Études de pays sur la diversité biologique – Phase II

S’appuyant sur les évaluations initiales de la Phase I, cette deuxième étape se concentre sur le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des pays en développement. L’objectif est de leur permettre de remplir pleinement leurs obligations au titre de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Permettre à ces pays de mener des études nationales exhaustives sur la biodiversité, qui ont servi de base à l’identification des priorités et à l’élaboration des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB).

Les 3 piliers de cet objectif :

  1. L’Inventaire Scientifique : Recenser ce qui existe (espèces, écosystèmes, gènes) pour savoir ce qu’il faut protéger en priorité.

  2. L’Évaluation Économique : Déterminer le coût de la conservation et, surtout, le coût de l’inaction (ce que le pays perd si la biodiversité disparaît).

  3. L’Institutionnalisation : Créer des unités de biodiversité au sein des ministères pour que les SPANB ne soient pas juste des rapports sur une étagère, mais des outils de décision politique.

 

Le cycle de planification (Cadre GEF)

Étape Rôle du projet Phase II
Avant Données fragmentées et manque de moyens financiers.
Pendant Réalisation des Études de pays (Collecte de données).
Après Publication des SPANB et mise en œuvre des politiques de protection.

Initiative mondiale mise en œuvre par le PNUE avec le financement du FEM, cette deuxième phase s’appuie sur les évaluations initiales de la Phase I. Elle se concentre sur le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des pays en développement afin de leur permettre de remplir leurs obligations au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Le projet concerne huit pays : le Burkina Faso, la Colombie, l’Estonie, la Géorgie, Madagascar, la Namibie, la Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC)

 

Composants et activités clés

  • Rapports nationaux : Aider les pays à produire leurs rapports nationaux pour la CDB, garantissant ainsi le suivi des engagements internationaux.

  • Élaboration des SPANB : Soutenir la création ou la révision des Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) afin d’intégrer la conservation de la nature dans la planification nationale et sectorielle.

  • Gestion des données : Renforcer le Centre d’Échange d’Informations (CHM – Clearing-House Mechanism) afin d’améliorer le partage des connaissances et la mise en réseau des experts.

 

Pourquoi ces 3 points sont indissociables du projet ?

  • Le lien Étude -> Rapport : L’étude de pays (Phase II) a fourni les chiffres, et le Rapport National les a communiqués officiellement à l’ONU.
  • L’intégration (Mainstreaming) : Le but ultime des SPANB était que le ministère de l’Économie ou de l’Agriculture utilise aussi ces données, pas seulement le ministère de l’Environnement.
  • Le CHM (Clearing-House Mechanism) : C’est l’outil technique (souvent une plateforme web ou une base de données) qui a été créé à cette époque pour éviter que les données ne se perdent après la fin du projet.

Bénéficiaires

Groupes cibles : Pays en développement et économies en transition signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

  • Bénéficiaires Institutionnels : Le projet soutient prioritairement les instances gouvernementales, les ministères de l’Environnement et les organismes de recherche nationaux. Cet appui est crucial pour structurer et valider les Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB), transformant ainsi les engagements internationaux en politiques publiques concrètes.

  • Bénéficiaires Directs : Il s’agit des acteurs opérationnels du secteur : experts scientifiques, décideurs politiques et gestionnaires de ressources naturelles. Grâce à des programmes de formation spécialisés et à la fourniture d’outils de planification stratégique, leurs capacités d’analyse et de gestion sont durablement renforcées.

  • Bénéficiaires Indirects : À terme, l’impact bénéficie aux populations locales et aux communautés dépendantes des ressources naturelles. La préservation des services écosystémiques et la gestion durable de la biodiversité garantissent la sécurité de leurs moyens de subsistance et la résilience de leur environnement.

Indicateurs environnementaux

Indicateurs de Suivi et Résultats Attendus

  • État de la Conservation des Espèces : Suivi de la dynamique des populations, avec une attention particulière pour les espèces menacées, endémiques ou inféodées aux milieux forestiers.
  • Intégrité et Santé des Écosystèmes : Évaluation de la qualité des habitats à travers des indicateurs clés comme l’indice trophique marin (pour les zones côtières) et la structure des écosystèmes terrestres (forêts et zones humides).
  • Analyse des Pressions et Menaces : Mesure précise des taux de déforestation, de la fragmentation des paysages naturels et de la dégradation des habitats critiques.
  • Renforcement du Cadre de Protection : Évaluation de l’efficacité du réseau national à travers le nombre de sites classés et la superficie totale des aires protégées officiellement créées ou consolidées.

Indicateurs socio-économiques

Usage durable : Niveau d’exploitation des ressources biologiques et biens/services fournis par les écosystèmes.

Sensibilisation : Indicateurs de participation du public et éducation.

Financement : Solutions de financement pour la biodiversité et investissements.

Facteurs de succès

Principes Stratégiques et Méthodologies

  • Cohérence Stratégique Nationale : Garantir l’alignement des interventions avec les priorités de gouvernance environnementale et les politiques de développement durable de chaque État partenaire.
  • Gestion Intégrée des Ressources Naturelles (GIRN) : Adopter une approche transversale incluant l’adaptation aux changements climatiques et la médiation des conflits liés à l’usage des terres et des ressources.
  • Aide à la Décision par la Donnée : Renforcer les capacités de collecte, d’analyse et d’interprétation des données scientifiques pour assurer une prise de décision politique factuelle et éclairée.
  • Gouvernance Inclusive et Multipartite : Favoriser une mise en œuvre participative, impliquant les institutions nationales, les structures de concertation locales et les communautés de base pour garantir l’appropriation du projet.
  • Ingénierie Financière et Standardisation : Application de méthodologies rigoureuses (telles que l’initiative BIOFIN) pour l’évaluation économique de la biodiversité et la mobilisation de financements pérennes.

 

Ce projet s’inscrit dans une dynamique globale de mise en œuvre des SPANB, visant la protection durable et la restauration des écosystèmes critiques à travers des mécanismes de gestion éprouvés.

Défis et adaptations

Défis principaux

Pour garantir le succès de la conservation de la biodiversité, le projet s’attaque à quatre défis structurels identifiés dans les pays partenaires :

  • Déficit d’informations scientifiques : Combler le manque de données précises, souvent insuffisantes ou obsolètes, qui freine l’élaboration de politiques publiques basées sur des preuves concrètes de l’état de la biodiversité.
  • Limites des capacités institutionnelles : Renforcer les institutions nationales dont les capacités techniques et administratives sont actuellement restreintes, afin d’assurer un suivi rigoureux des engagements internationaux.
  • Pérennisation des financements : Relever le défi de la mobilisation de ressources financières à long terme, en développant des mécanismes durables pour prendre le relais des financements initiaux du FEM.
  • Transversalité et intégration sectorielle : Surmonter les difficultés liées à l’intégration des enjeux de la biodiversité dans les politiques de développement clés, notamment l’agriculture, l’énergie et l’urbanisme.

 

Stratégies d’Adaptation et Leviers d’Action

Pour répondre aux défis identifiés, le projet déploie des solutions innovantes et structurantes :

  • Approche transversale et synergie avec les ODD : Intégration systématique des données relatives à la biodiversité dans les processus décisionnels, afin de garantir la cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).
  • Innovation et transformation numérique : Modernisation des mécanismes de collecte et d’analyse de données via des outils numériques, favorisant une gestion de l’information plus inclusive, transparente et accessible.
  • Renforcement institutionnel continu : Déploiement de programmes de formation ciblés pour doter les institutions nationales des compétences nécessaires au respect de leurs engagements internationaux.
  • Déploiement de Solutions fondées sur la Nature (SfN) : Mise en œuvre de projets concrets de résilience, à l’image des initiatives de protection et de renforcement du littoral au Mozambique (Adaptation fondée sur les Écosystèmes – AfE).

Innovation et bonnes pratiques

Axes Stratégiques et Mécanismes de Mise en Œuvre

Le projet déploie un ensemble de leviers opérationnels pour transformer la gestion de la biodiversité à Madagascar :

  • Ingénierie Financière Innovante : Appui à l’élaboration de plans de financement pérennes, incluant des études de faisabilité pour des échanges dette-nature et le développement de stratégies d’investissement durable.
  • Institutionnalisation de l’Approche Genre : Intégration systématique de la dimension de genre dans la planification des stratégies d’adaptation aux changements climatiques, garantissant une résilience inclusive.
  • Gestion et Restauration des Aires Protégées : Renforcement de la conservation dans des zones prioritaires telles que Ampasindava et Loky Manambato, par la restauration des habitats critiques et la protection rigoureuse des espèces menacées.
  • Conformité Environnementale (MECIE) : Application stricte du décret relatif à la Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement, afin d’assurer que les projets de développement intègrent les impératifs de préservation de la biodiversité.
  • Engagement et Résilience Communautaire : Promotion d’alternatives durables pour alléger la pression anthropique sur les massifs forestiers, notamment via le soutien aux activités génératrices de revenus (AGR) et aux programmes de reboisement.
  • Transparence et Reporting Financier : Développement de protocoles de divulgation d’informations financières liées à la nature, assurant une gouvernance transparente et une traçabilité accrue des ressources mobilisées.

 

Note stratégique : L’ensemble de ces interventions s’inscrit dans le cadre du 8ème cycle de programmation du FEM (GEF-8), avec pour ambition ultime de concilier résilience écologique et développement durable à Madagascar.