Promouvoir l’adaptation et la résilience climatiques par l’innovation et l’entrepreneuriat pour les emplois verts à Madagascar

Réduire la vulnérabilité climatique et renforcer la résilience des communautés vulnérables à Madagascar face aux impacts du changement climatique en engageant le secteur privé, en promouvant l’innovation, en facilitant le transfert de technologies et en intensifiant les solutions d’adaptation et de renforcement de la résilience. Le projet se concentrera sur les secteurs de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et de l’agriculture (WEFA), tout en abordant les défis de la gestion des déchets qui exacerbent les vulnérabilités climatiques et augmentent l’exposition des communautés aux risques liés au climat.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Ce projet est identifié comme un « projet enfant » (Child Project) rattaché au programme plus large intitulé Programme pour l’innovation dans les solutions d’adaptation au climat et de renforcement de la résilience (PARS). Il est mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable de Madagascar.

Zones et régions d’intervention

Les interventions se concentrent sur 3 zones prioritaires en raison de leur forte exposition aux aléas climatiques et de leur faible capacité d’adaptation,.

1. Les Hautes Terres Centrales (Central Highlands)

Cette zone est particulièrement vulnérable à la hausse des températures, à la diminution de la disponibilité en eau et à la dégradation des terres,.

Régions cibles : Analamanga, Vakinankaratra, Amoron’i Mania et des parties de la région Bongolava.

2. Le Corridor Côtier Oriental (Eastern Coastal Corridor)

Cette région fait face à des cyclones récurrents, des inondations sévères, des ondes de tempête et à l’érosion côtière, impactant gravement les infrastructures et l’agriculture,.

Régions cibles : Sava, Atsinanana, Analanjirofo et Vatovavy-Fitovinany.

3. La Zone Aride et Semi-Aride du Sud (Southern Arid and Semi-Arid Zone)

Cette zone subit des sécheresses chroniques, des vagues de chaleur et une insécurité alimentaire persistante qui érodent la résilience des communautés,.

Régions cibles : Androy, Anosy, Atsimo-Andrefana, Ihorombe et des parties de la région Menabe.

Informations complémentaires

Bien que tout le pays soit considéré comme vulnérable aux risques climatiques, ces zones ont été hiérarchisées car elles présentent des densités de population plus élevées et des infrastructures critiques pour les secteurs de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture (WEFA).

Des consultations ont également mentionné des besoins spécifiques dans des régions comme le Boeny et la DIANA pour le développement de modèles de financement décentralisés.

Ces priorités géographiques peuvent être réévaluées et ajustées lors de la phase de lancement ou de mise en œuvre du projet en fonction de nouvelles preuves ou de consultations supplémentaires.

L’objectif principal du projet est de réduire la vulnérabilité climatique et de renforcer la résilience des communautés vulnérables à Madagascar face aux impacts du changement climatique.

Pour atteindre cet objectif, le projet s’articule autour des axes stratégiques suivants :

  • engagement du secteur privé : Le projet mobilise le secteur privé pour promouvoir l’innovation et faciliter le transfert de technologies d’adaptation;
  • secteurs prioritaires (WEFA) : Les interventions se concentrent sur les secteurs de l’Eau, de l’Énergie, de l’Alimentation et de l’Agriculture (WEFA), tout en abordant les défis de la gestion des déchets qui aggravent les risques climatiques;
  • autonomisation des MPME : Un accent particulier est mis sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en tant qu’agents de changement clés pour l’adaptation locale. Le projet vise à transformer le marché de l’adaptation en soutenant 60 MPME innovantes à travers un programme d’incubation et d’accélération (le Madagascar PARS Adaptation Accelerator);
  • impacts socio-économiques : L’objectif final est de catalyser la création d’emplois verts, de renforcer les chaînes de valeur locales, d’améliorer les moyens de subsistance et de réduire les pressions migratoires rurales vers les zones urbaines ou l’étranger dues au climat.

 

Le projet repose sur trois piliers fondamentaux : les Personnes (autonomisation des MPME et des communautés), les Processus (levée des barrières politiques et financières) et les Systèmes (création d’un environnement réglementaire favorable et pérenne).

Ce projet de l’ONUDI vise à renforcer la résilience climatique de Madagascar en stimulant l’innovation et l’entrepreneuriat au sein du secteur privé. Les interventions ciblent prioritairement les secteurs de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et de l’agriculture (WEFA), ainsi que la gestion circulaire des déchets.

Le cœur de l’initiative repose sur l’accélérateur Madagascar PARS qui soutiendra 60 MPME pour transformer le marché de l’adaptation locale. Le projet déploiera des mécanismes financiers innovants et des formations pour catalyser la création d’emplois verts, incluant au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes.

À terme, le programme prévoit d’impacter directement 30 386 bénéficiaires et de placer 5 040 hectares sous une gestion résiliente au changement climatique.

Le projet est structuré autour de 5 composantes principales (Project Components – PC), conçues de manière intégrée pour lever les barrières systémiques et renforcer la résilience climatique à Madagascar.

PC1 : Créer un environnement politique et réglementaire favorable

L’objectif est de stimuler le développement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) innovantes dans le domaine de l’adaptation.

  • Cartographie des acteurs : Réaliser une analyse du paysage institutionnel et un répertoire « Who’s Who » des parties prenantes de l’adaptation.
  • Plateforme de coordination : Mettre en place et animer la Plateforme nationale de coordination de l’innovation pour l’adaptation, avec des réunions trimestrielles pour assurer l’alignement stratégique.
  • Réformes politiques : Mener une évaluation réglementaire pour identifier des recommandations concrètes facilitant la participation des MPME au marché de l’adaptation.
  • Renforcement de capacités : Former les acteurs de l’écosystème à l’intégration de ces recommandations et organiser des événements annuels de partage d’expérience.

PC2 : Développer et déployer des solutions d’adaptation innovantes

Cette composante opérationnalise l’accélérateur Madagascar PARS Adaptation Accelerator pour soutenir 60 MPME à différents stades de maturité.

  • Soutien aux incubateurs : Sélectionner et former des incubateurs et accélérateurs locaux pour délivrer les programmes de soutien.
  • Certification d’experts : Établir un système de formation et de certification pour les experts en innovation pour l’adaptation (cycles « Formation des formateurs »).
  • Programmes d’accélération : Déployer les cycles PARSxplore (idéation), PARSbuild (préparation au marché) et PARSscale (mise à l’échelle).
  • Base de données : Créer une base de données dynamique pour suivre les MPME d’adaptation selon leur niveau de maturité technologique (TRL) et leur impact.

PC3 : Développer des instruments financiers innovants localisés

Il s’agit d’accroître le financement privé pour l’adaptation en créant des produits financiers adaptés aux MPME et aux communautés vulnérables.

  • Analyse de l’écosystème financier : Réaliser une analyse des lacunes et des flux d’investissement pour adapter la stratégie de financement au contexte malgache.
  • Pilotes financiers : Tester au moins deux mécanismes financiers innovants, tels que des subventions basées sur la performance (Performance-Based Grants), en collaboration avec des institutions locales.
  • Outils d’évaluation des risques : Développer et former les banques à l’utilisation d’un outil d’Évaluation des risques et de la vulnérabilité climatiques (CRVA).
  • Thèses d’investissement : Élaborer des dossiers d’investissement pour les MPME les plus performantes afin d’attirer des investisseurs privés.

PC4 : Améliorer la coordination et la gestion des connaissances

Cette composante assure que les leçons apprises sont partagées à l’échelle nationale et internationale.

  • Plateforme Web PARS : Gérer et alimenter la page Madagascar de la plateforme web mondiale pour centraliser les produits de connaissance.
  • Communauté de Pratique (CoP) : Animer une communauté de pratique pour favoriser l’apprentissage entre pairs parmi les MPME, les décideurs et les institutions financières.
  • Stratégie de sortie : Développer un plan de durabilité pour assurer la pérennité des activités après la fin du soutien du GEF.

PC5 : Suivi et Évaluation (M&E)

  • Suivi continu : Assurer un reporting régulier selon les normes de l’ONUDI et du GEF.
  • Évaluations indépendantes : Réaliser une revue à mi-parcours et une évaluation terminale indépendante pour mesurer l’impact global du projet.

Les activités transversales mettent un accent particulier sur les secteurs WEFA (Eau, Énergie, Alimentation, Agriculture) et la gestion des déchets, tout en ciblant une inclusion d’au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes.

Bénéficiaires

Le projet prévoit de toucher un large éventail de bénéficiaires, allant des individus vulnérables aux entreprises innovantes, avec un accent particulier sur l’inclusion sociale et les secteurs vitaux pour Madagascar.

1. Bénéficiaires directs (quantitatifs)

  • Total des bénéficiaires directs : Le projet vise à bénéficier directement à 30 386 personnes.
  • Ciblage genre et jeunesse : Parmi ces bénéficiaires, au moins 50 % sont des femmes (soit 15 193) et au moins 20 % sont des jeunes de tous genres.
  • Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) : Le projet soutiendra 60 MPME innovantes opérant dans le domaine de l’adaptation, qu’elles soient en phase de démarrage ou de croissance.

2. Catégories de bénéficiaires et impacts socio-économiques

  • Acteurs des chaînes de valeur : Les interventions visent particulièrement les agriculteurs, les employés des entreprises vertes, les ménages ruraux et les familles dépendantes des secteurs de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation et de l’agriculture (WEFA).
  • Groupes vulnérables spécifiques : Le projet cible les populations dont la vulnérabilité est accentuée par la marginalisation socio-économique, notamment les femmes et les filles, les enfants exposés à la malnutrition, les personnes âgées, les personnes handicapées, ainsi que les travailleurs du secteur informel et les pauvres urbains.
  • Entrepreneuriat local : Parmi les MPME soutenues, des cibles spécifiques sont fixées : au moins 50 % dirigées par des femmes, 20 % par des jeunes et 35 % ancrées dans les communautés locales.

3. Renforcement de capacités et sensibilisation

  • Formation technique : Plus de 734 parties prenantes (représentants gouvernementaux, incubateurs, institutions financières, etc.) recevront des formations sur l’adaptation et l’entrepreneuriat.
  • Sensibilisation : Au moins 1 140 acteurs verront leur sensibilisation aux risques et solutions climatiques renforcée.
  • Échange de connaissances : Une communauté de pratique en ligne permettra à au moins 750 parties prenantes d’échanger des connaissances sur la finance climatique et la résilience au-delà de la durée du projet.

4. Bénéfices environnementaux indirects

  • Gestion des terres : Environ 5 040 hectares de terres et de ressources en eau seront placés sous une gestion améliorée et résiliente au climat, ce qui profitera directement aux communautés locales qui dépendent de ces ressources pour leur subsistance.

L’objectif final est de transformer ces bénéficiaires en agents de changement, capables de stimuler la création d’emplois verts et de réduire les pressions migratoires liées au climat.

Indicateurs environnementaux

Les indicateurs environnementaux du projet, basés sur le cadre des indicateurs de base du Fonds pour les pays les moins avancés (LDCF) du GEF, se concentrent principalement sur la gestion résiliente des terres et les bénéfices indirects liés aux secteurs de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture.

Les principaux indicateurs sont :

1. Gestion des terres et des ressources (Indicateur de base 2)

  • Superficie gérée pour la résilience climatique : L’objectif est de placer 5 040 hectares de terres et de ressources en eau sous une gestion améliorée et résiliente au changement climatique.
  • Actions prévues : Cet indicateur sera atteint grâce au déploiement de technologies par les MPME, telles que des systèmes d’irrigation améliorés, des pratiques d’agroforesterie et la gestion de l’eau au niveau du paysage pour réduire l’érosion des sols.

2. Défis climatiques et environnementaux ciblés

Le projet cible spécifiquement quatre défis environnementaux majeurs exacerbés par le changement climatique :

  • Changement de la température moyenne
  • Variabilité climatique accrue.
  • Aléas naturels
  • Dégradation des terres

À noter que le projet ne traite pas directement de l’élévation du niveau de la mer ou de la dégradation des récifs coralliens dans ses indicateurs de performance officiels.

3. Bénéfices environnementaux indirects

Bien que non comptabilisés comme indicateurs de base « environnementaux » au sens strict du GEF, le projet prévoit des impacts positifs significatifs :

  • Réduction des émissions : Une meilleure gestion des déchets organiques et agricoles permettra de réduire les émissions de méthane et la contamination des eaux souterraines.
  • Santé des sols : Les initiatives de compostage et de biofertilisants visent à accroître le recyclage des nutriments et à améliorer la santé des sols.
  • Gestion de l’eau : La collecte des eaux de pluie et la gestion des bassins versants visent à maintenir l’accès à l’eau pendant les périodes de sécheresse tout en réduisant l’érosion.

4. Renforcement du cadre politique (Indicateur de base 3)

  • Le projet prévoit de renforcer ou de créer 87 politiques, plans ou cadres institutionnels pour intégrer la résilience climatique à Madagascar, dont 100 % devront être sensibles au genre.

Indicateurs socio-économiques

Le projet intègre plusieurs indicateurs socio-économiques clés, principalement axés sur le bénéfice direct aux populations, le soutien à l’entrepreneuriat vert et l’inclusion des groupes vulnérables.

Voici les principaux indicateurs socio-économiques prévus :

1. Bénéficiaires directs (Indicateur de base 1)

  • Nombre total de bénéficiaires directs : Le projet vise à impacter directement 30 386 personnes.
  • Équité de genre : Une cible stricte de 50 % de femmes (soit 15 193 bénéficiaires) est établie pour l’ensemble des interventions.
  • Inclusion des jeunes : Au moins 20 % des bénéficiaires doivent être des jeunes de tous genres.

2. Entrepreneuriat et emplois verts

  • Soutien aux MPME : Le projet prévoit l’engagement de 60 micro, petites et moyennes entreprises (MPME) du secteur privé dans l’adaptation et la résilience climatiques.
  • Leadership des entreprises : Sur ces 60 entreprises, des objectifs spécifiques de représentativité sont fixés :
    • Au moins 50 % dirigées par des femmes (30 entreprises).
    • Au moins 20 % dirigées par des jeunes.
    • Au moins 35 % ancrées dans les communautés locales.
  • Création d’emplois : Le projet mesure sa capacité à catalyser la création d’emplois verts et la croissance des entreprises dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et de l’agriculture (WEFA).

3. Renforcement des capacités et sensibilisation

  • Formation technique : Un minimum de 734 parties prenantes (acteurs gouvernementaux, incubateurs, institutions financières) recevra des formations spécialisées.
  • Sensibilisation : Le projet vise à accroître la sensibilisation de 1 140 personnes aux risques et solutions climatiques.

4. Indicateurs financiers et de subsistance

  • Mobilisation d’investissements : Le projet suit le montant des investissements mobilisés auprès du secteur privé, avec une cible identifiée de 6 millions USD sous forme de prêts via des partenaires comme la SMMEC.
  • Amélioration des revenus : Bien que les cibles chiffrées précises soient à affiner durant la mise en œuvre, le projet suit la diversification des revenus et l’augmentation (ou le maintien) du revenu par habitant pour les bénéficiaires.
  • Réduction de la migration : Un indicateur qualitatif important est la réduction des pressions migratoires rurales vers les zones urbaines ou l’étranger induites par le climat.

 

Enfin, le projet prévoit de suivre des indicateurs qualitatifs de genre, comme l’évolution de l’attitude des femmes vis-à-vis du travail ou de la direction de MPME à Madagascar.

Facteurs de succès

Les facteurs de succès identifiés pour ce projet reposent sur une approche intégrée combinant l’engagement du secteur privé, une coordination institutionnelle forte et une durabilité ancrée localement.

Les principaux facteurs clés de succès :

  • appropriation nationale et engagement institutionnel : Le projet est conçu avec une forte emphase sur l’appropriation nationale, en engageant les institutions locales pour assurer l’adoption à long terme des résultats. Pour pallier l’instabilité politique, le projet implique non seulement les dirigeants politiques mais surtout le personnel technique et opérationnel de la fonction publique, ce qui garantit la continuité des activités en cas de changements gouvernementaux;
  • autonomisation des MPME comme agents de changement : Le succès repose sur la capacité à transformer les MPME en moteurs de solutions d’adaptation. Cela passe par l’accélérateur Madagascar PARS qui offre un soutien technique sur mesure et des subventions basées sur la performance, garantissant que les fonds ne sont décaissés que si des étapes techniques et d’impact sont franchies;
  • synergies et alignement stratégique : Le projet évite la duplication des efforts en s’alignant sur les initiatives nationales et internationales existantes, telles que les projets ARCHE, PACARC ou les programmes du FIDA. Il s’inscrit également dans le cadre de la Plateforme de mobilisation de la finance climatique de Madagascar pour assurer une cohérence stratégique;
  • levier du programme mondial PARS : En tant que « projet enfant », il bénéficie des ressources, des méthodologies standardisées et des outils de pointe fournis par le projet de coordination mondiale PARS, tout en adaptant ces meilleures pratiques au contexte Malagasy;
  • innovation financière et réduction des risques : La co-conception de mécanismes financiers avec des institutions locales (banques, microfinance) est cruciale pour réduire les risques d’investissement (de-risking) perçus et débloquer des capitaux privés pour l’adaptation;
  • inclusion sociale stricte : La réussite socio-économique est liée à l’atteinte d’objectifs de représentativité clairs, incluant au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes parmi les bénéficiaires et les dirigeants d’entreprises soutenues;
  • durabilité et stratégie de sortie : Le projet prévoit dès sa conception l’intégration des réformes politiques et des instruments financiers dans les systèmes permanents du pays (plans provinciaux, portefeuilles de services bancaires) pour garantir un impact au-delà du financement du GEF;
  • gestion des connaissances et apprentissage : La mise en place d’une Communauté de Pratique et d’une plateforme web permet de documenter et de diffuser les leçons apprises, facilitant ainsi la reproduction des succès à travers tout le pays et dans d’autres pays moins avancés.

Défis et adaptations

Le projet identifie plusieurs défis majeurs liés au contexte Malagasy et prévoit des mécanismes de gestion adaptative et d’atténuation pour garantir l’atteinte de ses objectifs.

Les principaux défis identifiés et les mesures d’adaptation prévues :

1. Défis climatiques et aléas naturels

  • Défis : Madagascar est extrêmement vulnérable aux cyclones, inondations, sécheresses prolongées et vagues de chaleur, ce qui peut retarder la mise en œuvre des activités sur le terrain;
  • Adaptation : Le projet utilise une Évaluation des risques et de la vulnérabilité climatiques (CRVA) pour prioriser les zones d’intervention les plus critiques. Les solutions technologiques soutenues par l’accélérateur sont spécifiquement sélectionnées pour leur capacité à renforcer la résilience locale face à ces aléas.

 

2. Instabilité politique et de gouvernance

  • Défis : Les changements de leadership politique ou les restructurations gouvernementales peuvent entraîner des changements de priorités ou ralentir les processus administratifs;
  • Adaptation : Pour assurer la continuité, le projet s’appuie non seulement sur les dirigeants politiques mais surtout sur le personnel technique et opérationnel de la fonction publique (corps préfectoral, techniciens ministériels). L’implication de multiples départements ministériels permet de diluer le risque si l’un d’eux subit des perturbations.

 

3. Barrières financières et risques d’investissement

  • Défis : Le secteur de l’adaptation souffre d’un manque de données sur les risques climatiques pour les décisions d’investissement, de coûts de financement élevés et d’un niveau de cofinancement initialement inférieur aux attentes.
  • Adaptation : Le projet développe des outils de mesure d’impact et des guides pour aider les institutions financières à évaluer les bénéfices de l’adaptation. Une stratégie de mobilisation de cofinancement sera déployée dès la première année pour attirer de nouveaux partenaires privés et banquiers.

 

4. Capacité de mise en œuvre et absorption

  • Défis : Les partenaires locaux peuvent avoir une capacité d’absorption limitée pour gérer des programmes techniques complexes ou des flux financiers importants;
  • Adaptation : Un programme de renforcement des capacités continu est prévu pour toutes les parties prenantes clés tout au long du projet. Une collaboration étroite avec l’unité de coordination mondiale (Global PCU) de l’ONUDI permet de transférer des méthodologies et des outils déjà testés.

 

5. Inclusion sociale et engagement des parties prenantes

  • Défis : Il existe un risque de faible participation des femmes, des jeunes ou des communautés les plus isolées en raison de l’exclusion socio-économique;
  • Adaptation : Le projet met en œuvre une stratégie de communication proactive et sensible au genre, avec des objectifs stricts de participation (au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes) dans toutes les activités. Des canaux de communication hors ligne (radio, supports visuels, langues locales) sont prévus pour atteindre les zones à faible accès numérique.

 

6. Gestion des connaissances et apprentissage itératif

  • Défis : Le manque de partage d’expériences entre les acteurs de l’écosystème peut limiter la reproduction des solutions réussies;
  • Adaptation : Le projet adopte une approche de gestion adaptative avec des réunions techniques trimestrielles pour discuter des goulots d’étranglement et ajuster les plans de travail en temps réel. Une Communauté de Pratique (CoP) et une plateforme web centralisent les leçons apprises pour éviter de répéter les erreurs passées.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet se distingue par une approche intégrée qui combine des innovations structurelles, technologiques et financières pour transformer le marché de l’adaptation à Madagascar.

Innovations majeures du projet

  • Accélérateur PARS à plusieurs niveaux : L’une des innovations centrales est la mise en œuvre du programme d’accélération structuré selon les niveaux de maturité technologique (TRL). Il propose trois cycles distincts : PARSxplore (idéation, TRL 1-3), PARSbuild (préparation au marché, TRL 3-5) et PARSscale (mise à l’échelle commerciale, TRL 5-7), offrant un soutien sur mesure allant de l’incubation à l’investissement;
  • Mécanismes financiers dé-risqués : Le projet co-conçoit des instruments financiers innovants pour lever les barrières à l’investissement privé. Cela inclut des subventions basées sur la performance (Performance-Based Grants), où le financement est lié à l’atteinte de jalons d’impact climatique, ainsi que des modèles de finance mixte et de micro-assurance indicielle;
  • Adoption de la Taxonomie CBI : Le projet innove en intégrant les principes de la taxonomie de résilience de la Climate Bonds Initiative (CBI) pour permettre aux institutions financières locales de classer et de reporter leurs investissements d’adaptation selon des standards mondiaux;
  • Outils d’aide à la décision (CRVA) : Le développement d’un outil d’Évaluation des risques et de la vulnérabilité climatiques (CRVA) spécifique au secteur financier permet aux banques et investisseurs de quantifier les risques et de prioriser les interventions des MPME dans les zones critiques.

Bonnes pratiques tirées du projet

  • Inclusion sociale stricte : Une bonne pratique fondamentale est l’application de cibles quantifiées pour l’équité : au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes parmi les bénéficiaires et les dirigeants de MPME soutenues.
  • Capitalisation sur l’existant : Le projet évite la duplication en s’appuyant sur les leçons apprises de programmes antérieurs tels que l’Adaptation Accelerator Programme (AAP) de Conservation International et le projet ARCHE de l’ONUDI.
  • Plateforme de coordination flexible : Plutôt que de créer une structure rigide, le projet soutient une Plateforme nationale de coordination de l’innovation pour l’adaptation, favorisant un dialogue fluide entre les ministères (WEFA), le secteur privé et les institutions de recherche.
  • Certification d’experts locaux : Pour assurer la durabilité, le projet institutionnalise un système de formation et de certification pour les experts en innovation d’adaptation, créant ainsi un pool de compétences pérenne au sein du pays.
  • Stratégie de sortie et pérennisation : Le projet prévoit dès sa conception le transfert des outils (base de données des MPME, outils de risque) et l’intégration des mécanismes financiers dans les opérations courantes des banques et institutions de microfinance (ex: ACEP, SMMEC).
  • Communauté de Pratique (CoP) : La création d’un espace d’échange en ligne permet à plus de 750 acteurs de partager des connaissances et des succès, renforçant la mémoire institutionnelle bien après la fin du financement du GEF.