Gestion intégrée des paysages pour des chaînes de valeur du café et du riz sans déforestation dans le centre-sud et la côte est de Madagascar [FOLUR]

Ce projet vise à transformer les filières du café et du riz à Madagascar en instaurant des systèmes alimentaires durables et sans déforestation sur plus de 1,3 million d’hectares. En intégrant la restauration des écosystèmes à des pratiques agricoles climato-intelligentes, il améliorera les revenus de 80 000 bénéficiaires tout en protégeant une biodiversité unique d’importance mondiale. Enfin, cette initiative prévoit d’atténuer environ 4,9 millions de tonnes de CO2e, contribuant ainsi aux engagements environnementaux du pays via le programme d’impact mondial FOLUR.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

FOLUR intervient dans quatre régions principales situées dans les hautes terres du centre-sud et sur la côte sud-est de Madagascar. Ces zones d’intervention, appelées « paysages cibles », couvrent une superficie totale de 1 307 287 hectares, englobant 91 communes réparties dans 10 districts :

1. Région Amoron’i Mania (Hautes Terres)

  • Districts concernés : Ambatofinandrahana, Ambositra, Fandriana et Manandriana ;
  • Superficie : 397 118 hectares couvrant 25 communes ;
  • Aires protégées associées : Massif d’Itremo, Massif d’Ibity et des zones bordant le corridor Ambositra-Vondrozo (COFAV) et Marolambo.

2. Région Vatovavy (Côte Est)

  • Districts concernés : Ifanadiana et Mananjary ;
  • Superficie : 438 112 hectares couvrant 22 communes ;
  • Aires protégées associées : Parc National de Ranomafana et le corridor COFAV.

3. Région Fitovinany (Côte Est)

  • Districts concernés : Manakara Atsimo et Vohipeno ;
  • Superficie : 196 181 hectares couvrant 16 communes ;
  • Aires protégées associées : Zones bordant le corridor forestier COFAV.

4. Région Atsimo Atsinanana (Côte Sud-Est)

  • Districts concernés : Farafangana et Vangaindrano ;
  • Superficie : 275 876 hectares couvrant 28 communes ;
  • Aires protégées associées : Agnalazaha, Manombo et Ankarobolava Agnakatrika.

Zones d’Intervention Prioritaires (PIA)

Bien que le projet planifie la gestion à l’échelle de ces grands paysages, les activités concrètes sur le terrain (restauration, agriculture climato-intelligente) se concentrent sur des Zones d’Intervention Prioritaires (PIA) identifiées au sein de chaque paysage. Ces PIA couvrent une surface totale de 96 274 hectares et incluent des forêts naturelles, des terres agricoles dominées par le riz et des systèmes agroforestiers de café.

Le choix de ces zones repose sur la présence importante de plantations de café Robusta (sur la côte) et Arabica (dans l’Amoron’i Mania), ainsi que sur la nécessité de protéger des points chauds de biodiversité comme le corridor COFAV qui borde les paysages cibles dans les quatre régions.

L’objectif officiel du projet, tel qu’énoncé dans les documents de la FAO et du GEF, est de promouvoir des systèmes alimentaires durables, sans déforestation, tout en soutenant la conservation de la biodiversité et la fourniture de services écosystémiques.

Le projet se concentre spécifiquement sur les chaînes de valeur du riz et du café dans les paysages des hautes terres du Centre-Sud et de la côte Est de Madagascar.

Pour atteindre cet objectif global, l’approche est structurée autour de deux axes principaux issus de sa théorie du changement :

  • Axe horizontal (Gestion du paysage) : il vise à gérer durablement les paysages café-forêt par une gouvernance foncière responsable, la restauration des services écosystémiques et la diversification des moyens de subsistance des communautés locales ;
  • Axe vertical (Chaînes de valeur) : il s’attache à améliorer l’efficacité, la durabilité et la commercialisation des chaînes de valeur du café et du riz dans les zones d’intervention, en promouvant des pratiques de production intelligentes face au climat et respectueuses de la biodiversité.

En termes d’impacts concrets, le projet vise notamment à mettre 10 000 hectares de forêts naturelles et de systèmes agroforestiers sous restauration ou gestion améliorée, et à atténuer environ 4,9 millions de tonnes de CO2e d’émissions de gaz à effet de serre sur une période de 20 ans.

Ce projet vise à promouvoir des systèmes alimentaires durables et sans déforestation à Madagascar, en se concentrant sur les filières du riz et du café dans les régions du Centre-Sud et de la côte Est. Il adopte une approche de gestion intégrée des paysages sur plus de 1,3 million d’hectares pour équilibrer la production agricole et la conservation de la biodiversité. Les interventions incluent la promotion de l’agriculture climato-intelligente et la restauration de 10 000 hectares de forêts et de systèmes agroforestiers. L’initiative prévoit de bénéficier directement à 80 000 personnes tout en atténuant environ 4,9 millions de tonnes d’émissions de CO2e. Enfin, sous la supervision de la FAO, l’exécution est assurée par le MEDD et le MINAE dans le cadre du programme d’impact mondial FOLUR.

Le projet est structuré en quatre composantes interdépendantes visant à transformer les systèmes alimentaires et à restaurer les paysages à Madagascar.

Composante 1 : Développement de systèmes de gestion intégrée du paysage

Jette les bases de la gouvernance et de la planification pour assurer une gestion durable des paysages « café-forêt ».

  • Résultat 1.1 : Gestion durable des paysages café-forêt par une gouvernance foncière responsable et la restauration des services écosystémiques :
    • Activités clés : renforcement des capacités techniques des acteurs locaux (environ 50 bénéficiaires par paysage), production et validation de quatre plans de gestion intégrée du paysage (ILMP), et identification des Zones d’Intervention Prioritaires (PIA) couvrant 96 274 ha.
  • Résultat 1.2 : Intégration des priorités « zéro déforestation » et de la biodiversité dans les politiques nationales :
    • Activités clés : élaboration d’un plan d’influence politique, amendement d’au moins huit textes normatifs (décrets, lois), et harmonisation des règlements communautaires (Dinas) pour la gestion des ressources naturelles.

Composante 2 : Promotion et mise en œuvre de pratiques de production durable et de chaînes de valeur responsables

L’objectif est d’améliorer l’efficience, la durabilité et la commercialisation du café et du riz dans les zones cibles.

  • Résultat 2.1 : Amélioration des chaînes de valeur (CV) du café et du riz en termes d’efficacité et de marketing :
    • Activités liées au café (Produit de rente) : mise en œuvre d’un modèle de production innovant (rajeunissement des plantations, pépinières communautaires, irrigation, récolte améliorée), et développement de partenariats public-privé (PPP) via la Slow Food Coffee Coalition pour l’accès aux marchés certifiés ;
    • Activités liées au riz et légumineuses (Produit de base) : adoption de systèmes de production climato-intelligents (SRI, SRA, agriculture de conservation) sur 20 000 ha, et création de banques de semences communautaires pour des variétés adaptées au changement climatique ;
    • Investissements : financement via des « fenêtres d’approvisionnement » pour l’équipement, les intrants et les technologies de transformation.

Composante 3 : Conservation et restauration des habitats naturels

Se focalise sur la protection de la biodiversité et le financement durable de la restauration.

  • Résultat 3.1 : Conservation et gestion durable des forêts à haute valeur écologique et des systèmes agroforestiers :
    • Activités clés : restauration communautaire de 10 000 hectares de forêts naturelles et de systèmes agroforestiers dégradés, conservation in situ et ex situ des espèces de caféiers sauvages endémiques (notamment via le centre de recherche de Kianjavato), et pilotage de mécanismes de financement innovants comme le Paiement pour Services Écosystémiques (PSE).

Composante 4 : Coordination du projet, collaboration, communication et Suivi-Évaluation (M&E)

Cette composante assure la gestion cohérente du projet et le partage des connaissances à travers la plateforme mondiale FOLUR.

  • Résultat 4.1 : Exécution efficace du projet avec partage des leçons apprises aux niveaux local et international :
    • Activités clés : développement de produits de connaissance, mise en place d’un système de suivi-évaluation opérationnel dans chaque paysage, et participation active à la plateforme globale Knowledge to Action (K2A) de FOLUR.

Bénéficiaires

Le projet prévoit de toucher un total de 80 000 bénéficiaires directs au sein des communautés rurales des zones d’intervention, avec un objectif de parité stricte de 50 % de femmes et 50 % d’hommes.

Voici la liste détaillée des catégories de bénéficiaires identifiées dans les sources :

Producteurs et groupements locaux

  • 5 000 producteurs de café : ils seront formés et équipés de technologies et d’intrants pour la culture de café agroforestier sous ombrage durable ;
  • 25 000 producteurs de riz et de légumineuses : ce groupe bénéficiera de formations et d’équipements liés aux techniques SRI/SRA (Système de Riziculture Intensifiée/Améliorée) et à l’agriculture de conservation ;
  • 70 organisations de production, transformation et marketing de café : cela inclut des coopératives et des PME impliquant environ 3 500 membres ;
  • 32 organisations communautaires de base (COBA et RAG) : environ 1 600 utilisateurs actifs dans la production et la commercialisation de bois de chauffage et de produits forestiers non ligneux (PFNL).

Acteurs techniques et opérationnels

  • 280 prestataires de vulgarisation publics et privés : ils seront formés pour fournir un soutien technique continu aux agriculteurs et organisations de producteurs ;
  • 300 personnels de pépinières et banques de semences communautaires : ils recevront une formation pour produire des semences et plants de haute qualité ;
  • 600 acteurs des chaînes de valeur : ce groupe comprend des fournisseurs d’intrants, grossistes, détaillants, hôteliers, restaurateurs et voyagistes impliqués dans les segments de marché éthiques et verts.

Recherche et académie

  • Le personnel du Centre de recherche FOFIFA de Kianjavato : ils seront formés et équipés pour améliorer la conservation des ressources génétiques du café et la production de semences ;
  • Deux étudiants en doctorat : le projet financera leurs recherches sur la diversité génétique des espèces de café sauvages.

Bénéficiaires au niveau systémique

  • Environ 60 000 personnes bénéficieront indirectement des améliorations apportées aux politiques nationales et à la gouvernance foncière responsable, facilitant la gestion durable des ressources naturelles et la restauration des paysages.

Indicateurs environnementaux

Le projet est piloté par un ensemble d’indicateurs de performance environnementale rigoureux, alignés sur le cadre opérationnel du GEF (Global Environment Facility). Ces indicateurs mesurent les bénéfices environnementaux mondiaux (GEB) que le projet s’est engagé à générer.

Voici les principaux indicateurs environnementaux et leurs cibles :

1. Restauration des terres et des écosystèmes (Indicateur clé 3)

Le projet vise la restauration de 10 000 hectares au total.

  • Terres agricoles dégradées : 5 000 hectares de systèmes agroforestiers et de terres agricoles restaurés ou réhabilités ;
  • Forêts et terres forestières : 5 000 hectares de forêts naturelles restaurés.

2. Paysages sous pratiques améliorées (Indicateur clé 4)

Une superficie totale de 86 274 hectares de paysages (hors aires protégées) doit bénéficier de pratiques améliorées.

  • Biodiversité : 3 274 hectares sous gestion améliorée spécifiquement pour favoriser la biodiversité (évaluation qualitative, non certifiée) ;
  • Certification : 5 000 hectares de plantations de café sous certification tierce (formelle ou informelle) intégrant des considérations de biodiversité ;
  • Gestion durable des terres : 78 000 hectares sous gestion durable dans les systèmes de production, incluant :
    • 20 000 ha de riziculture et légumineuses utilisant des pratiques intelligentes face au climat (SRI, SRA, agriculture de conservation) ;
    • 58 000 ha de terres agroforestières saines où la coupe d’arbres est évitée.

3. Atténuation du changement climatique (Indicateur clé 6)

Le projet prévoit une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre (GES) :

  • Émissions atténuées : environ 4 968 459 tonnes de CO2e évitées ou séquestrées sur une période de 20 ans ;
  • Secteur AFOLU : l’intégralité de cette atténuation provient du secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres utilisations des terres.

4. Indicateurs de gouvernance et de politique (Composante 1)

L’amélioration du cadre légal est un indicateur clé pour assurer la durabilité des impacts environnementaux :

  • Textes normatifs : au moins 8 décrets, lois ou réglementations produits ou amendés pour intégrer les priorités de « zéro déforestation » et de conservation de la biodiversité dans les filières riz et café ;
  • Plans de gestion : 4 Plans de Gestion Intégrée du Paysage (ILMP) produits et validés, un pour chaque région cible ;
  • Stratégie nationale : 1 plan d’influence politique (Blueprint) validé pour l’intégration sectorielle des objectifs environnementaux.

5. Conservation de la biodiversité spécifique

  • Caféiers sauvages : inventaire et suivi des populations de 61 espèces de caféiers sauvages endémiques de Madagascar, dont 72 % sont menacées d’extinction ;
  • Aires protégées : amélioration de la gestion et de la connectivité autour de zones clés comme le corridor COFAV, le Parc National de Ranomafana et les massifs d’Ibity et d’Itremo.

Indicateurs socio-économiques

Le projet utilise une série d’indicateurs socio-économiques pour mesurer l’impact de ses interventions sur les communautés rurales. Ces indicateurs sont principalement centrés sur le nombre de bénéficiaires, l’amélioration des revenus, l’équité de genre et le renforcement des capacités entrepreneuriales.

Voici les principaux indicateurs socio-économiques et leurs cibles :

1. Bénéficiaires directs (Indicateur clé 11 du GEF)

Le projet vise à toucher un total de 80 000 bénéficiaires directs issus des investissements financés par le GEF.

  • Parité de genre : l’objectif est une répartition stricte de 50 % de femmes (40 000) et 50 % d’hommes (40 000) ;
  • Répartition par filière :
    • 5 000 producteurs de café formés et équipés ;
    • 25 000 producteurs de riz et de légumineuses bénéficiant de technologies durables.

2. Amélioration des revenus et accès aux marchés

  • Augmentation du revenu : au moins 50 % des agriculteurs et utilisateurs de la forêt ciblés devront doubler leur revenu d’ici la fin du projet, grâce à l’intensification durable et à la diversification de la production ;
  • Exportations de café : augmentation de 10 % des exportations nationales de café (passant d’une moyenne de 2 300 tonnes à environ 2 500 tonnes par an) ;
  • Certification locale : au moins 30 % des produits commercialisés sur le marché intérieur devront porter un logo de certification issu des Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).

3. Renforcement des organisations et des entreprises locales

  • Organisations professionnelles :
    • 70 organisations de producteurs de café (coopératives, PME) impliquant environ 3 500 membres, formées à la gestion d’entreprise responsable ;
    • 32 organisations communautaires (COBA et RAG), regroupant environ 1 600 utilisateurs de produits forestiers non ligneux, formées et équipées pour accéder aux marchés éthiques.
  • Acteurs de la chaîne de valeur : environ 600 acteurs (grossistes, détaillants, hôteliers, tour-opérateurs) sensibilisés au fonctionnement et aux segments de marché « verts ».

4. Emploi décent et renforcement des capacités techniques

  • Vulgarisation : 280 prestataires publics et privés qualifiés comme formateurs pour assurer un soutien technique continu au-delà de la durée du projet ;
  • Pépinières : 300 personnels de pépinières communautaires formés pour transformer ces structures en petites entreprises économiquement viables ;
  • Recherche : financement de deux étudiants en doctorat pour des recherches sur la diversité génétique des caféiers sauvages.

5. Impacts systémiques et emploi rural décent

  • Bénéficiaires indirects : environ 60 000 personnes bénéficieront des améliorations apportées aux politiques nationales et à la gouvernance foncière responsable ;
  • Piliers de l’emploi décent (DRE) : le projet mesure son succès à travers quatre piliers : la création d’emplois et de micro-entreprises, la protection sociale (santé et sécurité au travail), le respect des normes du travail (notamment l’inspection du travail des enfants) et le dialogue social incluant les pauvres ruraux dans les prises de décision.

Défis et adaptations

Le projet fait face à plusieurs défis majeurs, allant des pressions climatiques aux barrières structurelles, auxquels il répond par des stratégies d’adaptation ciblées.

1. Défis climatiques et environnementaux

  • Risques climatiques : la fréquence accrue des cyclones (passant de un tous les 5 ans à un par an), les sécheresses et l’augmentation des températures menacent directement les rendements du riz et du café ;
  • Adaptation : le projet privilégie l’utilisation de variétés de semences résilientes à maturation rapide, ainsi que des techniques de conservation des sols et de l’eau (paillage, micro-bassins) pour maintenir l’humidité durant les périodes sèches. La restauration de 10 000 hectares de forêts naturelles vise également à restaurer les services écosystémiques et à réguler le cycle de l’eau.

2. Défis socio-économiques et barrières au marché

  • Insécurité foncière et pauvreté : la précarité des droits fonciers décourage les investissements à long terme, tandis que le manque de liquidités des agriculteurs freine l’adoption de pratiques intensives en main-d’œuvre comme le SRI (Système de Riziculture Intensifiée) ;
  • Adaptation : le projet adopte une stratégie de diversification des revenus (cultures de contre-saison, élevage, produits forestiers non ligneux) pour fournir des liquidités aux ménages tout au long de l’année. Il renforce également la gouvernance foncière via des plans de gestion intégrée (ILMP) et l’harmonisation des règlements locaux (Dinas) ;
  • Accès limité aux marchés : la volatilité des prix internationaux et le manque de professionnalisation des filières pénalisent les petits producteurs. Le projet y répond par la création de Partenariats Public-Privé (PPP), notamment avec la Slow Food Coffee Coalition, pour garantir des prix stables et un accès à des segments de marché certifiés « verts » ou éthiques.

3. Défis de gouvernance et de capacités

  • Faibles capacités techniques : les services de vulgarisation manquent de ressources pour accompagner les agriculteurs dans les zones reculées, entraînant souvent un abandon des nouvelles technologies ;
  • Adaptation : le projet met en place un système de formation continue sur cinq ans, basé sur une masse critique de formateurs locaux (paysans leaders, ONG) pour assurer un suivi de proximité, même au-delà de la durée du projet.

4. Défis liés à la pandémie de COVID-19

  • Impacts opérationnels : la pandémie a restreint les missions de terrain et perturbé les chaînes logistiques, augmentant la dépendance des populations envers les ressources naturelles ;
  • Adaptation : le projet a ajusté ses procédures de travail en utilisant des outils de communication numérique pour la formation. Pour les populations analphabètes, des vidéos pratiques et des messages audio diffusés par téléphone mobile permettent de maintenir le transfert de connaissances sans nécessité de grands rassemblements physiques. La stratégie de diversification est également renforcée pour assurer la sécurité alimentaire des ménages en cas de confinement.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet se distingue par une approche novatrice qui dépasse les méthodes sectorielles classiques pour proposer une transformation systémique des paysages et des filières à Madagascar. Voici les principales innovations et bonnes pratiques identifiées dans les sources [@doc PIF CEO Endorsement] :

1. Approche méthodologique et processus innovants

  • Intégration de mesures complémentaires : contrairement aux projets classiques, celui-ci lie la diversification des cultures (légumineuses, fruits) à l’intensification du riz et du café. Cette pratique permet de résoudre les problèmes de liquidités saisonnières des agriculteurs, leur permettant de consacrer le temps nécessaire à des systèmes exigeants en main-d’œuvre comme le SRI (Système de Riziculture Intensifiée) ;
  • Approche par étapes (Step-wise approach) : le projet suit une logique d’interdépendance stricte : assurer d’abord une connaissance commune des politiques, puis établir des plans paysagers consensuels, avant de passer au renforcement des capacités et à l’incubation d’entreprises ;
  • Soutien continu sur le long terme : une innovation majeure réside dans la fourniture d’un accompagnement technique et de recherche-action sur les cinq années du projet, évitant l’abandon des nouvelles pratiques après les premières formations.

2. Innovations technologiques et numériques

  • Digitalisation des services agricoles : le projet promeut l’utilisation des technologies de l’information (TIC), telles que les messages mobiles et la radio, pour diffuser les prix du marché et les calendriers culturaux numérisés ;
  • Paiement par mobile (Mobile Money) : l’utilisation de solutions numériques pour le paiement des producteurs réduit les risques de sécurité liés au transport de cash et améliore l’efficacité logistique ;
  • Surveillance par e-FFS : l’utilisation d’outils de collecte de données sur Android permet un suivi en temps quasi réel des performances des Champs-Écoles Paysans (FFS).

3. Bonnes pratiques en gestion durable et filières

  • Modèle de partenariat Slow Food Coffee Coalition (SFCC) : ce modèle de partenariat public-privé (PPP) facilite l’accès direct des petits producteurs aux marchés internationaux éthiques et « verts » en valorisant l’origine et la qualité sensorielle du café ;
  • Certification par Systèmes Participatifs de Garantie (SPG) : pour le marché intérieur, le projet introduit les SPG, une méthode de certification locale crédible et moins coûteuse que les certifications tierces internationales ;
  • Agroforesterie à trois niveaux : une pratique recommandée consiste à structurer les parcelles avec des arbres d’ombrage de haute taille, des arbres fruitiers intermédiaires (ou vanille) et des caféiers, maximisant ainsi la biodiversité et les sources de revenus ;
  • Système de Riziculture Intensifiée (SRI) et Agriculture de Conservation : le projet capitalise sur ces techniques pour doubler, voire quadrupler les rendements (jusqu’à 4 t/ha) tout en économisant jusqu’à 50 % d’eau et 80 % de semences.

4. Innovations institutionnelles et de financement

  • Harmonisation des « Dinas » : le projet travaille à l’intégration des normes sociales locales (dinas) dans les règlements officiels de gestion des ressources naturelles pour garantir une meilleure acceptation et application par les communautés ;
  • Mécanismes de financement pilotes (PSE) : le projet teste des Paiements pour Services Écosystémiques (PSE), notamment via des programmes de crédit carbone forestier et agroforestier, pour compenser les efforts de conservation des communautés ;
  • Campagne « Adoptez un caféier » : une initiative de financement originale est prévue pour lever des fonds auprès des entreprises et des consommateurs internationaux afin de soutenir la conservation des espèces de caféiers sauvages endémiques.

5. Inclusion sociale et genre

  • Système GALS (Gender Action Learning System) : le projet utilise cette méthodologie d’autonomisation communautaire pour garantir que les femmes participent activement aux décisions et bénéficient équitablement des revenus générés ;
  • Alphabétisation fonctionnelle : pour éviter que l’analphabétisme ne soit une barrière à l’innovation, le projet intègre des modules de lecture, d’écriture et de calcul de base dans ses programmes de formation technique.