Gestion durable des zones de conservation et amélioration des moyens de subsistance pour lutter contre le trafic d’espèces sauvages à Madagascar

Ce projet vise à conserver la biodiversité unique de Madagascar en renforçant la gestion de trois nouvelles aires protégées situées dans le sud du pays. Il combat le trafic illégal et le braconnage par des réformes politiques nationales et un renforcement des capacités d’enquête et de poursuite judiciaire.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Parallèlement, il soutient les communautés locales en développant des moyens de subsistance durables et une gestion communautaire des ressources naturelles pour au moins 6 000 bénéficiaires. L’objectif ultime est de stabiliser les populations d’espèces menacées, telles que les tortues radiées et les lémuriens, tout en améliorant la résilience économique locale.

Les agences

Agence d’exécution principale :

  • Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) : C’est l’entité responsable de l’exécution globale du projet, de la coordination et de la gestion quotidienne via l’Unité de Gestion du Projet (UGP)

Agence de mise en œuvre (GEF Agency)

  • Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE/UNEP) : Responsable de la supervision générale du projet et de sa conformité avec les normes du GEF

Partenaires d’exécution gouvernementaux

  • Ministère de la Justice : Participation aux réformes législatives et au renforcement des poursuites judiciaires contre les crimes liés à la faune;
  • Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation : Soutien au développement de l’autonomie locale dans les régions cibles (Androy et Anosy);
  • Ministère de l’Économie et des Finances : Suivi des financements externes;
  • Forces de l’ordre : La Gendarmerie Nationale, la Police et les Douanes malagasy pour l’application des lois et les enquêtes;
  • Directions Régionales de l’Environnement (DREDD) : Points focaux pour la mise en œuvre sur le terrain dans les régions de l’Anosy et de l’Androy.

Partenaires internationaux et intergouvernementaux

  • Secrétariat de la CITES : Appui technique pour le respect des obligations internationales liées au commerce des espèces menacées;
  • ONUDC (UNODC) : Collaboration sur l’analyse des crimes liés à la faune et le renforcement des capacités judiciaires;
  • CNUCED (UNCTAD) : Partenaire technique pour l’introduction de la solution numérique eCITES;
  • PNUD (UNDP) : Co-financier et partenaire sur des projets de développement durable complémentaires;
  • USAID et Banque Mondiale : Coordination avec leurs programmes respectifs sur la conservation et la gouvernance.

Organisations non gouvernementales (ONG) et Société Civile

  • TRAFFIC : Appui technique majeur pour la lutte contre le trafic illégal et le suivi du commerce;
  • Grace Farms Foundation (GFF) : Mentorat spécialisé pour les enquêteurs et procureurs;
  • Wildlife Conservation Society (WCS) : Introduction d’outils de suivi (SMART) et gestion des aires protégées;
  • Association MIARO : Expert local pour la création et la gestion communautaire des nouvelles aires protégées;
  • SEED Madagascar : Appui au développement de moyens de subsistance durables dans la région de l’Anosy;
  • Turtle Survival Alliance (TSA) : Réhabilitation des tortues confisquées et protection directe des espèces;
  • Durrell Wildlife Conservation Trust : Protection des espèces menacées et engagement communautaire;
  • Alliance Voahary Gasy (AVG) : Mise en place de campagnes de sensibilisation et de lignes d’alerte pour signaler les crimes environnementaux;
  • FAPBM : Fondation finançant durablement les aires protégées à Madagascar.

Partenaires académiques et secteur privé

  • Université d’Antananarivo et EDEN : Réalisation d’études biologiques et écologiques;
  • Secteur Privé local : Entreprises comme Tatsimo Food and Services, Glaieul et SOAKETSA pour le développement de filières agricoles durables avec les communautés

L’objectif global du projet est de conserver la biodiversité de Madagascar en renforçant la gestion de trois Nouvelles Aires Protégées (NAP de catégorie V), avec une participation active des communautés et une application rigoureuse de la loi pour réduire le braconnage et le trafic illégal d’espèces sauvages.

Le projet s’articule autour de quatre objectifs spécifiques (composantes) :

1. Renforcement du cadre politique et institutionnel

  • Élaborer une Stratégie nationale d’application de la loi sur la criminalité liée aux espèces sauvages et des directives stratégiques nationales pour la gestion des NAP;
  • Déployer la solution numérique eCITES (ASYCUDA) pour mieux gérer le commerce légal et détecter les transactions illégales aux points de sortie du pays;
  • Former et équiper les unités d’élite : au moins 20 officiers de police, de justice et du MEDD recevront un mentorat spécialisé pour mener des enquêtes et des poursuites efficaces contre les réseaux criminels.

 

2. Efficacité de gestion des aires protégées cibles

  • Opérationnaliser 196 410 hectares de NAP (Angavo, Sud-Ouest Ifotaky et Behara-Tranomaro) en dotant ces zones de plans de gestion, de personnel formé et d’infrastructures de surveillance;
  • Améliorer l’efficacité de la gestion : faire passer le score moyen d’efficacité (METT) de 21 à 40 pour ces trois sites;
  • Éliminer la perte de couverture forestière annuelle dans les NAP (passer de 560 ha/an à 0).

 

3. Engagement communautaire et réduction de la pauvreté

  • Soutenir les moyens de subsistance : permettre à au moins 6 000 personnes (dont 50 % de femmes) de générer des revenus grâce à la gestion communautaire des ressources naturelles et à des activités alternatives durables;
  • Restaurer les paysages : mettre en place des pratiques améliorées bénéficiant à la biodiversité sur 10 000 hectares adjacents aux aires protégées.

 

4. Sensibilisation et gestion des connaissances

  • Changer les comportements : mener un programme de sensibilisation national ciblant 15 000 personnes pour encourager le signalement des crimes environnementaux (objectif : 300 signalements);
  • Intégrer le genre : mettre en œuvre une stratégie d’autonomisation des femmes dans tous les aspects de la conservation et de la gestion des ressources;

 

Cibles biologiques prioritaires

Le succès final du projet sera mesuré par la stabilisation ou l’augmentation des populations de quatre espèces emblématiques dans les zones d’intervention:

  • La tortue radiée (Astrochelys radiata)
  • La tortue araignée (Pyxis arachnoides)
  • Le lémur catta (Lemur catta)
  • Le sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxii)

Un projet du Fonds pour l’environnement mondial (GEF) visant à protéger la biodiversité à Madagascar en luttant contre le commerce illégal d’espèces sauvages. L’initiative se concentre sur la gestion de trois nouvelles aires protégées dans les régions d’Anosy et d’Androy, ciblant particulièrement la sauvegarde des tortues radiées et des lémuriens. La stratégie repose sur quatre piliers : le renforcement des cadres législatifs, l’amélioration de l’efficacité de la surveillance, l’engagement des communautés locales et la sensibilisation du public. Le programme prévoit également l’intégration de solutions technologiques comme le système eCITES pour mieux contrôler les exportations légales et détecter les fraudes. Enfin, une attention particulière est portée à l’égalité des sexes et au développement de moyens de subsistance durables pour réduire la dépendance des populations envers le braconnage.

Composants et activités clés

Ce projet est structuré autour de 4 composantes principales, conformément au cadre du GEF (Global Environment Facility), chacune visant des résultats spécifiques à travers des activités clés :

Composante 1 : Cadres politiques et institutionnels nationaux pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts

L’objectif est de renforcer les capacités de l’État malagasy à contrôler le trafic illégal et à gérer les nouvelles aires protégées (NAP):

  • Activité 1.1 : Élaboration de la Stratégie nationale d’application de la loi sur la criminalité liée aux espèces sauvages et des directives nationales pour la gestion des NAP (Catégorie V de l’UICN);
  • Activité 1.2 : Déploiement de la solution numérique ASYCUDA eCITES pour automatiser les permis, réduire la corruption et détecter le commerce illégal aux points de sortie;
  • Activité 1.3 : Programme de mentorat spécialisé pour une unité inter-agences (MEDD, Justice, Police) sur les enquêtes criminelles et fourniture d’équipements de pointe (drones, scanners X-ray, logiciels d’analyse criminelle)

 

Composante 2 : Efficacité de la gestion des aires protégées (AP) sélectionnées

Cette composante vise à rendre opérationnelles les NAP cibles (Behara-Tranomaro, Sud-Ouest Ifotaky et Angavo) pour protéger les habitats critiques :

  • Activité 2.1 : Finalisation de tous les documents de gestion obligatoires, incluant le zonage fonctionnel, les plans d’aménagement et les titres fonciers pour sécuriser les limites des AP:
  • Activité 2.2 : Formation intensive du personnel (agents du MEDD et moniteurs communautaires) sur les tactiques anti-braconnage, l’utilisation de l’outil SMART pour le suivi spatial et la surveillance de la biodiversité;
  • Activité 2.3 : Mise en place des infrastructures de base et équipements de terrain (véhicules tout-terrain, radios VHF, postes de surveillance mobiles, camps temporaires);

 

Composante 3 : Engagement communautaire et réduction de la pauvreté pour une gestion efficace des NAP

L’accent est mis sur le développement de moyens de subsistance durables pour réduire la dépendance des populations locales vis-à-vis des ressources forestières :

  • Activité 3.1 : Création de Comités de gestion des ressources naturelles au niveau des communes rurales et élaboration de plans de gestion communautaire;
  • Activité 3.2 : Financement de projets pilotes générateurs de revenus (apiculture, jardins maraîchers de Moringa, foyers améliorés, écotourisme communautaire) pour au moins 6 000 bénéficiaires;

 

Composante 4 : Gestion des connaissances, autonomisation des femmes et suivi-évaluation

Cette composante transversale assure la pérennité et la visibilité des résultats du projet :

  • Activité 4.1 : Mise en œuvre d’une stratégie d’autonomisation du genre pour garantir la participation active des femmes dans la conservation et la prise de décision;
  • Activité 4.2 : Établissement d’un cadre de suivi et évaluation participatif pour mesurer les impacts biologiques (stabilité des populations de tortues et lémuriens) et socio-économiques;
  • Activité 4.3 : Lancement d’un programme national de sensibilisation ciblant 15 000 personnes et renforcement de la ligne verte pour le signalement des crimes environnementaux;
  • Activité 4.4 : Systématisation et partage des leçons apprises au niveau national et international via le réseau Global Wildlife Program (GWP)

Bénéficiaires

Le projet prévoit de bénéficier directement à environ 6 300 personnes, dont au moins 40 % sont des femmes. La grande majorité de ces bénéficiaires (95 %) sont des populations locales résidant dans les trois Nouvelles Aires Protégées (NAP) cibles du Sud de Madagascar.

La répartition détaillée des bénéficiaires

1. Populations et communautés locales

  • 6 000 personnes (dont 50 % de femmes) bénéficieront directement d’investissements pour le développement de moyens de subsistance durables, la gestion communautaire des ressources naturelles (CBNRM) et des projets pilotes générateurs de revenus;
  • Les habitants de 4 communes rurales situées dans et autour des NAP (Angavo, Sud-Ouest Ifotaky et Behara-Tranomaro) qui recevront un soutien pour la sécurisation foncière et la gestion décentralisée des ressources;
  • Les associations communautaires (COBA) qui seront impliquées dans la cogestion des aires protégées.

2. Personnel technique et opérationnel

  • 260 à 270 membres du personnel des NAP, incluant des officiers du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) ainsi que des moniteurs forestiers communautaires, qui recevront des formations sur la gestion des aires protégées et le suivi de la biodiversité;
  • 35 à 40 officiers d’application de la loi (enquêteurs et procureurs) basés à Antananarivo et dans la province de Toliara, qui bénéficieront d’un programme de mentorat spécialisé pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages;

3. Institutions gouvernementales

  • Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), notamment la DGEF et les DREDD, verra ses capacités institutionnelles renforcées pour la gestion des NAP et le contrôle du trafic;
  • Le Ministère de la Justice et la Police, à travers la création et l’équipement d’une unité inter-agences de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages;

 

4. Bénéficiaires de la sensibilisation

  • Au moins 15 000 personnes issues du grand public et des communautés locales seront touchées par un programme national de sensibilisation sur la valeur de la biodiversité et les impacts négatifs du trafic illégal

Indicateurs environnementaux

Ces indicateurs visent à mesurer l’efficacité de la protection des habitats et des espèces menacées :

  • Gestion des Aires Protégées : L’objectif est d’opérationnaliser totalement 196 410 hectares de Nouvelles Aires Protégées (NAP). L’efficacité de leur gestion, mesurée par l’outil METT, doit passer d’un score de base moyen de 21 à 40
  • Couverture Forestière : Le projet vise à stopper net la perte de couverture forestière annuelle dans les trois NAP cibles, passant de 560 ha/an à 0 ha/an. La surface totale de couverture arborée doit rester stable à au moins 116 590 ha
  • Stabilité des Populations Fauniques : Le succès est défini par la stabilisation ou l’augmentation des populations de quatre espèces phares : la tortue radiée, la tortue-araignée, le lémur catta et le sifaka de Verreaux;
  • Lutte contre le Braconnage : Le nombre annuel de saisies de tortues dans les régions de l’Anosy et de l’Androy doit être réduit à 2 cas ou moins d’ici la fin du projet (contre 7 en 2019), après une hausse attendue à mi-parcours due au renforcement des contrôles;
  • Restauration des Paysages : En dehors des aires protégées, 10 000 hectares de paysages doivent être soumis à des pratiques améliorées bénéficiant à la biodiversité.

Indicateurs socio-économiques

Ces indicateurs évaluent l’impact du projet sur le bien-être humain et les capacités institutionnelles :

  • Bénéficiaires des Moyens de Subsistance : Le projet cible 6 000 personnes (dont au moins 50 % de femmes) générant de la nourriture et des revenus grâce à la gestion communautaire des ressources naturelles et à des moyens de subsistance alternatifs;
  • Revenus des Ménages : Une augmentation projetée des revenus des communautés locales de 50 % à 100 % est attendue suite à la mise en œuvre des projets pilotes;
  • Réduction des Pertes Économiques : Le projet prévoit de réduire de 80 % à 100 % les pertes économiques liées au braconnage, au commerce illégal et à la destruction des habitats;
  • Renforcement des Capacités Judiciaires : Au moins 20 officiers basés à Antananarivo et dans la province de Toliara devront appliquer de manière professionnelle les compétences acquises en matière d’enquête et de poursuite judiciaire;
  • Sensibilisation et Signalement : Le programme national vise à ce qu’au moins 300 personnes signalent des crimes liés aux espèces sauvages et aux forêts suite aux campagnes de sensibilisation;
  • Égalité des Genres : En plus de l’objectif de 50 % de bénéficiaires féminines pour les activités économiques, le projet suit la participation des femmes dans la prise de décision et l’accès aux services socio-économiques

Facteurs de succès

Défis et adaptations

Innovation et bonnes pratiques