SIP : Stabilisation des populations rurales grâce à l’amélioration des systèmes de gestion durable des terres et de la gouvernance locale des terres dans le sud de Madagascar

Afin de renforcer la capacité des utilisateurs de ressources à intégrer la gestion durable des ressources naturelles dans les pratiques et les politiques de développement aux niveaux local et national, pour le bénéfice mutuel des moyens de subsistance locaux et de l’environnement mondial.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Le projet, intitulé « SIP : Stabilisation des populations rurales par l’amélioration des systèmes de GDT et de la gouvernance locale des terres dans le sud de Madagascar », est une initiative de taille moyenne financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mise en œuvre par le PNUD en collaboration avec le Gouvernement de Madagascar et le WWF. Son objectif fondamental est de transformer les pratiques agricoles pour intégrer la Gestion Durable des Terres (GDT) dans les politiques et pratiques de développement, afin de concilier l’amélioration des moyens de subsistance locaux et la protection de l’environnement mondial.

Le projet intervient spécifiquement dans le sud de Madagascar, une région riche en biodiversité mais écologiquement fragile, couvrant trois zones agro-écologiques distinctes : la zone littorale, le plateau calcaire et l’intérieur des terres. Il se structure autour de 3 composantes principales :

  • Systèmes de GDT communautaires : Développer et mettre en œuvre des modèles de GDT reproductibles dans des communes représentatives des sous-régions du sud. Le projet vise la gestion directe de 157 000 hectares et espère en impacter 6,6 millions d’autres par la réplication.
  • Renforcement des capacités : Consolider les institutions locales et nationales pour soutenir la GDT. Cela inclut la création de programmes de formation intégrant les connaissances traditionnelles, la mise en place d’un système de suivi et l’amélioration des services de vulgarisation agricole et d’élevage.
  • Environnement politique et réglementaire : Améliorer la gouvernance des ressources naturelles et les cadres politiques locaux. L’objectif est d’atteindre une amélioration de 50 % de l’indice composite pour l’environnement favorable à la GDT.

Le budget total s’élève à environ 6 millions de dollars, dont 1 million provenant du FEM et 5 millions de cofinancements (Gouvernement, aide bilatérale et agences).

L’objectif principal du projet est de transformer les pratiques agricoles afin d’intégrer la gestion durable des terres (GDT ou SLM en anglais) dans les politiques et les pratiques de développement courantes. Cette approche vise à obtenir des bénéfices mutuels tant pour les moyens de subsistance locaux que pour l’environnement mondial.

Plus précisément, les objectifs se déclinent comme suit :

  • Renforcement des capacités : Améliorer les compétences des utilisateurs de ressources pour que la GDT devienne une priorité au sein des politiques de développement aux niveaux local et national.
  • Stabilisation des populations : Stabiliser les populations rurales du sud de Madagascar en améliorant les systèmes de GDT et la gouvernance locale des terres.
  • Modèles reproductibles : Développer et mettre en œuvre des modèles de GDT reproductibles dans des communes représentatives des principales sous-régions agro-écologiques du sud du pays.
  • Actions techniques spécifiques : Identifier des méthodologies pour stabiliser les dunes de sable et freiner la propagation des espèces envahissantes.
  • Productivité et conservation : Développer un modèle de gestion utilisant des principes écosystémiques sains pour augmenter la productivité tout en réduisant le besoin d’empiéter sur de nouveaux terrains, ce qui diminue la dégradation et les conflits liés aux ressources.

Le sud de Madagascar subit une dégradation des terres alarmante due à des méthodes agro-pastorales inadaptées, comme la culture sur brûlis, le surpâturage et l’usage de la charrue, qui favorisent l’érosion éolienne et la formation de dunes. Cette dégradation entraîne une chute de la productivité, une insécurité alimentaire chronique et des migrations massives de populations vers d’autres zones forestières, propageant ainsi le cycle de destruction.

Le projet propose de rompre ce cycle en stabilisant les populations rurales grâce à un modèle de gestion durable adapté au potentiel écologique de la région. En renforçant la gouvernance locale et en introduisant des techniques comme l’agriculture de conservation ou la collecte d’eau, le projet vise à :

  1. Réduire le taux de dégradation des terres de 60 % dans la zone d’intervention.
  2. Améliorer les conditions socio-économiques des communautés de 40 %.
  3. Stabiliser les dunes et freiner la propagation des espèces envahissantes.

Cette intervention s’inscrit dans les priorités nationales malgaches, notamment le Plan d’Action pour Madagascar (MAP) et le Plan d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN-LCD). Elle cherche également à atténuer les conflits liés à l’usage des terres entre agriculteurs et éleveurs en clarifiant les droits d’utilisation et en renforçant les associations intercommunales.

Composante 1 : Application systématique des systèmes de GDT (Géstion Durable des Terres) communautaires

Cette composante vise à transformer les pratiques sur le terrain pour concilier moyens de subsistance et environnement.

  • Développement de modèles reproductibles : Mise en œuvre de modèles de GDT dans des communes représentatives des sous-régions agro-écologiques du Sud.
  • Génération de connaissances : Formulation de systèmes de gestion des terres et du bétail pour augmenter la productivité tout en réduisant les conflits liés aux ressources.
  • Évaluation et incitations : Analyse des meilleures pratiques et des systèmes de tenure foncière pour créer des incitations (facteurs d’attraction et de répulsion) favorisant l’adoption de la GDT sur 157 000 hectares directs.
  • Transformation des marchés : Création d’options de revenus durables et renforcement des liens avec les marchés pour soutenir la GDT.

Composante 2 : Renforcement des capacités pour la GDT

L’objectif est de s’assurer que les institutions ont la capacité technique et organisationnelle de soutenir la GDT aux niveaux local et national.

  • Renforcement institutionnel local : Identification et consolidation des arrangements institutionnels pour la gestion des ressources et la résolution des conflits, en s’appuyant sur les connaissances traditionnelles.
  • Programmes de formation : Élaboration et diffusion de modules de formation intégrant les savoirs techniques indigènes, transférables à d’autres régions.
  • Suivi et gestion des connaissances : Mise en place d’un système national pour collecter et diffuser les expériences et informations sur la GDT.
  • Services de vulgarisation : Révision des programmes de vulgarisation agricole et amélioration de la capacité des services à fournir ces nouveaux paquets techniques.

Composante 3 : Environnement politique et réglementaire favorable

Cette composante traite de la gouvernance et de l’intégration de la GDT dans les politiques nationales.

  • Évaluation des politiques : Analyse de l’impact des politiques locales et nationales sur l’adoption des bonnes pratiques de GDT, avec des recommandations participatives.
  • Amélioration de la gouvernance : Renforcement de la gouvernance des ressources naturelles à tous les niveaux.
  • Cadre d’investissement : Soutien à la formulation d’un Cadre Stratégique d’Investissement National (CSIF) pour la GDT afin de faciliter le passage à l’échelle supérieure (activités menées en coordination avec la Banque Mondiale).

Composante 4 : Gestion du projet

  • Cette composante transversale assure le suivi administratif, la passation de marchés et la coordination globale pour garantir l’efficacité des interventions.

Indicateurs de réussite selon le framework GEF :

  • Réduction de 60 % du taux de dégradation des terres dans la zone du projet.
  • Stabilisation de 50 % des dunes de sable.
  • Amélioration de 40 % des conditions socio-économiques des communautés locales.
  • Impact indirect sur plus de 6,6 millions d’hectares grâce aux changements de politiques et à la réplication des modèles.

Bénéficiaires

Bénéficiaires du projet

Le projet cible une large gamme d’acteurs dans le sud de Madagascar, notamment :

  • Les populations locales et les utilisateurs de ressources : Cela inclut spécifiquement les ethnies Tandroy et Mahafaly pratiquant l’agriculture et l’élevage dans la zone littorale.
  • Les communautés rurales vulnérables : Le projet s’adresse aux agriculteurs pauvres, aux éleveurs (pastoralistes) et aux familles de migrants installées sur le plateau calcaire ou à l’intérieur des terres.
  • Groupes de parties prenantes locaux : Les interventions visent à soutenir des groupes incluant tous les genres, tous les âges et tous les intérêts professionnels au sein de cinq communes focales.
  • Institutions et techniciens : Les bénéficiaires incluent également les décideurs gouvernementaux, les agents techniques des ministères, les services de vulgarisation et les organisations non gouvernementales (ONG).

Indicateurs environnementaux

Le succès environnemental du projet est mesuré par plusieurs indicateurs clés :

  • Superficie sous gestion durable : 157 000 hectares sont visés par une gestion directe de GDT (Gestion Durable des Terres) dans la zone du projet, et plus de 6,6 millions d’hectares devraient bénéficier indirectement des changements de politiques.
  • Réduction de la dégradation : Le taux de dégradation des terres doit être réduit de 60 % dans la zone d’intervention.
  • Stabilisation des dunes : L’objectif est d’atteindre 50 % de stabilisation des dunes de sable.
  • Productivité biologique : La productivité de la terre (couverture végétale et efficacité de l’utilisation des pluies) doit augmenter d’au moins 50 % dans la zone du projet et de 25 % dans les zones adjacentes.
  • Santé du sol : Le projet mesure le pourcentage de changement du carbone organique dans le sol.
  • Indice de gouvernance : Une amélioration de 50 % du score de l’Indice Composite pour l’environnement favorable à la GDT est attendue.

Indicateurs socio-économiques

Les indicateurs visant l’amélioration des conditions de vie des populations sont les suivants :

  • Conditions de vie globales : Une amélioration d’au moins 40 % des conditions sociales et économiques des communautés dans la zone du projet.
  • Revenus et marchés : La création d’options de revenus durables et le renforcement des liens avec les marchés pour soutenir les pratiques de GDT.
  • Productivité accrue : L’augmentation de la productivité des systèmes de gestion des terres et du bétail.
  • Réduction des tensions : La diminution des conflits liés aux ressources naturelles, grâce à une meilleure gouvernance et à des systèmes de gestion foncière clarifiés.

Facteurs de succès

Le projet s’appuie sur plusieurs éléments stratégiques pour garantir sa réussite :

  • Climat politique favorable : Le climat politique actuel à Madagascar est jugé extrêmement propice à la promotion de la Gestion Durable des Terres (GDT) et à la conservation de la biodiversité.
  • Alignement national : Le projet est en parfaite cohérence avec les priorités nationales, notamment le Plan d’Action pour Madagascar (MAP) et le Plan d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN-LCD).
  • Ancrage dans le savoir local : L’intégration des connaissances traditionnelles et des systèmes de gouvernance indigènes dans les modèles de GDT renforce l’acceptation et l’efficacité des interventions.
  • Approche partenariale : La collaboration entre le PNUD, la Banque Mondiale, le WWF et le Gouvernement permet une approche programmatique et une coordination accrue des investissements.

Défis et adaptations

Défis

Le projet doit faire face à des obstacles socio-économiques et environnementaux majeurs :

  • Immigration continue : Le flux migratoire vers des zones auparavant peu occupées constitue le risque principal, car il entraîne de nouveaux défrichements forestiers.
  • Pauvreté et barrières institutionnelles : La pauvreté extrême limite la capacité d’investissement des agriculteurs, tandis que les institutions ont une capacité limitée à traiter les questions transversales de GDT.
  • Dégradation physique sévère : L’érosion éolienne, la formation de dunes de sable vivantes et la propagation d’espèces envahissantes (comme le cactus Opuntia stricta) réduisent les terres arables.
  • Conflits d’usage : Des tensions sociales existent entre les pasteurs autochtones et les migrants agriculteurs concernant l’accès aux pâturages et aux zones sacrées.
  • Faiblesse de la gouvernance locale : Les communes manquent souvent de capacités pour planifier l’utilisation des terres et faire respecter les règles de gestion des ressources communes.

 

Adaptations

Pour surmonter ces défis, le projet a prévu des mesures spécifiques :

  • Gestion de l’immigration : Le projet prévoit de développer des politiques de GDT et des accords de zonage foncier légalement reconnus pour stabiliser l’occupation des terres.
  • Résilience climatique : Pour éviter que les innovations ne deviennent obsolètes, les considérations relatives au changement climatique sont intégrées aux pratiques de GDT.
  • Systèmes d’alerte : Les communautés sont reliées à des systèmes de suivi météorologique et d’alerte précoce pour les sécheresses et les inondations.
  • Renforcement intercommunal : Le soutien aux associations intercommunales permet de gérer des paysages partagés et de réguler les activités de transhumance qui dépassent les limites administratives.

Innovation et bonnes pratiques

Le projet introduit des méthodes modernes et adaptées pour transformer les pratiques agricoles :

  • Agriculture de conservation : Promotion de techniques comme le paillage (mulching) et la réduction du labour pour protéger la structure fragile des sols.
  • Collecte d’eau et cultures adaptées : Mise en œuvre de systèmes de collecte des eaux de pluie combinés à des variétés de cultures résistantes au climat local.
  • Gestion intégrée du bétail : Développement de la culture fourragère associée à des troupeaux mobiles pour réduire le surpâturage.
  • Stabilisation des dunes : Recherche et application de méthodologies spécifiques pour arrêter la progression des sables.
  • Incitations économiques : Création de mécanismes « push and pull » (incitations et contraintes), tels que l’accès facilité aux marchés ou des régulations foncières, pour encourager l’adoption de la GDT.
  • Modèles reproductibles : Développement de modèles de gestion basés sur des principes écosystémiques sains, conçus pour être répliqués sur plus de 6 millions d’hectares.