Stratégie Nationale de la Gestion Durable de la Biodiversité – Madagascar

Ce projet, identifié sous l’ID 1396, a pour objectif principal d’aider le gouvernement de Madagascar à mener les consultations nécessaires pour élaborer son second rapport national destiné à la Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique. Financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), il a été mis en œuvre par le PNUD et exécuté par l’ANGAP dans le but d’évaluer les progrès accomplis et les lacunes en matière de protection environnementale.

Identité du projet

Sources de financement

Type

Année Fiscale d’Approbation

Subvention du FEM

Cofinancement

Instruments Hors Subvention

Frais d’Agence du FEM

Agence de mise en œuvre

Agences d’exécution

Partenaires d’exécution

Pays

Zones d’intervention

Ce projet s’inscrit dans l’engagement de Madagascar pour la préservation de son exceptionnelle diversité biologique, caractérisée par un taux d’endémisme élevé et une importance vitale pour l’économie nationale. Depuis la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) en 1996, le pays a entrepris diverses actions législatives et institutionnelles pour assurer la gestion durable de ses ressources naturelles.

L’objectif central de cette activité habilitante, financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), était d’assister le gouvernement malgache dans la réalisation de consultations approfondies pour l’élaboration de son Second Rapport National. Ce document, préparé conformément aux directives de la Conférence des Parties (COP), vise à évaluer les progrès accomplis dans la protection environnementale, à identifier les causes des faiblesses constatées et à proposer des mesures concrètes pour lever les obstacles à la conservation.

La coordination du projet a été assurée par le PNUD en tant qu’agence de mise en œuvre, tandis que l’ANGAP s’est chargée de l’exécution technique. Le processus a mobilisé une vaste gamme d’intervenants, incluant des ministères sectoriels, des institutions de recherche et des organisations non gouvernementales, aboutissant à l’intégration de ces réflexions dans la Stratégie Nationale de Gestion Durable de la Diversité Biologique.

L’objectif principal du projet , intitulé « Consultations pour le Deuxième Rapport National sur la Biodiversité », est d’assister le gouvernement de Madagascar dans la réalisation des consultations nécessaires à l’élaboration de son second rapport national destiné à être soumis à la Conférence des Parties (COP) de la Convention sur la Diversité Biologique.

Plus précisément, les objectifs assignés à ce projet et au rapport qui en découle sont les suivants :

  • Évaluer les progrès accomplis : Dresser un bilan des avancées réalisées dans les différents domaines concernant la protection de la biodiversité à Madagascar;
  • Identifier les faiblesses : Analyser et fournir les raisons expliquant les lacunes ou les insuffisances constatées dans la mise en œuvre des engagements environnementaux;
  • Proposer des solutions : Formuler des mesures concrètes pour lever les obstacles et les contraintes identifiés, tout en fournissant une estimation du temps nécessaire pour leur application;
  • Assurer une approche participative : Le projet visait à mobiliser un large éventail d’acteurs à travers la constitution de groupes de travail, la collecte de données et l’organisation d’ateliers nationaux de consultation pour valider le contenu du rapport.

Le rapport final a été structuré pour suivre rigoureusement le format recommandé par la COP dans sa décision V/19.

Le projet, intitulé « Consultations pour le Deuxième Rapport National sur la Biodiversité », est une activité habilitante financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF). Il a été mis en œuvre par le PNUD et exécuté techniquement par l’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP) à Madagascar.

Objectifs Principaux

L’objectif central était d’aider le gouvernement malgache à mener les consultations nécessaires pour produire son Second Rapport National destiné à la Conférence des Parties (COP) de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). Ce rapport visait spécifiquement à :

  • Évaluer les progrès réalisés dans les différents domaines de la protection de la biodiversité;
  • Identifier les points faibles et analyser les causes des lacunes constatées;
  • Proposer des mesures correctives pour lever les obstacles identifiés, avec une estimation du temps nécessaire pour leur mise en œuvre.

Cadre Institutionnel et Partenaires

Le projet a suivi une approche multisectorielle et participative :

  • Coordination technique : L’ANGAP a été chargée de la collecte, de la synthèse des données et de l’animation des groupes de travail;
  • Collaboration institutionnelle : Le processus a impliqué le Ministère de l’Environnement, l’Office National de l’Environnement (ONE), ainsi que plusieurs ministères sectoriels (Eaux et Forêts, Pêche, Agriculture, Recherche Scientifique);
  • Appui scientifique : Des centres de recherche comme le CNRE et le FOFIFA, ainsi que des universités, ont activement participé à la rédaction et à la validation des données.

Réalisations et Résultats

  • Production de documents stratégiques : Le projet a abouti à la finalisation du Second Rapport National et a contribué à l’élaboration de la Stratégie Nationale de la Gestion Durable de la Biodiversité (SNGDB), adoptée en décembre 2000;
  • Processus de consultation : Des ateliers nationaux ont été organisés pour discuter des ébauches du rapport avant leur adoption finale par les autorités nationales;
  • Suivi des engagements : Madagascar a réaffirmé ses priorités pour les écosystèmes forestiers, marins et agricoles, tout en soulignant le besoin de ressources financières et humaines supplémentaires pour atteindre ses objectifs.

Dans le cadre du framework du Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF), ce projet est classé comme une « Activité Habilitante » (Enabling Activity) (ID 1396),. Son exécution repose sur une séquence d’activités précises et une structuration en groupes de travail spécialisés.

Voici les composantes et les activités détaillées du projet :

1. Séquencement chronologique des activités

Le projet a été structuré selon un calendrier de quatre mois comprenant les étapes suivantes :

  • Mois 1 : Constitution du groupe de travail;
  • Mois 1 et 2 : Recherche d’informations et élaboration de la première version (draft) du Rapport National;
  • Mois 3 : Consultations incluant un atelier national et révision du draft selon les recommandations issues de cet atelier;
  • Mois 4 : Présentation à un second atelier national, finalisation du rapport et soumission aux autorités nationales ainsi qu’au Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

2. Composantes fonctionnelles et opérationnelles

Le projet s’articule autour de deux piliers budgétaires principaux : la préparation de la communication nationale et les consultations. Pour ce faire, plusieurs organes ont été mis en place :

  • Collecte et synthèse des données : L’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP) a été spécifiquement chargée de la collecte, de la synthèse des données et de la coordination d’ensemble;
  • Groupes de travail thématiques : Des groupes composés d’experts, de membres du gouvernement et de diverses parties prenantes ont été formés pour approfondir les thématiques spécifiques (écosystèmes forestiers, marins, agricoles, etc.);
  • Comité de rédaction et de coordination : Ce comité assurait la rédaction des rapports intermédiaires et finaux, l’animation des ateliers et le suivi technique du processus;
  • Appui technique et informatique : Une composante de saisie de données et de support informatique a été mobilisée pour la production physique du document final.

3. Matériel et ressources mobilisés

Les activités ont nécessité l’utilisation de ressources documentaires et techniques spécifiques, notamment :

  • La documentation issue des centres de l’Office National de l’Environnement (ONE) et de l’ANGAP (Banque de données);
  • L’utilisation du CD-ROM de la CDB pour le respect des formats de rapportage;
  • Le soutien logistique et informatique fourni par le CNRE, l’ONE et l’ANGAP.

Bénéficiaires

Les bénéficiaires du projet sont multiples, allant des institutions gouvernementales aux communautés locales, en passant par les acteurs de la recherche et de la conservation.

Voici les principaux bénéficiaires :

  • Le Gouvernement de Madagascar : En tant que bénéficiaire principal, il a reçu une assistance technique et financière pour remplir ses obligations internationales vis-à-vis de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) en élaborant son second rapport national;
  • Les institutions environnementales nationales : Le Ministère de l’Environnement, l’ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées) et l’Office National de l’Environnement (ONE) ont bénéficié d’un renforcement de leurs capacités de coordination, de collecte et de synthèse de données;
  • Les Ministères sectoriels et services techniques : Plusieurs ministères (Eaux et Forêts, Pêche, Agriculture, Élevage, Industrie, Tourisme, Recherche Scientifique) ont été impliqués dans les groupes de travail thématiques, bénéficiant ainsi de l’intégration de la biodiversité dans leurs politiques respectives;
  • Le milieu scientifique et académique : Les centres nationaux de recherche, tels que le CNRE et le FOFIFA, ainsi que les universités, ont participé activement au processus, ce qui a permis de valoriser leurs expertises et de renforcer la recherche scientifique sur la biodiversité;
  • Les communautés autochtones et locales : Bien que leur participation soit parfois décrite comme devant être renforcée, elles sont bénéficiaires à travers les mesures visant à respecter leurs connaissances traditionnelles (Article 8j) et à encourager la gestion décentralisée des ressources naturelles (comme le transfert de gestion GELOSE);
  • Le secteur privé et les organisations non gouvernementales (ONG) : Des représentants d’ONG et du secteur privé ont été inclus dans les consultations pour favoriser des méthodes d’utilisation durable de la diversité biologique;
  • La population Malagasy dans son ensemble : Indirectement, la population bénéficie de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Gestion Durable de la Biodiversité, car l’économie nationale dépend fortement des ressources naturelles et que la stratégie vise à intégrer la réduction de la pauvreté dans la conservation de l’environnement.

Indicateurs environnementaux

Dans le cadre du projet ID 1396 et du Second Rapport National, Madagascar a explicitement identifié plusieurs indicateurs environnementaux et biologiques pour assurer le suivi de sa biodiversité.

Voici les indicateurs environnementaux :

  • Indicateurs biologiques spécifiques : Le rapport identifie comme indicateurs clés le taux de disparition des forêts (ou le taux de la couverture forestière), ainsi que le taux d’espèces endémiques et/ou menacées.
  • Inventaires et surveillance des espèces : Le pays dispose de programmes d’inventaire pour une gamme de groupes majeurs et de programmes de surveillance axés sur les groupes clés, tels que les espèces menacées ou endémiques (par exemple, l’oiseau de proie Haliaetus vociferoides),.
  • Indicateurs par écosystèmes :
    • Milieu terrestre : Des indicateurs existent, principalement au sein du réseau des aires protégées, bien que la collecte et le stockage des données soient rendus difficiles par le manque de moyens.
    • Milieu marin : La mise en place d’un réseau de surveillance pour l’écosystème marin était en cours d’étude au moment de la rédaction du rapport.
  • Systèmes d’information : Le rapport mentionne l’existence d’un Système d’Information sur l’Environnement (SIE) géré par l’Office National de l’Environnement (ONE) pour centraliser ces données.

Il est précisé que si certains secteurs appliquent déjà ces indicateurs, le programme existant (issu du Plan d’Action Environnemental – PAE) nécessite d’être renforcé avant d’être étendu à d’autres domaines.

Indicateurs socio-économiques

Le Second Rapport National identifie plusieurs indicateurs et mécanismes socio-économiques cruciaux pour la gestion durable de la biodiversité à Madagascar.

Voici les principaux éléments socio-économiques :

  • Réduction de la pauvreté et économie : Le rapport souligne que l’économie malgache dépend fortement de ses ressources naturelles, ce qui a conduit à l’élaboration d’une Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté intégrant la lutte contre la dégradation de l’environnement;
  • Partage des bénéfices économiques : Un indicateur concret est l’application d’une règle prévoyant le reversement de 50 % des droits d’entrée dans les aires protégées au profit des communautés locales pour financer des initiatives de développement;
  • Gestion communautaire et locale : Le succès de l’intégration sociale est mesuré par la mise en œuvre de dispositifs de transfert de gestion de l’État vers les communautés de base, tels que la GELOSE (Gestion Locale Sécurisée), la gestion contractuelle des forêts (GCF) et l’utilisation des Dina (conventions communautaires locales);
  • Évaluation des impacts socio-économiques : Les procédures de mise en compatibilité des investissements avec l’environnement (MECIE) et les Études d’Impact Environnemental (EIE) incluent désormais systématiquement l’analyse des aspects socio-économiques, culturels et de santé humaine;
  • Valorisation des connaissances traditionnelles : Un indicateur de progrès social et culturel est la structuration des tradipraticiens en syndicats et l’élaboration d’un cadre juridique pour la reconnaissance de la médecine traditionnelle, garantissant un partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques;
  • Valeur commerciale de la biodiversité : Madagascar a entamé une phase d’identification pour incorporer les valeurs commerciales et non commerciales de la diversité biologique dans les systèmes de comptabilité nationale et les stratégies d’investissement.

 

Facteurs de succès

Le succès du projet (ID 1396) et de l’élaboration du Second Rapport National repose sur plusieurs facteurs stratégiques et opérationnels :

  • Une approche hautement participative et multisectorielle : Le projet a réussi à mobiliser une vaste gamme d’intervenants, incluant un comité interministériel (Eaux et Forêts, Pêche, Agriculture, etc.), des institutions de recherche (CNRE, FOFIFA), des universités et des organisations non gouvernementales. Cette inclusion a garanti que le rapport reflète les réalités de divers secteurs clés;
  • Une coordination institutionnelle solide : L’ANGAP a joué un rôle central dans la collecte et la synthèse des données, travaillant en étroite collaboration avec l’Office National de l’Environnement (ONE) et le Ministère de l’Environnement. Cette structure a permis une gestion efficace des groupes de travail thématiques et des ateliers nationaux;
  • L’alignement sur les standards internationaux : Le projet a scrupuleusement suivi le format recommandé par la Conférence des Parties (décision V/19), ce qui a facilité la validation technique et la comparabilité des données au niveau mondial;
  • L’intégration de la recherche scientifique : La participation active de centres nationaux de recherche et d’experts académiques a apporté une base scientifique rigoureuse aux évaluations de la biodiversité, notamment pour l’inventaire des espèces endémiques et menacées.
  • L’existence d’un cadre législatif et stratégique préalable : Le projet a bénéficié de la mise en œuvre déjà avancée du Plan d’Action Environnemental (PAE) et de l’adoption de la Stratégie Nationale de Gestion Durable de la Biodiversité en 2000, fournissant une direction claire aux consultations;
  • L’engagement envers les communautés locales : L’accent mis sur la gestion décentralisée des ressources (mécanismes GELOSE, Dina) et le partage des bénéfices économiques (reversement de 50 % des droits d’entrée dans les aires protégées) a renforcé l’acceptabilité sociale des politiques de conservation;
  • La coopération internationale active : Madagascar a su tirer profit de ses partenariats avec des organismes comme le Missouri Botanical Garden ou l’UNESCO pour renforcer ses capacités taxonomiques et son partage d’expérience régionale.

Défis et adaptations

Le projet (ID 1396) et la mise en œuvre de la Convention sur la Diversité Biologique à Madagascar font face à des défis structurels importants, auxquels le pays tente de répondre par des réformes législatives et des approches communautaires innovantes.

Défis majeurs identifiés

Plusieurs obstacles critiques qui freinent les ambitions environnementales du pays :

  • Ressources humaines et financières limitées : La quasi-totalité des programmes de travail (eaux intérieures, zones marines, forêts, terres arides) souffre de ressources qualifiées de « limitées » à « très limitées ». Particulièrement, l’application de l’Article 6 est entravée par un gel des recrutements au niveau national, rendant les ressources humaines insuffisantes pour les activités de terrain;
  • Lacunes techniques et scientifiques : Il existe un manque de compétences nationales sur des sujets pointus comme le blanchiment corallien ou la taxonomie de la faune. De plus, la collecte et le stockage des données sur la biodiversité terrestre sont difficiles faute de moyens logistiques;
  • Retards administratifs et technologiques : Le projet a connu un retard initial, manquant l’échéance de soumission de mai 2001. Par ailleurs, le pays accuse un retard marqué dans les domaines de la biotechnologie et du transfert de technologie;
  • Complexité institutionnelle : Des difficultés sont notées dans le suivi des procédures de financement international et dans le statut opérationnel du point focal national;
  • Pressions socio-économiques : Le faible niveau de vie de la population exerce une pression constante sur les ressources naturelles, l’économie nationale étant directement dépendante de ces ressources.

Adaptations et réponses stratégiques

Pour surmonter ces défis, Madagascar a mis en place plusieurs mesures d’adaptation :

  • Intégration à la lutte contre la pauvreté : La biodiversité est désormais intégrée dans la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté, reconnaissant que la conservation ne peut réussir sans améliorer le niveau de vie local;
  • Décentralisation de la gestion (GELOSE et GCF) : Face à l’insuffisance des moyens de l’État, Madagascar a adapté son cadre légal pour permettre le transfert de gestion des ressources vers les communautés de base (systèmes GELOSE, Gestion Contractuelle des Forêts et utilisation des Dina);
  • Mécanismes de financement pérennes : Le pays a instauré le reversement de 50 % des droits d’entrée dans les aires protégées aux communautés locales. Des réflexions sont également en cours pour la création d’un fonds fiduciaire (Trust Fund) et d’une fondation pour la biodiversité afin d’assurer une stabilité financière;
  • Renforcement du cadre législatif : L’adoption de textes sur la Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement (MECIE) et le Code des Aires Protégées (COAP) permet de mieux réguler les activités ayant un impact sur la biodiversité;
  • Coopération scientifique accrue : Pour compenser les limites taxonomiques internes, Madagascar a renforcé ses partenariats avec des institutions internationales comme le Missouri Botanical Garden ou le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.