Renforcement de la résilience climatique dans le secteur agricole dans la région Sud-Ouest de Madagascar

Le projet de renforcement de la résilience climatique dans le secteur agricole, notamment à travers le projet Afafi Sud, cible principalement les régions de l’Androy et de l’Anosy dans le Grand Sud de Madagascar. Les partenaires clés incluent le Gret (coordinateur), le CTAS, AVSF et le Cirad, avec un appui du Fofifa, financés par l’Union européenne.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Le projet est une initiative financée par le Fonds pour les pays les moins avancés (LDCF) visant à sécuriser et améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs ruraux dans le sud-ouest de Madagascar. Il s’attaque à la vulnérabilité extrême de la région face au changement climatique (cyclones, inondations, sécheresses) en renforçant la résilience des infrastructures hydrauliques agricoles et en diversifiant les activités communautaires. Le projet s’appuie sur une base solide, le projet PRIASO de la Banque Africaine de Développement (BAD), en y ajoutant des mesures d’adaptation spécifiques

Régions d’intervention (Grand Sud)

  • Androy : Région semi-aride fortement touchée par la sécheresse.
  • Anosy : Zone de concentration pour la résilience agricole.

Partenaires d’exécution et techniques

  • ONG et Associations : Le Gret (Association professionnelle) pilote les actions, en collaboration avec le CTAS (Centre technique agro-écologique du Sud) et AVSF (Agronomes et Vétérinaires sans frontières).
  • Recherche et Technique : Le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et le Fofifa (Centre national de recherche appliquée au développement rural).
  • Financement : Union européenne.

L’objectif est de sécuriser et d’améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs ruraux grâce à des interventions de gestion de l’eau et de santé dans le sud-ouest de Madagascar.

Une initiative stratégique conçue pour répondre à la vulnérabilité critique du sud-ouest de Madagascar face aux dérèglements climatiques, notamment les cyclones, les inondations et les sécheresses.

Composants et activités clés

Composant 1 : Résilience des infrastructures hydrauliques agricoles

  • Rehaussement et allongement de 25 km de digues de protection dans le périmètre du Bas Mangoky pour résister aux inondations
  • Rénovation et adaptation au climat des infrastructures d’irrigation à Taheza et Manombo Ranozaza.
  • Construction de forages équipés de pompes manuelles et de lavoirs pour réduire les maladies liées à l’eau non potable.

Composant 2 : Stratégies de subsistance communautaires résilientes

  • Révision et mise en œuvre des Plans de Développement Communaux (PDC) pour y intégrer la gestion des risques climatiques.
  • Soutien aux groupements de femmes pour des activités génératrices de revenus résilientes.
  • Mise en place d’une chaîne d’approvisionnement pour la production et la distribution de semences résilientes (riz, maïs, haricots de Lima).

Composant 3 : Gestion des connaissances et Suivi-Évaluation (M&E)

Mise en place d’un système de suivi-évaluation pour mesurer les résultats et diffuser les meilleures pratiques d’adaptation

Bénéficiaires

Le projet déploie ses actions pour soutenir les acteurs clés du développement rural dans la région Sud-Ouest de Madagascar, en mettant l’accent sur l’inclusion et la durabilité.

Bénéficiaires Directs

  • 50 000 ménages agricoles : Soit environ 105 000 personnes (dont 50 % de femmes) situées dans les zones vulnérables des districts de Toliara II, Morombe et Betioky Sud.
  • Groupements de producteurs : Renforcement des capacités techniques pour les Associations d’Usagers de l’Eau (AUE) et les coopératives semencières.
  • Groupements de femmes : Appui spécifique à l’autonomisation financière via des activités génératrices de revenus (AGR) résilientes au climat.

 

Bénéficiaires Indirects

  • Services Techniques Régionaux : Techniciens et agents des directions régionales de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Météorologie (DGM), bénéficiant de transferts de technologies et d’outils de suivi.
  • Acteurs Locaux : Autorités communales et régionales à travers l’intégration de l’adaptation climatique dans leurs outils de planification (Plans de Développement Communaux).
  • Consommateurs régionaux : Amélioration de la sécurité alimentaire locale grâce à une production rizicole et céréalière plus stable et accrue.

Indicateurs environnementaux

Indicateurs socio-économiques

Facteurs de succès

Approche Participative et Appropriation Locale

Engagement des parties prenantes : Le projet a été élaboré via un processus participatif impliquant les bénéficiaires, la société civile, les élus locaux et les services techniques dès la phase de conception.

Comité d’Orientation et de Suivi (COS) : La création d’un comité multi-acteurs présidé par le Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture assure une supervision stratégique et une coordination efficace entre les différents partenaires.

Intégration Systémique du Changement Climatique

Conception résiliente des infrastructures : Contrairement aux approches classiques, les infrastructures (digues, canaux) sont spécifiquement dimensionnées pour résister aux fréquences accrues de crues et de cyclones prévues par les modèles climatiques.

Planification communale : L’intégration de l’adaptation climatique dans les Plans de Développement Communaux (PDC) permet d’institutionnaliser la résilience au niveau local.

Renforcement des Capacités Techniques et Institutionnelles

Revitalisation des AUE : Le projet mise sur la restructuration et la formation des Associations d’Usagers de l’Eau (AUE) et des Fédérations pour assurer une gestion autonome et durable des réseaux d’irrigation.

Expertise technique : Le recrutement d’experts nationaux en environnement et en vulnérabilité climatique garantit que les données météorologiques et les tendances climatiques sont réellement prises en compte dans chaque activité.

Diversification et Innovation Agricole

Partenariat avec le FOFIFA : La collaboration avec la recherche nationale pour la production et la distribution de semences à cycle court (riz, maïs, haricots) est un facteur déterminant pour s’adapter au raccourcissement des saisons des pluies.

Résilience multidimensionnelle : En combinant l’amélioration agricole avec des infrastructures de santé (centres de santé, forages), le projet renforce le « capital humain », essentiel pour que les paysans puissent pleinement exploiter les gains de productivité.

Gestion des Connaissances et Pérennité

Système de Suivi-Évaluation (S&E) : Le projet prévoit un mécanisme robuste pour identifier, documenter et diffuser les meilleures pratiques d’adaptation, facilitant ainsi la réplication des succès dans d’autres régions vulnérables.

Viabilité financière : L’étude prévue pour rendre le Fonds d’Entretien des Réseaux Hydro-Agricoles (FERHA) plus opérationnel vise à garantir le financement à long terme de l’entretien des infrastructures.

Défis et adaptations

Défis liés au Changement Climatique

  • Intensification des événements extrêmes : Le risque principal est que des cyclones d’une violence exceptionnelle ou des inondations majeures dépassent la capacité de résistance des infrastructures.
    • Adaptation : Les infrastructures agricoles sont conçues et construites pour résister à des crues de fréquence centennale (100 ans), voire 350 ans dans certains cas.

 

  • Sécheresses et raréfaction de l’eau : Les périodes de sécheresse menacent la disponibilité de l’eau pour l’irrigation
    • Adaptation : Promotion d’une utilisation plus efficiente de l’eau et collaboration avec le FOFIFA pour la production de variétés de semences (riz, maïs, haricots de Lima) à cycle court mieux adaptées à la sécheresse.

 

  • Vulnérabilité aux chocs : Les chocs climatiques (sécheresses, inondations) endommagent les infrastructures, tandis que les crises politiques et économiques perturbent la productivité, compliquant la mise en oeuvre des projets.

 

Défis Institutionnels et Financiers

  • Inopérationnalité du FERHA : Le Fonds National d’Entretien des Réseaux Hydro-agricoles (FERHA) manque de ressources, particulièrement dans la région Sud-Ouest, ce qui compromet l’entretien à long terme.
    • Adaptation : Une étude est prévue pour rendre le FERHA opérationnel et lever des fonds au niveau régional.

 

  • Instabilité politique et économique : Le contexte politique national depuis 2009 a affaibli les institutions, incluant le Ministère de l’Agriculture.
    • Adaptation : Mise en place d’une Unité de Gestion de Projet (PMU) dédiée et utilisation de procédures de recrutement compétitives pour les entrepreneurs et consultants afin de garantir l’exécution.

Défis Sociaux et Techniques

  • Faiblesse des Associations d’Usagers de l’Eau (AUE) : Les AUE manquent souvent de compétences techniques et peinent à imposer le paiement des redevances ou à sanctionner les vols d’eau.
    • Adaptation : Recrutement d’un assistant technique en gestion de l’eau pour restructurer et former les membres des AUE et des Fédérations.

 

  • Sécurité foncière : L’instabilité des titres fonciers peut freiner l’investissement des agriculteurs dans leurs parcelles.
    • Adaptation : Soutien aux processus de délivrance de titres fonciers via la Direction de la conservation foncière et de la topographie (DCFT)
  • Invasions de criquets : Les infestations acridiennes représentent une menace constante pour les cultures dans le Sud-Ouest.
    • Adaptation : Appui au Centre National Anti-Acridien pour renforcer ses capacités de collecte de données et de prévention.
  • Faiblesse des capacités : Nécessité de renforcer les capacités techniques, financières et institutionnelles pour mieux gérer les projets, en particulier dans les secteurs forestiers et de gestion des ressources.
  • Insécurité alimentaire et pauvreté : La pression sur les ressources naturelles s’aggrave avec la pauvreté, affectant 59 % des ménages lors des catastrophes.
  • Intégration du genre : Le mouvement associatif féminin nécessite un appui plus fort pour une intégration réelle dans la gouvernance environnementale, bien que leur dynamisme soit reconnu.

Risques Environnementaux liés aux Travaux

  • Conflits d’usage pendant les travaux : À Manombo Ranozaza, la réhabilitation nécessite de couper l’eau des canaux pendant plusieurs mois, ce qui pourrait engendrer des conflits sociaux.
    • Adaptation : Obligation pour l’entreprise de travaux de proposer des solutions alternatives (canaux de dérivation, travaux par alternance) et planification des chantiers uniquement durant une seule saison sèche pour minimiser l’impact sur la production de riz.

Innovation et bonnes pratiques

Innovations majeures

  • Approche « Climate-Proofing » des infrastructures : Contrairement aux pratiques habituelles, les infrastructures hydrauliques (comme la digue de 25 km au Bas Mangoky) sont conçues pour résister à des événements climatiques extrêmes, tels que des crues de fréquence centennale, au lieu des standards de 10 ans utilisés précédemment.
  • Chaîne d’approvisionnement de semences résilientes : Le projet innove en mettant en place une filière complète de production, de stockage et de distribution de semences de riz, maïs et haricots de Lima spécifiquement sélectionnées pour leur cycle court et leur résistance à la sécheresse, en partenariat avec le FOFIFA.
  • Intégration de la santé dans la résilience agricole : Une innovation notable est l’inclusion d’interventions de santé (construction de centres de santé et de forages d’eau potable) pour traiter les maladies liées à l’eau, reconnaissant qu’une communauté en bonne santé est plus apte à s’adapter au changement climatique.
  • Financement accru : Madagascar prépare activement sa demande de financement pour le cycle FEM-9 (prévu en juillet 2026), avec des perspectives de plus de 100 millions USD pour soutenir la biodiversité et l’adaptation au changement climatique.
  • Priorités stratégiques : Le focus est mis sur le Plan National d’Adaptation (PNA), l’agriculture durable, l’industrialisation verte, et la résilience des communautés (ex: projets dans le Sud-Est).

 

Bonnes pratiques

  • Autonomisation des femmes (Gender Empowerment) : Le projet intègre les femmes dans les structures de gestion communautaire de l’eau et soutient spécifiquement 40 groupements de femmes pour des activités génératrices de revenus (artisanat, petit commerce, maraîchage), réduisant ainsi leur vulnérabilité disproportionnée.
  • Institutionnalisation locale de l’adaptation : La révision des Plans de Développement Communaux (PDC) pour y inclure systématiquement la gestion des risques climatiques garantit que l’adaptation devient une priorité budgétaire et opérationnelle pour les autorités locales.
  • Apprentissage intercommunautaire : Une bonne pratique de gestion des connaissances consiste à organiser des échanges entre les différents sites du projet et avec d’autres initiatives du GEF à Madagascar pour diffuser les leçons apprises et faciliter la réplication des succès.
  • Synergie avec la recherche nationale : L’étroite collaboration avec le FOFIFA pour les tests et la production de semences certifiées assure que les solutions techniques sont scientifiquement validées et adaptées au contexte local.
  • Amélioration de la gouvernance : Le renforcement de la coordination nationale vise à assurer que les financements climatiques s’alignent sur les lois nationales et sont utilisés de manière transparente.