Intégration de la vulnérabilité et de l’adaptation au changement climatique dans la planification et la mise en œuvre des politiques de développement durable en Afrique australe et orientale

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

🌱 Approche et mise en œuvre

Le projet s’est concentré sur :

  1. Renforcement des capacités pour intégrer l’adaptation climatique dans la planification et les stratégies de développement national et local.
  2. Intégration des informations climatiques dans les outils de décision et politiques sectorielles.
  3. Réalisation de projets pilotes dans plusieurs pays de la région afin de tester des mesures d’adaptation concrètes

Axes d’intervention du projet

Intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques
Intégrer de manière systématique les données relatives à la vulnérabilité et à l’adaptation au changement climatique (ACC) dans les politiques de développement durable et les plans sectoriels, en cohérence avec les engagements de la CCNUCC (UNFCCC).

Renforcement de la résilience des communautés
Réduire la vulnérabilité des populations face aux chocs climatiques en soutenant la restauration des écosystèmes côtiers critiques et en favorisant la diversification des moyens de subsistance.

Appui au Plan National d’Adaptation (PNA)
Accompagner Madagascar dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre du Plan National d’Adaptation, avec un accent particulier sur la gouvernance, la planification à court et moyen termes, ainsi que l’intégration de l’adaptation dans les cadres budgétaires nationaux.

Interventions sectorielles prioritaires
Promouvoir des pratiques agricoles intelligentes face au climat, une pêche durable et une gestion intégrée des ressources en eau, en lien avec les priorités nationales et les partenariats techniques existants.

Renforcement des capacités institutionnelles et inclusion
Renforcer les capacités humaines et techniques des institutions nationales et locales pour la mise en œuvre effective des actions d’adaptation, en intégrant de manière transversale l’égalité de genre dans les processus de planification et de décision.

Le projet « Intégration de la vulnérabilité et de l’adaptation au changement climatique dans la planification et la mise en œuvre des politiques de développement durable en Afrique australe et orientale » (ACCESA), lancé avec l’appui du PNUE-FEM, vise à réduire la vulnérabilité des communautés face aux impacts du changement climatique. Il s’articule autour de plusieurs composantes clés, notamment l’intégration des risques climatiques dans les politiques nationales, la mise en œuvre de projets pilotes, le renforcement des capacités institutionnelles et la gestion des écosystèmes transfrontaliers.

Ce projet, souvent associé à l’African Centre for Technology Studies (ACTS), a pour objectif de garantir que les stratégies de développement prennent pleinement en compte les impacts climatiques futurs afin d’assurer la résilience des territoires et des populations.

L’objectif ultime est de réduire la dépendance aux ressources naturelles vulnérables tout en protégeant les moyens de subsistance face aux phénomènes climatiques extrêmes, tels que la sécheresse et la désertification.

À Madagascar, cette approche se traduit par des initiatives concrètes de restauration des écosystèmes côtiers, ciblant notamment les régions de Boeny, Menabe, Diana et Atsimo Atsinanana, afin de préserver la biodiversité et de sécuriser les moyens de subsistance des communautés locales (PNUE).

3 composantes majeures ou axes d’intervention:

1. Intégration (mainstreaming) dans les politiques publiques
L’objectif central est d’intégrer de manière systématique les données relatives à la vulnérabilité climatique dans les plans de développement nationaux et les processus de planification. À Madagascar, cette approche a notamment contribué au renforcement du Plan National d’Adaptation (PNA) et à l’alignement des stratégies sectorielles sur les objectifs de durabilité.

2. Projets pilotes et actions de terrain
Le projet s’appuie sur des démonstrations concrètes visant à réduire la vulnérabilité des communautés locales. À Madagascar, les interventions se sont principalement concentrées sur :

  • Les systèmes agraires : adaptation des cultures et des pratiques paysannes face aux aléas climatiques ;

  • La gestion des ressources naturelles : protection des sols, amélioration de la fertilité et gestion durable de l’eau ;

  • La résilience urbaine : mise en œuvre de projets pilotes spécifiques, notamment dans des villes comme Morondava, afin de tester des approches participatives d’adaptation au changement climatique.

3. Renforcement des capacités et partage d’expériences

Cette composante vise à renforcer les connaissances techniques des décideurs et des acteurs locaux à travers :

  • le développement des compétences pour l’évaluation des risques climatiques ;

  • la capitalisation des expériences et la diffusion des bonnes pratiques entre les pays participants (Madagascar, Malawi, Mozambique, etc.), afin de promouvoir une résilience transfrontalière et concertée.

Bénéficiaires

  • Communautés locales : les petits agriculteurs, les ménages vulnérables exposés à l’insécurité alimentaire, ainsi que les populations des zones côtières et arides.

  • Groupes marginalisés : un accent particulier est mis sur les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap, notamment dans les régions du sud de Madagascar (Androy, Atsimo-Andrefana, Anosy).

  • Entités gouvernementales : les décideurs politiques et les institutions locales impliquées dans l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans la planification du développement.

  • Zones urbaines : les habitants des villes pilotes, comme Morondava, qui bénéficient de mesures visant à renforcer la résilience urbaine.

Indicateurs environnementaux

Cadre de Suivi-Évaluation PNUE/FEM : Indicateurs de Performance Écosystémique

Bien que les indicateurs spécifiques soient adaptés aux contextes nationaux de chaque pays pilote (Madagascar, Kenya, Rwanda), le cadre de suivi-évaluation du PNUE/FEM s’articule autour des dimensions stratégiques suivantes :

Résilience des Écosystèmes et Gestion des Ressources

Ces indicateurs permettent de mesurer l’impact direct des interventions sur l’environnement naturel :

  • Réduction de la dégradation des terres : Évaluation de la superficie totale restaurée ou protégée contre l’érosion et l’ensablement. Cela inclut notamment la mise en place d’infrastructures vertes telles que les brise-vent et les ceintures forestières.

  • Gestion durable de l’eau : Mesure de l’amélioration du taux d’accès à l’eau (potable et irrigation) et suivi de l’efficacité des dispositifs de collecte des eaux de pluie.

  • Préservation de la biodiversité : Suivi de l’intégration des mesures de protection dédiées aux espèces endémiques et aux habitats forestiers vulnérables.

  • Atténuation des émissions : Évaluation de la contribution indirecte à la séquestration du carbone et à la réduction des gaz à effet de serre (GES) grâce à une gestion optimisée des sols et des massifs forestiers.

Indicateurs socio-économiques

Ces indicateurs permettent d’évaluer l’amélioration directe des conditions de vie et de la résilience des ménages :

  • Sécurité alimentaire : augmentation des rendements agricoles et diversification des cultures, notamment par le développement de cultures résistantes à la sécheresse.
  • Revenus et moyens de subsistance : accroissement du revenu annuel moyen par ménage et réduction du recours à la vente d’actifs productifs (comme le bétail) lors de crises climatiques.
  • Santé publique : diminution de l’incidence des maladies liées au climat (par exemple, maladies hydriques ou vectorielles) grâce à un système de santé renforcé.
  • Capacité d’adaptation : nombre de plans de développement locaux intégrant des mesures d’adaptation et amélioration de l’accès des populations aux systèmes d’alerte précoce.

Facteurs de succès

1. Renforcement des capacités et gouvernance

  • Engagement institutionnel : l’intégration efficace des mesures d’adaptation nécessite une volonté politique forte pour traduire les plans en actions concrètes au niveau local.

  • Cadre législatif clair : l’élaboration d’une loi-cadre sur le climat permet de combler les lacunes des politiques sectorielles fragmentées et d’assurer une coordination efficace.

  • Formation technique : renforcer les compétences des décideurs et des techniciens pour favoriser l’appropriation des technologies et pratiques d’adaptation.

 

2. Information et données scientifiques

  • Production de données fiables : l’accès à des informations hydro-météorologiques et climatiques précises est essentiel pour guider les décisions de gestion et anticiper les risques.

  • Sensibilisation : développer une société consciente des enjeux climatiques d’ici 2030 grâce à des campagnes de sensibilisation ciblées.

3. Approche communautaire et territoriale

  • Engagement à long terme : le succès repose sur l’implication durable des communautés locales, particulièrement dans les zones isolées, pour assurer la pérennité des mesures après la fin des projets.

  • Adaptation sectorielle : concentrer les interventions sur les secteurs vitaux, tels que l’agriculture (par exemple, la riziculture à Madagascar), la santé et la gestion de l’eau, les plus exposés aux aléas climatiques.

  • Partage d’expériences : favoriser la coopération transfrontalière et l’échange de bonnes pratiques entre les pays de la région (Madagascar, Malawi, Mozambique, Comores).

4. Planification et financement

  • Intégration budgétaire : aligner les plans d’adaptation sur les processus budgétaires nationaux pour garantir des ressources durables.

  • Suivi et évaluation (S&E) : mettre en place des systèmes rigoureux de suivi et d’évaluation pour informer les révisions régulières des Plans Nationaux d’Adaptation (PNA).

  • Accès au financement : simplifier les procédures de décaissement des fonds internationaux, tels que le Fonds vert pour le climat, afin de toucher plus efficacement les populations vulnérables.

Défis et adaptations

Les défis à relever

  • Faible synergie : les stratégies nationales (PANA) et les plans de développement locaux évoluent souvent en parallèle, sans réelle complémentarité.

  • Données et capacités limitées : insuffisance d’informations scientifiques et techniques pour guider les décisions de gestion à long terme.

  • Facteurs socio-économiques : pression démographique, pauvreté élevée et surexploitation des ressources naturelles compliquent la mise en œuvre des projets.

  • Incompatibilité des perceptions : divergences entre acteurs sur la définition des problèmes et des solutions, limitant l’efficacité des interventions.

Adaptations et stratégies clés

  • Stratégies spécifiques à Madagascar : développement de mesures adaptées aux risques liés aux cyclones et à l’élévation du niveau de la mer.

  • Démarches « no-regret » : mise en œuvre d’actions réduisant la vulnérabilité actuelle tout en offrant des bénéfices immédiats, avec une faible dépendance aux incertitudes climatiques futures.

  • Renforcement institutionnel : appui au développement de politiques locales de développement durable intégrant l’adaptation au changement climatique.

  • Actions transversales : combinaison de mesures d’infrastructure, comportementales et basées sur la nature pour une approche intégrée.

La réussite de ces projets repose sur la pérennisation des actions au-delà de la durée du financement et sur une implication renforcée des communautés locales.

Innovation et bonnes pratiques

Innovations

  • Intégration du genre et des groupes vulnérables : participation active des communautés marginalisées à toutes les étapes du projet, de la conception à l’évaluation.

  • Approche transfrontalière : partage d’expériences et bonnes pratiques entre Madagascar, Malawi, Mozambique et Comores pour mieux gérer les risques climatiques communs.

  • Information décisionnelle : transformation des données météorologiques et climatiques en outils pratiques pour appuyer la prise de décision des ministères et des communautés.

  • Lien « Planification–Action » : alignement des Plans Nationaux d’Adaptation (PNA) avec les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et les politiques de développement sectorielles.

 

Bonnes pratiques

  • Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) : élaboration de stratégies de développement durable adaptées à l’adaptation climatique dans les zones côtières.

  • Renforcement des capacités institutionnelles : formation des ministères (agriculture, élevage, eau) et des collectivités locales pour améliorer la gestion des risques climatiques.

  • Adaptation basée sur les écosystèmes : mise en œuvre de mesures locales de résilience, incluant l’agriculture durable et la gestion durable des terres.

  • Gestion des connaissances : documentation et diffusion des leçons apprises aux niveaux national et régional pour renforcer l’impact des projets.