers) doivent utiliser des foyers améliorés pour réduire la consommation de bois de chauffe.

4. Comptabilité du Capital Naturel (CCN)

Des indicateurs de capacité institutionnelle et de production technique sont également suivis :

  • Capacité institutionnelle : une augmentation de 10 points du score de capacité des institutions responsables de la valorisation du capital naturel (base de 47) ;
  • Documents de CCN : au moins 9 communes doivent disposer d’un document d’évaluation du capital naturel validé ;
  • Cadre réglementaire : présence d’un cadre réglementaire adopté et appliqué soutenant la CCN et la création d’éco-villages.

Indicateurs socio-économiques

Le projet PECOV utilise une série d’indicateurs socio-économiques pour mesurer l’impact des interventions sur le bien-être des populations locales dans les régions d’Amoron’i Mania et de la Haute Matsiatra.

1. Bénéficiaires et Équité de Genre

  • Nombre de bénéficiaires directs : l’objectif final est de toucher 120 000 personnes, avec une répartition strictement paritaire de 60 000 femmes et 60 000 hommes ;
  • Participation inclusive : en 2024, le projet avait déjà atteint 17 757 bénéficiaires directs, dont 57 % de femmes ;
  • Leadership féminin : le projet suit le taux de représentation des femmes dans les instances de décision, avec une cible de 40 % de femmes au sein des comités de gestion des éco-villages.

2. Revenus et Moyens de Subsistance

  • Augmentation des revenus ménagers : le projet vise une hausse moyenne de 20 % des revenus pour 70 % des ménages participants ;
  • Appui aux ménages dirigés par des femmes : au moins 30 % des ménages bénéficiant de ces augmentations de revenus doivent être dirigés par des femmes ;
  • Diversification économique : les indicateurs incluent le développement de filières à haute valeur ajoutée comme les huiles essentielles, l’apiculture, l’aviculture et l’artisanat labellisé Zafimaniry.

3. Accès à l’Énergie et Efficacité

  • Énergies renouvelables : l’objectif est de fournir un accès à l’énergie solaire ou hydroélectrique à 15 000 personnes (soit environ 2 150 ménages). En 2025, 6 900 personnes disposaient déjà de ces équipements ;
  • Réduction de la dépendance au bois : le projet cible l’adoption de foyers améliorés par 50 % des ménages des éco-villages (environ 20 000 foyers) afin d’améliorer la santé des familles et réduire les corvées de bois.

4. Connaissances et Changement de Comportement

  • Niveau de sensibilisation (KAP) : le projet mesure l’évolution des connaissances, attitudes et pratiques, avec pour objectif que 70 % des membres de la communauté soient conscients des menaces pesant sur la biodiversité ;
  • Documentation des pratiques : la production et la diffusion de 25 guides de bonnes pratiques et leçons apprises sont prévues pour faciliter la réplication du modèle.

5. Gouvernance et Capacités Locales

  • Structures de gestion : l’indicateur clé est la création et la formalisation de 18 éco-villages sous forme d’associations à but non lucratif ;
  • Formation de formateurs : le projet suit le nombre de Leaders Éco-village (LEV) et de Formateurs Locaux Villageois (FLV) recrutés et formés, dont environ 30 % sont des femmes.

Défis et adaptations

Le projet PECOV a fait face à divers défis multidimensionnels, allant du contexte sanitaire mondial aux contraintes logistiques et comportementales locales, nécessitant des stratégies d’adaptation continues.

1. Défis Sanitaires et de Sécurité

  • Pandémie de COVID-19 : au démarrage, la pandémie a menacé de retarder la mise en œuvre à cause des restrictions de voyage et de réunion. L’adaptation a consisté à privilégier les partenaires locaux situés à Madagascar pour limiter les besoins de déplacements internationaux, à utiliser des plateformes en ligne pour les concertations et à adopter des protocoles sanitaires stricts lors des visites de terrain ;
  • Insécurité dans certaines zones : l’Aire Protégée d’Itremo, initialement prévue, a dû être exclue du projet lors de la phase de préparation en raison de la résurgence de l’insécurité, le district étant classé en « Zone Rouge ». Le projet s’est alors recentré sur des sites plus sûrs au sein et à proximité du corridor COFAV ;

2. Défis Opérationnels et Logistiques

  • Enclavement des sites : les zones d’intervention sont reculées, accidentées et dépourvues de transports publics. Pour y remédier, le projet a prévu l’achat de véhicules 4×4 et de motos pour permettre au personnel de l’Unité de Coordination (UCP) et aux coordinateurs de terrain de mobiliser les communautés ;
  • Complexité technique des données : les résultats de la comptabilité du capital naturel (CCN) sont souvent trop techniques pour les acteurs locaux. L’adaptation passe par la production d’outils de communication vulgarisés (vidéos explicatives, affiches, guides en langue malgache) et la tenue de sessions de formation simplifiées ;
  • Logistique des intrants : le transport d’équipements (comme les kits solaires) dans des zones isolées est un défi majeur.

3. Défis Socio-politiques et Comportementaux

  • Résistance au changement : il existe une réticence naturelle à abandonner des pratiques destructrices (culture sur brûlis, pâturage incontrôlé) au profit de nouvelles méthodes dont les bénéfices sont à plus long terme. L’adaptation repose sur un processus graduel de démonstration via des sites pilotes et des visites d’échange pour prouver l’efficacité économique des alternatives durables ;
  • Coordination institutionnelle : le projet doit harmoniser les priorités de multiples directions régionales et parties prenantes. La création de Comités de Pilotage Régionaux et de comités éco-villageois municipaux a permis de structurer cette collaboration ;
  • Gouvernance et risques de clientélisme : pour éviter que les bénéfices ne soient accaparés par des intérêts particuliers, les maires ont été intégrés aux structures de décision, et un mécanisme de gestion des plaintes (CMM) a été rendu opérationnel dès la première année.

4. Défis Environnementaux et Climatiques

  • Aléas climatiques : la survie des jeunes plants lors des activités de reforestation est fortement dépendante des conditions climatiques (sécheresses) ;
  • Adaptation climatique : le projet intègre des pratiques d’agriculture intelligente face au climat, la promotion de l’agroforesterie et la sélection de semences résilientes pour garantir la durabilité des moyens de subsistance face aux changements environnementaux.

5. Adaptations des Capacités Locales

  • Renforcement technique : face à la faible capacité initiale pour la CCN et la gestion des Aires Protégées, le projet a mis en place un programme de formation intensif pour les cadres ministériels et a recruté des Formateurs Locaux Villageois (FLV) et des Leaders Éco-village (LEV) pour assurer un transfert de compétences pérenne au sein même des communautés.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet PECOV se distingue par plusieurs innovations conceptuelles et opérationnelles, ainsi que par l’adoption de bonnes pratiques visant à assurer la durabilité des interventions dans les Hautes Terres centrales.

1. Innovations du Projet

  • Comptabilité du Capital Naturel (CCN) comme outil de décision : l’innovation majeure réside dans l’utilisation des résultats de la CCN pour informer les plans d’aménagement du territoire. Cela permet d’intégrer les valeurs économiques de la biodiversité et des services écosystémiques (ainsi que les pertes économiques liées à leur dégradation) dans les décisions publiques ;
  • Modèle d’Éco-Village : le concept d’éco-village is une approche nouvelle à Madagascar pour réduire l’empreinte écologique tout en améliorant les moyens de subsistance. Il s’agit d’une plateforme de co-intendance des biens environnementaux par les parties prenantes locales ;
  • Nouvelle approche de co-gestion des Aires Protégées : le projet introduit un model de gestion où les communautés ne sont plus de simples observateurs, mais des acteurs impliqués dans la prise de décision sur la protection des ressources biologiques du corridor COFAV ;
  • Valorisation de filières non traditionnelles : l’accent mis sur le développement d’activités génératrices de revenus biodiversité-compatibles, comme les huiles essentielles ou l’artisanat labellisé, permet d’explorer des niches de marché innovantes pour les communautés rurales.

2. Bonnes pratiques de Gouvernance et d’Engagement

  • Structure de coordination à trois niveaux : pour garantir une gestion fluide, le projet a mis en place des comités de pilotage aux niveaux régional, municipal et villageois. Cette approche facilite l’intégration des éco-villages dans les processus de planification municipale ;
  • Recours aux Formateurs Locaux Villageois (FLV) : la sélection et la formation de leaders locaux (LEV) et de formateurs (FLV) issus de la communauté même garantissent la pérennité des compétences techniques après la fin du projet. Cette stratégie de « learning by doing » (apprendre en faisant) minimise les conflits d’intérêt ;
  • Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP/CMM) : l’établissement d’un système de gestion des plaintes, validé par les communautés et dirigé par un membre du comité villageois, est une bonne pratique essentielle pour renforcer la transparence et atténuer les risques de corruption ou de mésentente.

3. Bonnes pratiques de Gestion Durable

  • Aménagement d’Espaces Verts et Écoles de terrain : la création d’espaces verts au sein des villages sert de site de démonstration pour l’agroécologie et l’utilisation de matériaux locaux pour l’éco-construction ;
  • Transition vers les Énergies Renouvelables : l’installation de kiosques solaires et la distribution de kits permettent de réduire la dépendance au charbon et au bois de chauffage, tout en améliorant la qualité de vie (éclairage, recharge de téléphones) ;
  • Approche paysagère intégrée : le projet ne se limite pas aux limites des aires protégées ; il intervient sur les paysages productifs adjacents (bassins versants) pour assurer la connectivité écologique et la protection des sources d’eau.

4. Leçons apprises de l’expérience internationale

Le projet a intégré des enseignements tirés d’initiatives similaires (notamment au Sénégal) :

  • L’éco-village ne doit pas être une simple entité administrative, mais un groupe fonctionnel d’habitats et d’exploitations agricoles opérant autour de pratiques durables ;
  • Le changement de comportement doit émaner des membres eux-mêmes pour être durable ;
  • L’autonomie fonctionnelle des villages doit être soutenue par des services publics agissant comme plateformes d’appui.